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C. — Épuration du sewage

1° Définition de lépuration et contrôle de Tefficacité des procédés. — Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France a formulé, en 1909, des inslruclions qui doivent servir de guide.

Tout d'abord, que doit-on rechercher dans l'épuration des eaux d'égoùl? On admet que Tépuralion est satisfaisante et que Teau traitée peut être évacuée, sans inconvénients, quand elle ne renferme aucune matière en suspension, susceptible de se déposer sur les bords ou dans les rivières, ni aucune matière en solution^ capable soit de fermenter en dégageant des gaz nauséabonds, soit d'intoxiquer les êtres vivants, animaux ou végétaux, soit de permettre la pullulation on la conservation prolongée des germes.

L'élimination, aussi complète que possible, des matières en suspension.

est un point important. La commission royale anglaise, pour l'étude des procédés d'épuration des eaux d'égout, a fixé à 3 cg. pour 1 000 (dont 2 cg. de matière organique et 1 cg. de substances minérales) le maximum de ces matières en suspension, qu'on peut considérer comme tolérable. C'est la limite actuellement admise.

Il convient également d'attacher un grand intérêt à la détermination de la putrescibilUé, par l'épreuve très simple, connue sous le nom de « test d'incubation ». Cette épreuve consiste à prélever dans un flacon, après décantation ou filtration sur papier, un échantillon de l'eau supposée épurée. Le flacon, bouché, à l'émeri, est conservé pendant sept jours à l'étuve, à la température de 30". On titre, avant et après cette « incubation », la quantité d'oxygène que l'eau est susceptible d'emprunter au permanganate de potasse; en trois minutes un eflluent convenablement épuré emprunte sensiblement la même quantité d'oxygène au permanganate de potasse, avant et après les sept jours d'incubation à 30".

La pureté bactériologique ne saurait être exigée. On ne peut l'obtenir, ni par irrigation intermittente sur sol nu ou cultivé, ni par les méthodes biologiques artificielles. D'ailleurs, si l'eau est débarrassée de sa matière organique, les germes s'éliminent d'eux-mêmes rapidement.

En somme, on doit provisoirement admettre que l'opération est satisfaisante : 1" Quand l'eau épurée ne contient pas plus de 3 cg. de matières en suspension par litre; 2" Lorsque, après filtration sur papier, la quantité d'oxygène que l'eau épurée emprunte au permanganate de potasse en trois minutes, reste sensiblement existante, avant et après sept jours d'incubation, à la température de 30", en flacon bouché à l'émeri; 3" Lorsque, avant et après sept jours d'incubation à 30", l'eau épurée ne dégage aucune odeur putride ou ammoniacale ; 4" Enfin, lorsque l'eau épurée ne renferme aucune substance chimique, susceptible d'intoxiquer les poissons et de nuire aux animaux, qui s'abreuveraient dans le cours d'eau où elle est déversée.

La réalisation pratique de Tépuration a donné lieu à un grand nombre de recherches et a fait naître un grand nombre de procédés qu'on peut classer en 3 catégories.

2° Procédés physico-chimiques. — a) Décantation. — Le procédé purement physique de la décantation, consiste à dépouiller, par sédimentation, les eaux d'égoutde la majeure partie des matières en suspension dont elles sont chargées. Cette méthode n'aboutit, en réalité, qu'aune clarification assez grossière; les eaux traitées restent riches en matières organiques putrescibles et doivent être largement diluées, pour cesser d'offrir de graves inconvénients.

Quant aux boucs, qui sont recueillies dans les bassins de décantation, on s'en débarrasse de plusieurs fa(;ons. Ces boues contiennent, en général, de 90 à 97 p. 100 d'eau. Leur manipulation est donc onéreuse autant que désagréable, car il s'agit de matières organiques fraîches, en pleine décomposition putride.

Le déversement à la mer par l'intermédiaire de navires ou de chalands spéciaux est préféré, partout où il est possible (Londres, Manchester, Glascow, Dublin, Salford, etc.).

et constituent un danger

La compression des boues, sous forme de tourteaux, permet à beaucoup de villes de s'en débarrasser, au prix de 0 f. 60 la tonne. Pour passer les boues aux filtres-presses, on les additionne généralement de 0,5 à 1 p. 100 de chaux, sous forme de lait. Ce mode de traitement coûte environ 2 f. 50 à G fr. 25, par tonne de tourteaux produits, suivant la nature des boues,

la (}uantité de chaux et l'importance de l'exploitation. Dans certaines régions, on a préféré la dessiccation à Uair, en lagunes. On creuse simplement dans le sol un bassin dont le fond, drainé par des tuyaux, est garni d'une couche plus ou moins épaisse de mâchefer. Les boues liquides y sont déversées et y restent jusqu'à ce qu'elles soient suffisamment sèches, pour être manipulées à la pelle, ce qui nécessite deux à six mois, suivant le temps et la profondeur de la masse.

Ces étangs de boue dégagent pen dant longtemps des odeurs désagréable pour les travailleurs.

[^'utilisation agricole des boues, lorsque celles-ci sont produites en grande quantité, est très difficile au voisinage des villes et leur transport au loin est très onéreux.

Les expériences faites en Angleterre ont montré que les boues constituent un engrais moins bon qu'on pourrait le croire au premier abord, et leur épandageade graves inconvénients hvgiéniques (voir p. 349).

Les tentatives d^ncincration ont échoué, soit à cause des frais que nécessite la dessiccation préalable, soit parce qu'on a voulu traiter directement les boues humides, contenant environ 90 p. 100 d'eau.

Signalons les essais d'extraction des boues de substances utilisables, effectués àBradford, à Cassel. eic, qui n'ont qu'une application très limitée, b) Elimination par précipitation chimique. — Ce procédé consiste à ajouter, à l'eau d'égout, une ou plusieurs substances chimiques, donnant naissance à un précipité plus lourd que les matières en suspension ; celles-ci sont englobées et entraînées par le précipité; il se fait une clarification et une sédimentation plus promptes et plus complètes. Les principales substances sont le sulfate de fer, le sulfate d'alumine et la chaux.

Le plus connu de ces procédés d'épuration est le système Vial (fig. 83). L'eau est additionnée de 250 g. à 1 kg.de cliaux éteinte, par mètre cube. Une première décantation s'opère dans un bassin, puis la décantation

s'effectue ensuite en marche continue : une lame de li({uide de quelques centimètres d'épaisseur parcourt tout le bassin, avec une vitesse de 2 m. environ par minute, en glissant sur une masse d'eau immobilisée par des cloisons, sans qu'il s'y produise ni remous, ni courants internes : pendant ce temps, elle abandonne toutes ses matières en suspension. L'eau reste ainsi, le moins possible, en contact avec les matières précipitées. Les boues recueillies sont concentrées, puis desséchés comme engrais. Les décanteursVial permettent incontestablement d'obtenir une eau bien débarrassée de matières en suspension et, si la quantité de réactif ajoutée est suffisante, une partie des matières en solution est également précipitée. Mais, il reste toujours dans l'effluent une importante proportion d'azote albuminoïde et d'ammoniaque, de sorte qu'on ne peut pas le considérer comme réellement épuré. Tant que le liquide reste très alcalin, il ne se putréfie pas, mais dès qu'il se trouve dilué avec de l'eau de rivière et que le taux de son alcalinité s'abaisse jusqu'à permettre la vie des germes microbiens, ceux-ci entrent en action et manifestent leur activité par un dégagement abondant d'odeurs nauséabondes.

3*^ Épuration biologique naturelle. — Depuis des siècles, on connaissait les propriétés fertilisantes des eaux d'égout; on les utilisait sur des centaines d'hectares dans les Marcites de Milan et dans les Huerias de Valence, célèbres par leur fécondité (jusqu'à six coupes de fourrage par an).

a) L'épuration par le sol. Microbes nitrificateurs . — La fonction épurante du sol, c'est-à-dire la faculté qu'il possède, de désintégrer la matière organique, par étapes successives, jusqu'à la minéralisation complète, ne nous est connue que depuis les célèbres expériences de Schlœsing et iVltinlz, en 1878.

Ces savants faisaient couler de l'eau d'égout à travers de longs tubes, chargés de sable quartzeux mélangés de chaux et obtenaient des nitrificalions très énergiques. Mais, les transformations ne s'effectuaient plus si la terre était préalablement stérilisée par chauffage à 110°, ou si l'eau d'égout était additionnée de chloroforme ou de sulfure de carbone ; lorsque ces corps étaient volatilisés, la nitrification reprenait. La nitrification était donc sous la dépendance de germes vivants.

Plus tard, Winogradsivy, Omeliansky isolent les microbes nitri- (icateurs et les cultivent. Ces savants montrent que ces microbes sont aérobies, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent vivre et oxyder l'ammoniaque qu'à la faveur de l'oxygène atmosphérique, dans les couches superficielles du sol.

Nous savons aujourd'hui qu'il existe de nombreuses espèces de ferments nitrificateurs, les unes prenant l'ammoniaque pour le transformer en azote nitreux ou en nitrites, les autres s'emparant

(le ces nitrites, pour en faire de Tacide nitrique, des nitrates^ dernier terme de la minéralisation de la matière organique azotée.

Nous savons aussi qu'a côté de ces ferments nitrificateurs^ il y a dans le sol, surtout dans les couches profondes, plus difficilement accessibles à Tair, des microbes anaérobies^ capables d'emprunter aux nitrates, Toxygène dont ils ont besoin pour assurer leur existence. Ces microbes dénitrificateMrs jouent un rôle important dans Tépandage des eauxd'égout. S'ils se multiplient en abondance, comme il arrive dans les terrains compacts ou colmatés ou mal drainés, les nitrates sont détruits, au fur et à mesure de leur formation, et il n'en reste plus assez pour les besoins des plantes.

La nitrification est donc un phénomène de vie microbienne aérobie, la dénitrification un phénomène de vie microbienjie anaérobie.

Ces faits nous permettent de comprendre le processus d'épuralion des eaux d'égout dans le sol. Il s'accomplit en deux étapes : 1° fixation de la matière organique, par adhérence capillaire, sur les particules poreuses de Ihumus et des autres matériaux, constituant ta terre arable; 2° o.xyo^rt^fow aboutissant, soit à la nitrification d'une partie de la matière organique fixée, soit à la dénitrification ou à la désintégration en produits gazeux (azote, gaz carbonique, hydrogène) de l'autre partie de la matière fixée-

Tous les sols ne réalisent pas au même degré les conditions multiples que nécessitent les deux phénomènes pour s'accomplir: pouvoir fixateur, capacité de rétention pour l'eau, porosité ou perméabilité à l'air. Il existe, entre les dilïérents sols, d'énormes variations, dans leur aptitude à épurer les eaux d'égout.

b) Epandage. — L'épandage est V irrigation du sol par les eaux d'égout avec utilisation agricole. On confie donc au sol le soin d'épurer les eaux d'égout et on utilise en même temps pour la culture une partie des engrais qu'elles contiennent.

Le choix du sol, destiné à l'épandage, doit s'inspirer des conditions que nous avons indiquées plus haut. On choisira un sol poreux, homogène, sable ou gra\ier fin, d'une épaisseur de 1 m. 25 au moins, dont l'aération sera entretenue par le labour et l'intermittence de l'irrigation. On s'inquiétera également du sous-sol. car, s'il est argileux, il risque de laisser le sol trop s'imbiber ; et, s'il se compose de calcaire fissuré, il risque de compror mettre la nappe des puils'et des sources: on choisira un terrain, s'inclinant en ])ente douce vers la rivière.

La ijuantité d'eau que l'on admet pouvoir confier en un an à

1 heclare de terre est de 40 000 m% soit il 1. par mètre cairé et par jour, si l'on envisage simplement la fiitration ; 20 000 m\ si l'on veut une épuration complète, et 10 000 (et même moins), si on pratique l'utilisation agricole. Dans ce dernier cas, l'eau est distribuée dans des rigoles, séparant les plates-bandes, de manière à

Région de Mérif - P/erre/aye

Pontofseo

ASSAINISSEMENTdelaSEINE Régions d'épandage des eaux dégoût

DELAVILLEDEPARIS

Surface de Paris : 7802 hect.

Champs.depandage ^5QQh.en1910

Enghien o

'^ginrj de Genneu/7//'ers

Collecteur départementa/

*^ Dérivation

de S^Ouen

Pof/ecteur

'Asnières

Terrains appartenant aux.

particuliers

^ âamt^MAf^j' t/^f

Fig. 84. — Champs d'épandage de la ville de Paris.

ne pas entrer en contact avec la partie extérieure des végétaux cultivés. Néanmoins cette souillure est toujours possible.

Lirrigation doit être intermittente, pour ménager la perméabilité du sol indispensable à Toxygénation et à l'action des microbes aérobies; elle ne porte sur la même surface que tous les quatre ou cinq jours.

L'épandage de la Seine (Gennevilliers, Achères, Carrières, Triel) comprend 5 000 hectares qui reçoivent chaque jour 600 000 m*^ (lig. 84).

Au point de vue chimique, l'épandage donne en général des résultats satisfaisants. La nitriflcation est très active, surtout dans les champs, comme Gennevilliers, où les déversements sont mesurés par les fermiers, suivant l'état du sol et celui des cultures.

Par contre, au point de vue bactériologique, répuralion est beaucoup moins régulière. L'épuration peut être parfaite en un point déterminé du champ d'épandage et très défectueuse à quelques mètres plus loin. Bien plus, en un même endroit, le chiffre des bactéries peut varier considérablement, d'un jour à l'autre. Au drain de La Bonne-Ville (Mary-Pierrelaye), Miquel trouvait, le 10 janvier 1902, 200 bactéries par centimètre cube et, du 10 au 31 du même mois, une moyenne journalière de 216. Tout à coup, le 7 février, il en compte 39 785. Le 14, il n'en passe plus que 145 et le régime normal se rétablit jusqu'au 7 mars. A cette date, l'analyse accuse 161 780 germes au centimètre cube. Les exemples pourraient être multipliés.

L'épandage ne donne donc pas, au point de vue bactériologique, une épuration régulière. Il a d'autres inconvénients. On lui reproche la difficulté de l'irrigation en hiver, par les gelées. D'autre part, le sol des champs d'épandage se colmate progressivement, forçant bientôt à chercher d'autres emplacements.

Mais, au point de vue économique, le véritable inconvénient est l'extension incessante de la surface à irriguer, par suite de l'accroissement des agglomérations et de l'augmen tation correspondante des eaux résiduelles ; il en résulte des frais énormes d'installation (4o millions pour Paris, 110 millions pour Berlin, etc.) et d'entretien (2 millions à Paris), que nombre de villes, toutes proportions gardées, ne pourraient supporter.

Toutes les villes ne disposent d'ailleurs pas, dans leur voisinage, d'une surface suffisante de terrain, propre à l'épandage.

Au point de vue de l'hygiène, l'inconstance des résultats bactériologiques montre les dangers qui résultent de la persistance des germes pathogènes (fièvre typhoïde, choléra, dysenterie, fièvre intermittente). Aussi, doit-il être interdit de cultiver sur les champs d'épandage des légumes (radis, salades) ef des /riz//s (fraises), destinés à être mangés crus. D'ailleurs, l'épuration serait-elle complète dans Teau des drains collecteurs que le danger de contamination des légumes et des fruits persisterait.

La contamination du sous-sol, en particulier des puits et des sources du voisinage, est un danger constant des champs d'épandage, installés sur des terrains fissurés.

c) Filtration intermittente. — Proposée par Frankland, celte niélhode permet d'épurer dix fois plus d'eau que l'utilisation agricole, pourvu que par des labours fréquents, on favorise la pénétration de l'air dans le sol, car sans oxygène, comme nous l'avons vu, l'épuration est impossible. Il faut aussi que le drainage assure l'égoutlement parfait du filtre, pour permettre la conservation des microbes nitrilicaleurs. L'application de cette méthode est simple : on divise la surface de filtration en quatre parties. Chaque partie reçoit, chaque jour, l'irrigation pendant six Jieures, ce qui fait dix-huit heures de repos pour chacune. Un hectare ainsi divisé et arrosé suffirait pour une ville de 2 500 h.

La filtration intermittente convient spécialement aux villes qui utilisent le système séparateur : les matières excrémentilielles sont envoyées

MATIERES USEES LIQUIDES 3ol

aux usines qui les transforment en engrais, les autres catégories d'eaux eau de pluie, de ruissellement, ménagères, etc.) sont confiées au sol nu. La méthode de la filtration intermittente ne s'est pas beaucoup répandue, soit en raison du préjugé qui a longtemps subsisté en laveur du prétendu rôle de la végétation dans l'épuration par le sol, soit parce qu'on s'est trop attaché à l'espoir de tirer des bénéfices agricoles des champs d'épuration, soit enfin à cause du sentiment qui a l'ait réclamer le revêtement de ces champs par un manteau de verdure, sous prétexte que le sol nu aurait ofîert un trop fâcheux aspect.

¥ Épuration biologique artificielle. — Pour réaliser convenablement réparation des eaux d'égoul par Tépandage ou la filtralion intermittente, il est nécessaire de disposer de terrains perméables, homogènes, faciles à drainer, suffisamment vastes el peu coûteux. La difficulté, très grande, de trouver toutes ces conditions réunies, a conduit à rechercher si, par certains dispositifs, on ne pouvait pas mettre en œuvre les mêmes agents microbiens que ceux réahsant l'épuration naturelle, mais de façon à leur faire produire le maximum de travail de désintégration de la matière organique, sur le minimum d'espace possible et dans le minimum de temps : procédés biologiques artificiels.

Dibdin, le premier, (1892) fit des essais d'épuration artificielle, en Angleterre, en faisant passer le sewage, à travers des bassins filtrants, garnis de coke et de mâchefer. Ces filtres, dits lits bactériens, furent vite engorgés. Cameroun, en 1895, imagina un dispositif destiné à liquéfier la matière organique, avant de la projeter sur les lits filtranls. D'importantes études furent faites dans la suite en Angleterre, ainsi qu'en France par Calmette et son collaborateur Rolants, à la station expérimentale de La Madeleinelès-Lille.

L'épuration biologique artificielle comporte quatre temps :

a) Phases de répuration. 1" Première phase : Décantation (Phase mécanique). — La décantation a pour but de séparer les matières minérales non putrescibles et les malières volumineuses en suspension. Les microbes ne jouent aucun rôle.

2° Deuxième phase : Ferme?itation anaérobie (Fosses septiques). — Les microbes anaérobies dissolvent les malières organiques, en les dégradant progressivement. L'eau, débarrassée des corps minéraux non putrescibles, est reçue dans des bassins (fosses sepliques), disposés en vue de permettre la pullulation rapide et abondante des anaérobies. Les matières organiques putrescibles doivent y séjourner pendant un temps suffisant pour que leur

dissolution complète s'efïectiie : les substances ternaires ou hydrocarbonées s\v décomposent en carbures d'hydrogène (formène), eu acide carbonique et eau ; les substances quaternaires ou azotées s'y désintègrent en peptones, en composés amidés solubles et en ammoniaque.

3° Troisième j^hase : Fixation (Lits bactériens). — Les matières organiques dissoutes sont fixées sur des corps poreux (absorption), capables en même temps de servir de supports aux microbes oxydants aérobies.

Au sortir de la fosse septique, leau. ne contenant plus de matières solides en suspension, est dirigée sur ce qu'on appelle les lits d oxydation ou lits bactériens. Ceux-ci, généralement constitués par une couche plus ou moins épaisse de scories, de mâchefer, de coke ou de briques concassées, doivent être alternativement immergés ou aérés, dans toute leur masse. Pendant les périodes d'immersion, les fragments de scories ou de coke fixent la matière organique dissoute et celte troisième phrase de l'épuration représente exactement un phénomène de teinture.

4° Quatrième phase : Aitrifïcation (Lits bactériens). — Les matières, dissoutes et fixées, sont transformées en nitrites, puis en wi^ra^es, solubles par l'action des microbes aérobies nitrificateurs (p. 347).

Ceux-ci, dont la multiplication s'effectue très activement dans les anfractuosités des scories ou du coke, oxydent et nitrifient la matière organique, fixée sur leurs supports, grâce à l'oxygène qu'ils empruntent à Tair atmosphérique. Cette quatrième phase de l'épuration termine le cycle. L'eau sort des lits, débarrassée de toute substance putrescible, et définitivement épurée.

Nous verrons que certains dispositifs permettent d'accomplir simultanément les deux dernières phases (systèmes d'épuration, dite continue).

b) Appareils d'épuration. — 1" Bassins de décantation (fig. 85). — Le bassin de décantation, de dimensions appropriées au volume d'eau d'égout à épurer, recevra l'extrémité de l'égout collecteur, convenablement élargie pour amortir le courant. Le flot sera déversé tout d'abord dans une double grille à pei^-nes, sur lesquels seront retenus les corps volumineux ou flottants, d'une dimension supérieure à 5 centimètres. Au delà de ces grilles, l'eau traversera avec un courant très faible, contrarié par des cbicanes, une chambre à sable peu profonde. Le fond de celte chambre à sable, incliné en sens inverse du courant, permettra aux résidus minéraux, insolubles et imputrescibles (sable,

charbon, scories, débris métalliques), de s'accumuler dans une cuvelte qu'on aménagera près du point d'entrée et d'où il sera facile de les enlever périodiquement avec une chaîne à godets ou une drague à main.

2° Fosses septiques (flg. 85). — Les eaux, au sortir du bassin de décantation, s'achemineront ensuite, avec une vitesse qui ne doit pas excéder 20 cm. à la seconde, vers un canal qui desservira la série des fosses septiques ou bassins de fermentation anaérobie, où s'effectuera la dissolution plus ou moins lente, mais totale, des particules solides, en suspension dans le liquide.

L'admission des eaux s'efTectuera, au moyen d'un large siphon, disposé de fa(;on à éviter les courants de surface qui entraîneraient de l'air en trop grande quantité et gêneraient les fermentations anaérobies.

Les dimensions à donner aux fosses septiques seront telles que chaque molécule d'eau d'égout traverse l'une d'elles, en vingt-qu«itre heures environ. La profondeur sera de 2 à 4 m.

Il n^est pas nécessaire que la fosse soit couverte, car il se forme, à la longue, à la surface du licjuide une couche épaisse de 2 cm. (graisse, débris de liège, poils, etc.), sous laquelle les anaérobies ont toute facilité pour pulluler et agir. Ce « chapeau •> protège la masse de liquide du contact direct de l'air.

Les fosses septiques doivent rester constamment pleines, sans que jamais le niveau du liquide qu'elles renferment s'abaisse ou s'élève. Klles laisseront donc échapper par déversement, sur leur bord opposé à l'entrée, un volume d'eau, correspondant exactement à celui des nouveaux apports.

3" Lits bactériens de contact. — Après un séjour de vingt-quatre heures dans la fosse septique, les eaux d'égout ne renfermant plus que des matières organiques dissoutes et dégradées, sont conduites sur les lits bactériens.

Ces lits bactériens sont de grands bassins, à murs étanches, hauts de 1 m., remplis de mâchefer (coke, sco-

CouRMONT. — Précis d'hygiène.

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ries, pouzzolane, etc.), dont les morceaux ont un volume décroissant de bas en haut, de 10 à 1 cm^^ environ (fig. 85).

Sur chaque lit, se trouvent creusées une série de rigoles, disposées en rayonnant, à partir de la vanne d'admission de l'eau, de manière à assurer la répartition aussi régulière que possible de celle-ci à la surface des scories. Le bassin se remplit en une heure, le contact dure deux heures et la vidange demande une heure; on laisse ensuite le bassin au repos pendant quatre heures : soit huit heures pour le cycle complet, ce qui permet au bassin de fonctionner trois fois par jour.

Pendant la période de contact, la matière organique se fixe sur les scories : et lorsque l'eau s'est écoulée, les microbes nitrificateurs, qui se sont fixés à la surface et dans les pores des scories, se trouvent en présence de l'air dont ils sont fort avides, pullulent, oxydent les matières organiques et les transforment en nitrates, qui seront entraînés par le flot qui viendra ensuite.

Un seul lit étant insuffisant pour arrêter toute la matière organique, l'eau qui en sort est dirigée dans un second bassin semblable, deuxième

Fig. 80. — Filtre percolateur.

lit de contact, dont les scories ont de plus faibles dimensions et au sortir duquel l'eau doit être suffisamment épurée.

Chaque bassin doit traiter 250 1. d'eau d'égout par mètre cube de scories et par période, soit 750 m^, par vingt-quatre heures.

Les lits bactériens de contact présentent de nombreux inconvénients : ils perdent rapidement, par le colmatage, leur capacité d'épuration; les irrégularilés de débit peuvent provocjuer l'immersion trop prolongée des scories et par suite la disparition des microbes oxydants et nitrificateurs, qui peuvent être remplacés par des microbes dénitrificateurs. Enfin, au moment de l'immersion des lits, une partie des liquides peut gagner rapidement les drains,#sans avoir subi l'action de fixation et d'oxydation, ce qui diminue souvent considérablement le coefficient de Tépuration.

4" Lits bactériens percolateurs. — Pour parer à ces inconvénients, on remplace maintenant, d'une façon générale, les bassins de contact par les lits bactériens percolateurs.

Dans ce cas, on reçoit l'eau d'égout solubilisée, dans des appareils distributeurs (tourniquets hydrauliques, sprinklers rotatifs), qui la répartissent en pluie inlenniltente à la surface du lit bactérien. Celui-ci est un simple tas de scories, un bassin circulaire, rempli des mêmes matériaux, reposant sur une surface imperméable de béton ou d'argile, inclinée pour l'écoulement du liquide (lig. 86).

Au lieu de rester en contact avec les matériaux du lit bactérien, l'eau traverse le lit percolateur, en s"égouttant lentement dans toute sa masse, et les périodes d'interniiltence doivent être réglées de manière à permettre à Pair d'y pénétrer largement partout. Les phénomènes de fixation et d'oxydation s'accomplissent simultanément et on ne cour

pas le risque de noyer les microbes, en les privant longtemps d'oxygène. Les lits percolateurs permettent d'épurer, par mètre carré de surface et par jour, deux ou trois fois plus d'eau («^00 à 1 ÛUO 1.) que les bassins de contact ; et on peut leur faire débiter, en marche industrielle, de 1 000 .à 1 500 m3 par hectare et par jour, soit un volume de liquide cent fois plus considérable que les meilleurs champs d'épandage. (Calmette.)

c) Résultats de Vépuration biologique artificielle. — Ils ont été et sont encore vivement critiqués. On reproche à réparation d'être par trop incomplète.

Mettons les choses au point. On a voulu trop demander à l'épuration biologique. Il faut savoir qu'elle n'a pas la prétention de faire une épuration bactériologique (ceux qui veulent obtenir une eau débarrassée de ses microbes n'auront que des déboires), et qu'elle ne peut que faire un début (Véjmration chimique, seulement suffisante pour rendre l'eau moins putrescible et capable d'être déversée dans un cours d'eau. Encore, devra-t-elle être poussée assez loin (multiplication des lits bactériens), si le cours d'eau récepteur est à faible débit, à plus forte raison, s'il doit être à sec en été. En un mot : épuration biologique artificielle =: commencement d'épuration chimique.

Voici un exemple de ce qu'on peut obtenir :

Analyse d'eau d'égout, dans une installation d'épuration biologique, (analyse effectuée par l'un de nous).

1° Indice de putrescibilité

2° Indice de putrescibilité, après 8 jours d etuve à 30"

3° Matières organiques en (0) en solution acide

-1° Azote total (en AzH')

5° Azote ammoniacal (en AzH^) ....

6° Nitrites

7" Nitrates (en AzO'H)

8° Chlorures (en NaCl)

9° Degré alcalimétrique en (CO-'Ca) . . 10° Matières en suspension (à 110°). . .

11° Extrait sec (à 110°)

12° Résidu après incinération

13° Perte au rouge (matières organiques et produits volatils)

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