‹ Précis d'histoire du Canada [microforme]Chapitre 45 sur 67 · CONSTITUTION DE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE

À la suite du traité de Versailles, le nombre des protestants dans la colonie s'’accrut considérablement, surtout dans le Haut-Canada, le Nouveau- Brunswick et la Nouvelle-Ecosse, par l’immigration d'environ 25,000 l'nited Empire Loyalists : on appela sinsi les Américains qui quittèrent leur pays devenu indépendant, afin de rester sur un sol appartenant encore à la Grande-Bretagne.

Pendant la guerre, Carleton s'était montré extrêmement dévoué aux intér ts de l'Angleterre qu'il avait à défendre ; mais ce zèle le poussa trop loin, il prit des mesures tyranniques qui causèrent des mécontentements.

Le général Haldimand, qui le remplaça en 1778, surpassa encore son prédécesseur en sévérité ; les corvées furent doublées, et sous le plus futile prétexte un citoyen était envoyé en prison. Il signa cependant le bill important de l’Habeas Corpus (1784), par lequel un prisonnier peut se faire relâcher moyennant une caution.

Le général Carleton, élevé à la pairie sous le titre de lord Dorchester, revint gouverner la colonie en 1786.

Cinq ans plus tard, le célèbre orateur anglais, William Pitt, alors premier ministre de la Grande- Bretagne, se décida à sc rendre au désir des Ca-

nadiens, en leur accordant une constitution : il leur donnait ainsi le droit de prendre part euxmêmes à la direction de leurs affaires, par des députés qu'ils choisirai»nt.

La nouvelle charte, promulguée en 1791, divisait le Canada en deux provinces qui seraient séparées par la rivière Ottawa, leur donnait à chacune un gouverneur, une chambre de députés élus par l° peuple, et un conseil législatif composé de membres nommés à vie par la couronne. Pour qu’une loi pût être mise en force, elle devait être sanctionnée par la Chambre, le Conseil et le gouverneur.

Il fut encore stipulé que, afin de pourvoir au soutien de l’église anglicane dans le Haut-Canada, on mettrait de côté à cette fin un septième des terres publiques: ce septième fut dénommé réserves du clergé.

Après lord Dorchester vinrent, comme gouverneurs, le général Prescott, puis Milnes. Sous celui-ci, le dernier jésuite au Canada étant mort, la Chambre confisqua les biens de cet ordre reli. gieux. Elle vota de plus une loi relative à l'Institution Royale pour l'éducation de l’enfance ; mais comme cette corporation était essentiellement anglaise ct protestante, les Canadiens n’envoyèrent pas leurs enfants dans ces écoles, qui tombèrent. Un seul de ces collèges a survécu, et il est devenu la riche Université McGill.

À cette époque commencèrent, entre la Chambre cet le Conseil, ces longues contestations qui amenérent le soulèvement de 1837 : chacune des deux assemblées réclamait pour elle seule le droit de disposer des deniers publics.

De mauvais jours allaient se lever en 1807 avec l’arrivée d’un despote, sir James Craig, envoyé comme gouverneur. De nombreux citoyens, et même des députés, furent jetés en prison. Son administration fut qualifiée de Règne de la Terreur. Il fut rappelé en 18r1.

QUESTIONNAIRE

1. Qu'était-ce que ies United Empire Lovalists? Combien étaient-ils? Dans quelles parties du Canada se fixèrent-ils de préférence ?

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