DESTRUCTION DES INSECTES ADULTES
enveloppe métallique à deux ouvertures, une ouverture supérieure et une large ouverture latérale à auvent qu’on place sur les moustiques fixés sur une paroi. Ils pénètrent dans l’enveloppe, passent sur la flamme et sont de la sorte brûlés.
c) Moyens mécaniques. — Les moustiquaires de lit, les voilettes, les gants, les grillages métalliques, qu’on place aux ouvertures des
Fig. 138. — Lampe à acétylène Fig. 139. — Swatowlamp.
pour destruction des moustiques (phare Méduse-Vermorel).
habitations, sont des moyens très importants de défense contre les moustiques, mais ce ne sont pas véritablement des moyens de destruction des insectes. On trouvera leur description dans la partie consacrée à la prophylaxie du paludisme et de la fièvre jaune.
2° Destruction des larves. — Pour la lutte contre les moustiques (paludisme, fièvre jaune, etc.), les mesures antilarvaires sont beaucoup plus efficaces que celles qui visent les insectes adultes. On peut les diviser en grandes mesures antilarvaires, destinées à changer la face d’un pays, à modifier profondément les gîtes à moustiques et en petites mesures antilarvaires, qui tiennent simplement en échec leur multiplication.
LA DÉSINSECTISATION
a) Grandes mesures antilarvaires. — Les dessèchements sont celles, dont l’homme connaissait la vertu souveraine dans l’assainissement des régions fiévreuses, bien avant la découverte du rôle pathogène des moustiques. Les cours d’eau ne sont pas dangereux, à condition d’avoir une certaine vitesse, de n’être pas encombrés par des herbes et d’avoir une certaine profondeur. Parfois, l’eau d’une rivière, pénétrant horizontalement à travers ses berges, crée, par ces fuites, des gîtes tout le long du cours d’eau : le remède consiste en deux canaux, creusés sur les deux rives, parallèles au lit.
Les lacs à eau profonde, poissonneuse, remuée par les vents, aux rives nues et accores, ne contiennent jamais de larves de moustiques. Les eaux stagnantes sont, au contraire, les gîtes-types : marais, étangs, mares, sources limpides et tranquilles. Il faut transformer ces eaux stagnantes en eaux vives ou les tarir.
Ce double but est rempli par les travaux de drainage du sol , qui consistent dans le creusement de grands canaux et d’un réseau de fossés et de drains qui conduiront les eaux, par un émissaire naturel ou artificiel, à un cours d’eau, un lac ou la mer.
Dans des cas très rares, l’évacuation des eaux pourra s’effectuer par la méthode hollandaise , c’est-à-dire par des puisards, traversant la couche argileuse, pour descendre jusqu’au terrain perméable. Les mares d’eau peu étendues peuvent être remplies de terre et comblées ainsi directement.
La culture a une influence considérable en détruisant les mille repaires imperceptibles des moustiques.
h) Petites mesures antilarvaires. — Elles complètent les précédentes. Le désherbage (destruction complète des herbes) ou le faucardement (fauchage des herbes au ras de l’eau, à l’aide du faucard), suivi du pétrolage , constituent les petites mesures antilarvaires, les plus pratiques.
Le pétrolage se fait à la dose de 30 centimètres cubes de pétrole lampant par mètre carré d’eau. Le pétrole agit en obstruant mécaniquement les trachées des larves de moustiques, qui sont forcées de venir respirer l’air atmosphérique à la surface de l’eau et sans doute aussi en modifiant la tension superficielle du liquide, de telle façon que les stigmates ne s’ouvrent plus normalement. Le pétrole agit aussi par sa toxicité.
Le pétrole est projeté en pluie sur l’eau, par simple jet ou au moyen de pompes de jardin, sans caoutchouc, car cette substance est dis-
ÉPOUILLAGE 615
soute par le pétrole. On brosse l’eau pour assurer un parfait étalement du liquide huileux.
Un pétrolage tue, en deux heures, toutes les larves de la surface traitée; les poissons et tous les animaux aquatiques n’en souffrent pas, en raison de leur respiration branchiale.
La vie larvaire durant une quinzaine de jours, dans les pays tempérés, il suffît d’un pétrolage, répété tous les 15 jours, pour exterminer successivement toutes les générations de larves, pouvant éclore dans le même gîte. Dans les contrées plus chaudes, les pétrolages doivent être plus fréquents, tous les huit jours.
On peut utiliser des 'poudres larvicides légères, intoxicant les larves par ingestion. Les plus employées sont le trioxyméthylène, le vert de * Paris, l’hexachlorétane. Le vert de Paris, le plus fréquemment utilisé est mélangé à raison de 1 gramme pour 100 grammes de sable fin, de cendres, de poussières de route, de charbon finement pulvérisé et on projette le mélange soit à la main, soit à l’aide de pulvérisateurs spéciaux, même par avion. Un litre du mélange, à 1 p. 100, suffit pour 100 mètres carrés. Il faut recommencer la projection tous les huit jours.
Parmi les ennemis des larves , certains poissons (poissons rouges, épinoches) peuvent être utilisés. Les gambusia, quand ils peuvent être acclimatés, sont d’excellents larviphages.
c ) Éloignement des gîtes. — Si les gîtes sont trop considérables pour être modifiés rapidement, ou d’une importance économique telle qu’ils doivent être respectés (barrage, réservoir enrichissant une contrée), la seule solution consiste à quitter la localité, à s’installer à plusieurs kilomètres de distance. Même dans les conditions où de bonnes mesures antilarvaires sont possibles, la prudence exige que l’on établisse son habitation le plus loin possible et le plus haut possible au-dessus des gîtes à moustiques. De telles précautions doivent être la règle absolue pour le campement des explorateurs et des militaires en campagne.
3° Épouillage. — L’importance de la destruction des poux (en particulier, pédiculus vestimentï), propagateurs de maladies redoutables, comme le typhus exanthématique, lb typhus récurrent, etc., a conduit à une méthode appelée Vépouillage.
Tous les entrants dans les hôpitaux, hospices et asiles doivent être épouillés avant leur entrée dans la salle, tout au moins pour une certaine catégorie de malades ou de vieillards. Les salles d’épouil-
LA DÉSINSECTISATION
lages sont installées dans un local isolé, séparé des différents services et au voisinage de la salle de désinfection (fig. 140). Le personnel affecté au service de l’épouillage portera un costume complètement fermé, serré aux chevilles et aux poignets avec gants en caoutchouc et calotte couvrant le cuir chevelu, les oreilles et la nuque.
Pour détruire les poux de corps (pediculus vestimenti), l’individu parasité se déshabille complètement et tous ses linges et vêtements sont immédiatement passés à l’étuve à vapeur sous pression ou dans une chambre de sulfuration.
On lui fait ensuite prendre un bain. Il est savonné soigneusement
Sortie
Entrée
Fig. 140. — Poste d’épouillage : (1, salle de déshabillage. — 2, chauffage. — 3, salle
d’habillage).
des pieds à la tête; un simple savonnage suffît ordinairement, le pou de vêtement ne se rencontrant sur la peau qu’au moment où il pique l’homme pour se nourrir. Il vit dans les vêtements et c’est dans les plis, sur le bord des coutures, qu’il pond ses œufs.
L’individu n’a plus qu’à reprendre son linge et ses vêtements désinfectés. Il est complètement débarrassé de ses poux de corps.
Il est plus difficile de se débarrasser des poux de tête ( Pediculus capitis) ou des morpions ( Phtirius pubis) qui vivent sur le corps et déposent leurs œufs ou lentes à la base des poils.
Le savonnage détruit un grand nombre de poux, mais il est nécessaire d’en compléter l’action par des onctions faites sur tout le corps et spécialement sur la tête, la barbe, les aisselles et le pubis avec l’une des préparations parasiticides suivantes :
a) Huile camphrée à 1 p. 10;
b) Alcool camphré à 1 p. 10;
c) Mélange à parties égales d’huile et de pétrole;
d) Vaseline au xylol (90 gouttes de xylol pour 30 grammes de vaseline);
e) Onguent gris, réservé à la destruction des morpions.