SYNDROME PHALLOÏDIEN
Anurie ou urines colorées, diminuées.
Dépression nerveuse. Ataxo-dynamie. Stupeur, intelligence et mémoire intactes.
Mort. — Durée : 2 à 8 jours.
Le nombre des champignons vénéneux est. en somme, très peu élevé et limité aux seules espèces pourvues d'une enveloppe engainante ou volve, les Amanites et les Volvaires, qui peuvent être considérées commes des Amanites à spores roses.
Le seul moyen de se mettre à Tabri des intoxications par les Champignons est la connaissance botanique des genres et des espèces. Tous les moyens empiriques proposés pour distinguer les bons champignons des mauvais n'ont aucune valeur. On peut même créer une prophylaxie sociale par la surveillance compétente de la vente des champignons ou la création d'offices mycolog/ques urbains, dont l'initiative due à Prothière, à Tarare, a suscité des imitateurs dans nombre d'autres villes.
b) Accidents dus à la snlanine. — La pomme de terre cultivée et consommée en de certaines conditions a pu parfois occasionner des accidents (coliques, diarrhée, vomissements, fièvre, céphalée, prostration, sueurs abondantes, dilatation pupillaire etc.). Le plus souvent, les intoxications sont produites par des rejetons vendus comme pommes de terre nouvelles. La solanine est la substance responsable de ces accidents. Dans une épidémie décrite par Pfuhl. les pommes de terre crues contenaient 0,04 p. 100 de solanine et 0,024 p. 100, après la cuisson.
c) Lcithyrisme. — Les semences de Lathyrus (gesse ou jarosse^ produisent chez certaines populations pauvres, pour lesquelles ces légumineuses sont la base de l'alimentation, des symptômes nerveux rappelant le tabès spasmodique. La gesse est toxique par elle-même. Astier a isolé un alcaloïde, qui, injecté à des grenouilles, reproduit chez ces animaux une paralysie des membres postérieurs : il le nomme lathyrine.
La chaleur détruit rapidement cette substance, aussi conseille-t-on au point de vue prophylactique, de soumettre la farine à une cuisson à -f- 100". Telle qu'elle est obtenue pour la fabrication du pain, elle ne donne à l'intérieur de ce dernier qu'une température de -|- 60°, insuffisante pour enlever la nocivité du lathyrus. Le mieux est assurément d'éviter l'emploi de la farine venant de cette légumineuse.
d) Favisnin. — En quelques cas rares, on a constaté l'éclosion de troubles à allure chronique à la suite de l'ingestion de fèves (ictère, hémoglobinurie. asthénie nerveuse). Ces troubles constituent le favisme.
e) Ergoti?,me. — L'ergotisme s'est manifesté autrefois sous forme de véritables épidémies, (jui, au moyen âge, étaient désignées sous le nom de fou sacré, de feu de Saint-Antoine, de feu Saint-Marcel, quelquefois encore mal des Ardents.
L'ergotisine est dû à un champig-non, Claviceps pnrpurea, qui parasite le seigle (ergot de seigle) et d'autres graminées (blé ou avoine).
On distingue deux formes d'ergotisme, gangreneux et convulsif. Les deux formes débutent ordinairement par une phase commune, l'ivresse ergotique (céphalées, vertiges, hébétude, troubles de la vue et de l'ouïe).
S'il s'agit de forme gangreneuse, on constate dclarges plaques d'ânesthésies aux extrémités, les malades se plaignent d'élancements douloureux dans les membres, de sensations de brûlures alternant avec des sensations de froid. Ces symptômes annoncent l'apparition de gangrène, qui est plus souvent sèche qu'humide.
Dans la forme convulsive, la crise est annoncée par des fourmillements insupportables, puis le malade ressent des secousses involontaires, violentes, des contractions intenses et douloureuses.
La prophylaxie consiste ù proscrire le seigle de l'alimentation. S'il s'agit d'une région où le seigle est l'aliment principal, on examinera la farine, avant d'en autoriser la consommation.
f) Pellagre. — La pellagre, maladie endémique, caractérisée par des éruptions érythémateuses de la peau dans ses parties découvertes, des désordres gastro-intestinaux et des accidents toxiques, fait surtout des ravages en Italie, en Espagne, en Roumanie. En France, la pellagre qui sévit autrefois dans les régions pauvres des Pyrénées et du bassin de la Garonne n'est plus qu'un souvenir.
On a imputé la pellagre à l'altération de la farine de maïs, par une moisissure, Sporisorium maïdis. Ce parasite peut être en cause, mais on sait que la pellagre peut relever d'autres processus étiologiques.
g) Bévi-Béri. — Pour certains auteurs, ce seraient les poissons desséchés qui entraîneraient les symptômes polynévritiques du Béri-Béri. Pour d'autres, les plus nombreux, ce serait le riz. En elîet, les mangeurs de riz seraient plus particulièrement atteints et dans beaucoup de cas, le riz ingéré provenait des régions oii le béri-béri sévit à l'état endémique. Mais l'accord est loin d'être fait à ce sujet.
h) Scorbut. — Cette maladie serait due à l'absence dans l'alimentation de végétaux frais. De nombreux exemples, en tout cas, sembleraient le prouver. Mais on ignore quelle est la cause immédiate du scorbut. Le lime juice (jus de citron) est un excellent préventif. Il entre d'ailleurs réglementairement dans l'approvisionnement de beaucoup de navires.
i) Intoxications produites par les conserves de végétaux — Toutes les variétés de légumes sont susceptibles d'être conservées. Les graines fraîches (petits pois, etc.), et les légumes herbacés (haricots verts, etc.) sont préparés en milieu humide. Gomme la cuisson fait. disparaître leur belle couleur verte, on procède à leur reverdissage, soit à l'aide d'une laque de chlorophylle, préparée en traitant des épinards par de la lessive de soude, soit à l'aide d'une faible dose de sulfate de cuivre. Mais cette substance toxique peut s'y trouver en notable quantité : 80 à 85 mmg. ; dans certaines boîtes de conserves, on a pu en déceler 128 à 210 mmg. Le plomb peut s'y rencontrer également, mais moins fréquemment que dans les conserves de viande. On peut trouver dans les conserves de végétaux des substances antiseptiques nuisibles (voir p. 221).
2" Intoxications. — Les végétaux peuvent jouer un rôle favorisant
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dans réclosion des maladies infectieuses, par les troubles digestifs qu'ils provoquent, s'ils sont ingérés en grande abondance : c'est le cas des fruits, dont la consommation est souvent exagérée à la période estivale.
Plus important est le rôle déterminant des végétaux consommés crus.
Nombre d'épidémies de fièvre typlioïde doivent être rapportées à leur ingestion (Geschwind, Ferré, von Burk, etc.). Le choléra, la dysenterie peuvent reconnaître une semblable origine. Les microbes les plus divers peuvent être véhiculés par les végétaux (bacilles tuberculeux, etc.).
Ces germes pathogènes reconnaissent plusieurs provenances : 1° les végétaux peuvent être souillés par des poussières véhiculant des bactéries; 2° le lavage des végétaux, à l'aide d'une eau sale, contaminée, qu'il s'agisse de lavage sur les marchés, ou d'arrosage en plein champ est une autre cause de pollution; 3° enfin les microbes du sol peuvent pénétrer dans les végétaux qui y croissent (Wurtz et Bourges).
De gros parasites sont encore transmis par les végétaux à la surface desquels, des œufs de cestodes (tœnia,bothriocéphale,échinocoque, etc.), de distomes (douve hépathique, etc.), sont venus élire domicile à la faveur de la souillure de ces plantes par des matières fécales humaines ou animales. Il en est peut-être de même pour les protozoaires.