TROUBADOURS
Les troubadours étaient les poètes de la France méridionale. Ils fréquentaient les cours, les châteaux, les tournois, les fêtes populaires, chantant et faisant chanter par leurs jongleurs ou ménestrels (joueurs d'instruments) les mérites des châtelains,
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la bravoure des chevaliers et des rois, et visant à joindre à la réputation de galanterie celle de trouver gentiment en vers. Les troubadours les plus connus sont :
Guillaume de Poitiers (xie siècle), qui se distingua par son esprit autant que par ses mœurs chevaleresques, et mourut dans un cloîtiv, à Lisieux ;
Pjbbre Vidal de Toulouse (xii* siècle), qui suivit Richard Cœurde-Lion à la troisième croisade;
Bernard de Ventadour (xii° siècle), qui, du service du comte de Toulouse, passa dans Tordre de Cîteaux;
Arnaud de Marveil, troubadour du vicomte de Béziers;
Bertrand de Born (xue siècle), vicomte de Hauteford, en Périgord, troubadour guerrier qui suscita partout dos ennemis à Henri II d'Angleterre et dont le fils périt à la bataille de Bouvines (1214) ;
Le Moine de Montaudon (xne siècle), né au château du Vie, près d'Aurillac;
Pierre de Cardénal (xiii* siècle), originaire du Puy, célèbre par ses attaques contre les abus de son temps l.
Leurs compositions. — La gaie science (El gay scaber) des troubadours, toujours lyriques, affecte néanmoins diverses formes; on y trouve des canzos, chansons badines, souvent trop légères; des pastourelles > des ballades, des tensons , dialogues à deux ou trois interlocuteurs; des aubades, chants de l'aube; des sérénades, chants du soir; des sirventes, consacrés à* l'éloge et à la satire; des nouvelles, anecdotes galantes; des cj&ites d'aventures chevaleresques, etc. Les troubadours n'ont cultivé aucun des grands genres littéraires. A peine peut- on citer les Mystères des Vierges folles et des Vierges sages, le Jeu de saint Jacques, l'épopée de Girard de Roussillon et quelques poésies narratives qui rappellent les poèmes historiques.
1 Parmi les poètes français du moyen âge , en langue latine, on remarque :
Saint Prosper d'Aquitaine (v° siècle), auteur d'un poème sur la Grâce, imité par Louis Racine.
Sidoine Apollinaire (v« siècle), évoque de Clermont, connu par ses lettres mêlées de vers.
Saint Avit (490-525), évêque de Vienne, en Dauphiné, auteur d'un poème sur la Création, qui a peut-être inspiré Milton.
Fortun at (530-609) , évêque de Poitiers, auteur de l'hymne Vexilla régis, d'une Vie de saint Martin et d'une Explication du Pater.
Abbon (mort vers 923). Voy. ci -dessus, p. 3.
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Appréciation général.-. L,l |mh : |r m. ri <li ODI l« ' |
naturelle, o toute à fleur d'Ame, i dit Villemain; elle pli l'oreille comme 1rs accenta d'une balle rois; <>n admire la pleaae, la grâce, l'harmonie de cette langue éminemment lyrique, mais on regrette l'absence de toute inspiration grande ri sérieuse. La fade monotonie des sujets lan rebattus
de l'amour et de la satire, al la chuté du comté de Toulo amenèrent une prompte décadence; la littérature provençale ne vit pas la Un du xiu« siècle; et, malgré de nombre nta-
tives de restauration et la fondation des feux floraux* de Toulouso (1IJ23), la langue (Toc tomba à l'état de patois, c'està-dire de langue non pas écrite, niais seulement parlé-'. De nos jours elle a repris son essor, grâce au talent des Jasmin, des JB&iim^nilxjSj des^ Auhanel^ des JyIisjiul , etc., dont les œuvres se font admirer par le sentiment poétique et la richesse du style 2.
La langue d'oc ne compte guère que des poètes.