SAUVAGES À L’ARRIVÉE DE JACQUES CARTIER
l'Amérique, appelée aussi nouveau continent parce qu'on ne connaissait pas cette cinquième partie du monde avant 1492. C'est en cette année que Christophe Colomb, célèbre navigateur, découvrit pour les Espagnols l’île San Salva-
dor,(1) une des Antilles, puis les deux grandes îles de Cuba et de Haïti.
La partie septentrionale du Canada, l'extrême Nord-Ouest, n'est presque pas habitée, parce qu'elle est trop froide. Au nord-est, se trouve le Labrader, qui fut découvert pour le roi d’Angleterre Henri VII par Jean Cabot et son fils en 1497, et tout près l'île de Terre-Neuve, dont la partie orientale fut explorée d’abord par Cabot, puis par Corteréal.
En 1524, Verazzani, au service du roi de France François 1°, explorait les côtes orientales de l'Amérique du Nord, et leur donnait le nom de Nouvelle-France.
Autrefois les sauvages seuls occupaient le Canada ; ils étaient divisés en une foule de tribus, dont les principales étaient les Hurons cet les Iroquois. Les premiers, au nombre de près de vingt mille, habitaient autour du lac Huron, et avec les Abénaquis, les Algonquins, et d’autres, ils restèrent généralement les a!liés des Français.
Les Iroquois, divisés en cinq cantons, habitaient le nord du grand pays qu’on nomme les Etats-Unis, et qui fut d’abord colonie anglaise ; aussi ces sauvages restèrent-ils attachés à la cause des Anglais.
Les sauvages laissaient aux femmes tous les
(1) Cette île s'appelle aujourd'hui Guanahani.
HISTOIRE DU CANABA 9
travaux, ils ne s'occupaient que de chasse pendant la paix. Presque nus en été, ils se couvraient de
peaux de bêtes pendant l'hiver, et comme orne- :
ments, iis se mettaient des plumes dans la chevelure, des bracelets aux bras, des pendants aux narines.
Ils arrachaient pour la garder comme trophée, la chevelure des prisonniers qu'ils ne pouvaient tmmener; quant à ceux qu'ils pouvaient traîner dans leurs villages, ils les faisaient périr dans de terribles supplices.
Ils étaicnt païens, et avaient grande confiance dans leurs jongleurs ou sorciers. Chacun vengeait ses propres injures, aussi ne connaissaientils point les juges ni les tribunaux.
Leurs canots, comme leurs tentes, étaient faits d'écorce d'arbres. Ils fumaient, et firent un grand abus des liqueurs fortes, dès que les Européens leur en eurent appris l'usage.
Leurs armes étaient le couteau, l’arc, le to:rnahawk (sorte de hache), ct plus tard le fusil.
Le découvreur du Canada, ou de la Nouvelle- France, comme on l’appela d’abord, fut l'illustre marin Jacques Cartier, Il était né à St-Malo.
Jalcux des découvertes que faisaient continuellement les Espagnols et les Portugais, depuis la découverte de l'Amérique par Colomb, le roi de France François 1* donna à Cartier deux vaisseaux avec lesquels il devait se diriger ;-rs
l'ouest : il trouverait de nouvelles contrées, ou bien, la terre étant ronde, arriverait en Chine ou au Japon.
Cartier partait de St-Malo en 1534, arrivait au bout de trois semaines à l'île de Terre-Neuve, entrait dans le golfe St-Laurent, en passant par le détroit de Belle-Isle, et, après avoir longé la côte occidentale de Terre-Neuve, et visité les îles de la Madelcine, pénétrait dans la baie des Chaleurs.
Il en sortit pour entrer dans une autre baie, celle de Gaspé, où il planta une croix de bois, pour bien montrer que la France, le pays de la foi catholique, le pays consacré à la Vierge, prenait définitivement possession de ce sol barbare, que Îles missionnaires allaient bientôt arroser de icur sang.
Il fit grand plaisir aux sauvages qui contemplaient les Français avec stupeur : il leur distribua des croix, des chapelets, des hachettes, de petits miroirs. Il eut cependant tort en s'attribuant le droit d'enlever deux naturels dans le but de les montrer au roi: on ne doit jamais abuser de la force.
Il continua à naviguer jusqu’à la pointe des Monts: un peu plus loin, il eût reconnu que c'était là l'embouchure d’un fleuve, mais l'hiver approchaïit, il retourna en France.
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