INJECTION INTRA-UTÉRINE
chement, une injection intra-utérine; si cette conduite ne cause aucun accident dans un service où se trouve un personnel de choix, il n’en est pas de même en pratique, où nombre de médecins et de sages-femmes font mal ces injections.
Varnier a insisté avec raison1 sur les difficultés que présente l’injection intra-utérine : « J’ai constaté, dit-il, que beaucoup de médecins et de sages-femmes, croyant faire une injection intra-utérine, ne faisaient
Fig. 124. — Injection intra-utérine après la délivrance (imitée de H. Varnier).
U, Utérus. V , Vessie. La, Lèvre antérieure du col. S, Symphyse du pubis. PI, Petites lèvres. Gl, Grandes lèvres. A, Anus. li, Rectum. Lp, Lèvre postérieure du col. Sa, Sacrum.
en réalité d’injection que dans le sac mou et pendant que forment sur l’utérus puerpéral le col (3 centim.), plus le segment inférieur, sans pénétrer en réalité dans le corps proprement dit.... Voici ce qui se passe : on introduit l’extrémité de deux doigts dans le museau de tanche mou et béant, et sur ces deux doigts, on fait pénétrer, suivant l’axe vulvaire, la sonde à injection; à peine la sonde a-t-elle pénétré de 2 à 3 centimètres
1 Le col et le segment inférieur de l’utérus à la fin de la grossesse, pendant et après le travail de l’accouchement. P. 82. G. Steinheil, éd. 1888.
DE L’ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE.
qu’on éprouve une très légère résistance dont on triomphe aisément. On sent alors le bec pénétrer de 2 ou 5 centimètres encore en abaissant le pavillon légèrement. Le va-et-vient du liquide s’établit immédiatement, et l’opérateur, se croyant sûr d’être dans la cavité utérine, laisse en dehors plus de la moitié de la sonde.
« Si à ce moment vous prenez l’instrument et que vous en abaissiez davantage encore le manche entre les cuisses en déprimant la fourchette, pour mettre le bec dans l’axe du détroit supérieur, vous éprouverez de nouveau une résistance plus marquée. Beaucoup s’arrêtent effrayés, mais continuez sans crainte, et bientôt vous aurez la sensation réelle d’une résistance vaincue, en même temps que votre sonde, avalée pour ainsi dire, disparaît presque complètement dans le vagin. »
Lorsque l’injection intra-utérine est faite, il est utile de pratiquer séance tenante une injection vaginale afin de débarrasser le vagin des caillots ou des matières septiques qui ont été entraînés hors de l’utérus.
Est-il besoin d’ajouter que, pour les injections vaginales comme pour les injections intra-utérines, il faut s’assurer de la qualité de l’eau que l’on emploie. Cette eau doit être filtrée et bouillie ; ce n’est que dans une Maternité qu’on peut avoir recours à un appareil semblable à celui que Tarnier a fait installer à la Clinique de la rue d’Assas : cet appareil porte l'eau à 120 degrés sous pression et donne ensuite cette eau stérilisée froide (à 16°) et chaude (à 80°); en mélangeant ces deux liquides à parties égales, on peut avoir constamment de l’eau à 48 degrés.
En résumé, quiconque pratique l’art des accouchements, doit connaître et pratiquer rigoureusement l’antisepsie : l’accoucheur doit se rappeler que le doigt, les mains, les instruments, sont le plus habituellement les agents de transport des germes infectieux. Il faut donc veiller avant tout à leur désinfection minutieuse.
La désinfection des organes génitaux de la femme est aussi indispensable; mais elle doit être faite avec méthode, sans exagération, sous peine de devenir par elle-même un danger pour la femme.