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CHAPITRE III

Port-ROYAL.—LES TROIS EXPÉDITIONS DE CHAM- PLAIN CONTRE LES IROQUOIS.

Quatre autres vice-rois furent successivement nommés pour le Canada : MM. de la Roche, Chauvin, de Chates, de Monts. Ensuite vinrent des gouverneurs, dont le premier fut Samuel de Champlain.

L'expédition du marquis de la Roche fut très malheureuse. Parti en 1378 sur un seul navire portant une cinquantaine de repris de justice, de la Roche les déposa sur l’île de Sable, en face de la Nouvelle-Ecosse, parce qu'il voulait d’abord chercher un lieu qu'ils pourraient cultiver. Malheureusement une t::1pête s'éleva: son vaisseau fut poussé par le vent jusque sur les côtes de France. Quand le roi eut appris la situation des malheureux abandonnés, ïil les envoya

CHAMPLAIN. chercher aussitôt: ils

avaient terriblement

souffert durant leur exil de cinq . inées, et douze seulement vivaient encore.

; Le troisième vice-roi, Chauvin, ne songea qu'à s'enrichir, en faisant Ja traite des fourrures à son profit.

Le quatrième, de Chates, pour faire prospérer la colonie, réunit beaucoup de marchands en une Compagnie, et envoya un homme pieux et brave, Samuel de Champlain, avec Pontgravé, au Canada. Né à Brouage, dans ia province française de la Saintonge, Champlain fut surnommé le père de la Nouvelle-France, parce que c'est grâce à son énergie, sa bravoure, son intelligence que notre pays s'est développé. Il s'appliqua surtout à introduire dans la colonie de bons chritiens, aussi nous n'avons pas à rougir de nos pères : ils étaient aussi fidèles aux ordres du roi qu'aux commandements de l'Eglise.

À leur retour, Pontgravé et Champlain apprirent la mort de M. de Chates, que M. de Monts remplaça.

A la tête de quatre Vaisseaux, dont un alla faire la traite des pelleteries avec les sauvages À Tadoussac, M, de Monts, accompagné de Champlain et Pontgravé, vint fonder Port-Royal, en Acadie (1605): à peu près un siècle plus tard, quand les Anglais s'emparèrent de cette partie du Canada, ils changérent le nom de Acadie en celui de Nouvelle-Ecosse, et Port-Royal s’appela Annapolis.

Champlain, chargé par de Monts de commencer

un établissement du côté du golfe St-Laurent, choisit un licu magnifique, à l'entrée du fleuve. Ses gens se mirent à l'œuvre; ils commencèrent par défricher le sol, par construire un magasin et des logements, qu'ils entourèrent de galeries ct de fossés : Québec était fondé (1608).

Champlain fit bien des voyages entre la France ct la colonie, Obligé de prendre parti pour f'une où l’autre des deux grandes nations sauvages qui se faisaient la guerre, il se mit du côté des Hurons : il fit avec eux trois expéditions contre les Iroquois : en 1609, en 1610 ct en 1615.

Dans la première, il remonta la rivière Richelien où Chambly en canot d'écorce avec seulement deux Français et des Hurons. 11 rencontra environ deux cents ennemis. Les Iroquois restèrent mucts d'étonnement en voyant des visages blancs pour la première fois : mais quand ils entendirent le bruit effrayant des fusils, et qu'ils virent tomber trois des leurs, ils prirent la fuite. Dans sa seconde expédition, faite du même côté, Champlain dispersa encore une centaine d’Iroquois, mais avec plus de peine; les sauvages commençaient à se familiariser avec ce nouveau danger des blancs armés de la poudre.

Dans ies années qui s'écoulèrent entre sa 2° ct sa 3° expédition, Champlain ne resta pas inactif: il découvrit en 1611 les lacs St-Louis et des Deux-Montagnes, et rechercha inutilement la

rh

Baie d'Hudson en 1613.

Dans sa troisième expédition contre les Iroquois en 1615, il se rendit jusque dans le pays des Hurons : il suivit d’abord la rivière des Prairies, qui coule entre les îles de Montréal et Jésus, remonta les rivières Outaouais et Mattawa, gagna le lac Nipissing, puis le lac Huron par la rivière Française, descendit la baie Georgienne, ct arriva enfin chez ses alliés.

Les Hurons eurent tort d'attendre trop longtemps du renfort que des amis leur avaient promis.

Enfin ils partirent au nombre de plus de deux mille : ils traversèrent la Severn et le lac Ontario, et pénétrèrent chez les Iroquois. Ceux-ci avaient élevé de bonnes fortifi-ations en bois autour de leur village, et .2 défendirent avec vigueur.

Au bout de trois heures d’efforts inutiles, les Hurons durent battre en retraite: Champlain luimême avait été blessé à la jambe et au genou.

L'hiver approchaïit : il était trop tard pour retourner à Québec cette année-là. Champlain fut obligé de passer cette rude saison chez ses alliés les Hurons.

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