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CHAPITRE XL

LA DÉRATISATION

Nous avons vu (p. 570) le rôle important que jouent les rats dans la dissémination d’un grand nombre de maladies contagieuses. On doit engager, contre ces dangereux rongeurs, une lutte sans merci, qui sera à la fois offensive et défensive.

1° Lutte offensive. — Elle comprend tous les moyens de destruction directe : virus, poisons, gaz asphyxiants, pièges, primes.

a) Virus. — Le Bacillus typhi murium , découvert par Lœfïler, est extrêmement pathogène pour les souris et leur cause une maladie contagieuse qui provoque des épidémies meurtrières pour elles. Par passages sur les rats, on peut le rendre infectieux pour ces rongeurs et l’utiliser pour leur destruction. On connaît plusieurs souches de ce bacille particulier (Lœfïler, Danysz, Ratin, Dunbar). Il appartient au groupe des paratyphiques B. Cultivé en bouillon ou sur gélose, il est offert aux rats, mélangé à des appâts, tels que le pain ou d’autres substances comestibles dont ils sont friands. L’épidémie ne tarde pas à se déclarer dans la gent murine, qui est ainsi rapidement exterminée. Mais le procédé peut échouer en raison de la perte de la virulence du bacille, car cette dernière est obtenue artificiellement pour le rat et peut se perdre rapidement.

b) Poisons. — Acide arsénieux, phosphore (pâte phosphorée), carbonate de baryum, scille.

c) Pièges et capture directe. — Les pièges sont nombreux : nasses de fil de fer à cellules, ratières dites « anglaises » à double entrée, assommoirs, pièges à ressorts, tapettes, etc. Ils peuvent rendre des services, à condition de savoir choisir les appâts

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convenables (riz cuit, poisson cuit, fromage, lard grillé, etc.).

Certains égoutiers se livrent à la chasse des rats et les capturent par centaines. Dans l’Inde, au Brésil, les chasseurs de rats (Ratskillers), qui acquièrent une habileté surprenante, ont rendu les plus grands services dans la défense contre la peste.

Les animaux destructeurs de rats (chats, chiens ratiers, etc.), ne donnent que des résultats insuffisants ou incertains.

d) Primes. — Imaginée en 1898, par le danois Zuschlag, la mise à prix des têtes de rats donne des résultats appréciables. Appliquée au Danemark (loi du 11 mars 1907) elle a provoqué, dans les deux premiers mois, la capture de 1 375 479 rats. D’autres États (Suède), d’autres villes (Rio-de-Janeiro, San-Francisco, Yokohama, etc.), ont adopté ce système qui a donné des résultats appréciables.

c) Gaz asphyxiants ou toxiques. — U acétylène, facilement produit par hydratation du carbure de calcium, peut être utilisé pour la destruction des rats dans leurs terriers (Loir et Legangnieux). Le sulfure de carbone (De Knyff) et la chloropicrine (Gabriel Bertrand et Brocq-Rousseau) ont été préconisés. Mais le procédé vraiment efficace est la sulfuration.

/') Sulfuration. — Une concentration de 10 à 12 p. 100 d’anhydride sulfureux dans un local détruit les rats et les gros parasites.

Les appareils de sulfuration actuellement autorisés en France sont l’appareil dayton, l’appareil Marot, l’appareil Gauthier et Deglos et l’appareil Notyalc.

Dans l’appareil Clayton (fig. 141), le soufre est brûlé sur une grille, en vase clos. L’anhydride sulfureux produit est entraîné dans des tubes refroidis extérieurement par un courant d’eau et propulsé dans l’enceinte à désinfecter par un ventilateur, qui produit en même temps l’aspiration de l’air du local. Grâce au refroidissement du gaz et à l’absence d’humidité dans les locaux, il ne se produit pas d’altération des objets exposés à son action : étoffes, métaux, substances alimentaires.

Le procédé Marot (fig. 142) utilise l’acide sulfureux liquide , qui est détendu et projeté dans le local à dératiser, au moyen d’un ventilateur. Cet appareil lancerait à la minute 23 mètres cubes de gaz, contenant 25 à 30 p. 100 d’acide sulfureux, ce qui permet de pratiquer, en deux heures, la désinfection d’un navire.

Dans le procédé Gauthier et Deglos , le produit dont on se sert est

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