GUERRE DE L’INDÉPENDANCE.—IES AMÉRICAINS ATTAQUENT LE CANADA
Enfin, en 1774, le gouvernement anglais se décida à rendre justice aux Canadiens. Par l'Acte de Québec, ïl reculait les limites de la province, assurait aux catholiques le libre exercice de leur religion, les dispensant du serment du Test, rétablissait l'usage des lois civiles françaises, et créait un conseil législatii.
Les protestants réclamèrent, maïs inutilement. Il était temps en effet pour la Grande-Bretagne de faire des concessions, car rlle avait à lutter contre les Américains, qui s'étaient révoltés parre qu’elle les accablait d'impôts, et qui exigeaient leur indépendance.
82 HISTOIRE DU CANALA
Ils sollicitèrent les Canadiens de se joindre à eux : ce fut en vain, le clergé et la noblesse réussirent à maintenir la population dans la neutralité.
Les Américains pénétrèrent alors dans le Canada, dans le but de l'enlever à l'Angleterre : en 1775, leur général Montgomery s'empara successivement des forts Carillon, Saint-Frédéric, Saint-Jean, des villes de Montréal, Trois-Rivières, Sorel, et arriva en décembre sous les murs de Québec.
Il vit alors la difficulté de son entreprise : il avait devant lui un nid d'aigle, défendu par plus de dix-huit cents hommes de garnison. Il se décida à un cop de main. Dans la nuit du 30 au 31 décembre 1775, il profita d’un temps où il faisait de la poudrerie, et attaqua la place par deux côtés ; mais la tentative échoua, car la garnison était sur ses gardes.
Montgomery n'était plus qu’à quelques pas de la barrière Près-de-V'ille, défendue par une batterie de sept pièces de canon, qui était masquée, lorsque le capitaine Chabot, qui la commandait, ordonna ie feu. Sous cette pluie de mitraïille à bout portant, Montgomery tomba mortellement blessé, ainsi que plusieurs de ses officiers et de ses soldats, les autres prirent la fuite.
L'attaque, dirigée de l’autre côté par le géné-
ral Arnold, échoua également : lui-même fut blessé, et un certain nombre de ses soldats furent faits prisonniers.
Les Américains passèrent l'hiver devant Québec, et furent très éprouvés par le froid, la disette et la maladie. Au printemps, ils durent battre en retraite devant le général anglais Burgoyne qui arrivait d'Angleterre avec près de huit mille hommes, et ils reperdirent tout ce qu’ils avaient pris l’année précédente. Ils furent même vaincus par le capitaine Pringle, près de l’île Valcourt, dans le lac Champlain, et obligés de brûler une partie de leurs vaisseaux et de faire sauter le fort Saint-Frédéric.
Cependant Burgoyne, qui avait pénétré sur le territoire des Etats-Unis, fut battu deux fois, et obligé à Saratoga de se rendre avec cinq mille huit cents hommes (1777). La France ayant pris parti pour la république américaine, envoya des troupes sous les ordres de Lafayette et Rochambeau; Georges Washington était le général en chef des Américains. Après le grand succès de York-Town, où toute l'armée anglaise commandée par lord Cornwallis, fut faite prisonnière, la guerre se termina par le traité de Versailles en 1783; l'indépendance des Etats-Unis était reconnue, et la France reprenait quelques-unes des coionies qu'elle avait perdues par le traité de Paris, vingt ans auparavant.
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