‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 216 sur 317 · MALADIES DE L’APPAREIL GÉNITAL · texte numérisé non relu

MALADIES DE L’APPAREIL GÉNITAL

Leucorrhée. — Vaginite granuleuse. La leucorrhée est très fréquente chez les femmes enceintes : elle est due à l’hypersécrétion de la muqueuse vaginale. Le liquide qui s’écoule est tantôt peu épais, lactescent, tantôt crémeux, parfois jaunâtre.

Chez certaines femmes la muqueuse vaginale est épaissie, rugueuse et présente des granulations plus ou moins volumineuses qui donnent au doigt qui pratique le toucher la sensation d’une râpe : il existe de la vaginite granuleuse (Delille). Le liquide qui s’écoule alors est généralement épais, de couleur verdâtre, quasi purulent, et d’odeur désagréable.

Cette vaginite granuleuse doit être soignée par les irrigations vaginales fréquentes (3 ou 4 par 24 heures) avec une solution de biiodure de mercure à 1 pour 4 000 ou avec une solution de chloral à 1 pour 100. — On prescrit en même temps des bains alcalins.

Vaginite végétante et végétations vulvaires. — On observe parfois, au cours de la grossesse sur la muqueuse vaginale et vulvaire de petites saillies, irrégulières, donnant au doigt la sensation de verrues : ce sont des végétations qui forment des sortes de petits choux-fleurs. Elles sont semées çà et là ou bien forment par leur réunion de véritables petites tumeurs.

Elles siègent sur la paroi vaginale et peuvent même recouvrir le col, mais elles existent surtout au niveau de^ta vulve, sur le rebord des grandes lèvres, dans le sillon de séparation des grandes et des petites lèvres; on en trouve également au niveau de la commissure vulvaire, au pourtour de l’anus et même dans le sillon interfessier.

Elles présentent une coloration différente suivant le siège qu’elles occupent : tantôt elles sont rosées, blanchâtres, tantôt elles sont bleuâtres, livides.

Elles produisent habituellement un suintement fétide qui est une cause de prurit et d’érythème de la zone génitale ; rarement leur volume est suflisant pour devenir une cause de dystocie légère au moment de l’accouchement.

Bien qu’on ne connaisse pas exactement la pathogénie de ces lésions, bien qu’on ne puisse préciser leurs rapports avec l’infection blennorrhagique, il est certain qu’elles ne sont nullement liées à la syphilis (Thibierge) et qu’elles sont sous la dépendance directe de la grossesse ; quel que soit en effet leur volume, elles ne disparaissent qu’après l’accouchement.

11 est dangereux ou tout au moins inutile d’instituer contre les végétations un traitement chirurgical (grattage, excision, cautérisation, etc.) pendant la grossesse; il faut se contenter de pansements désinfectants et d’injections vaginales faites avec des solutions de sels mereuriques ou de chloral .

PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE

Après l’accouchement on hâtera leur chute et leur disparition en les * saupoudrant largement avec un mélange à parties égales de poudre de tannin et de sahine.

Prolapsus de l’utérus. — C’est une complication rare de la grossesse : lorsqu’en efï‘et le prolapsus est très accusé, il détermine en dehors de la gravidité des phénomènes douloureux assez intenses pour que la femme réclame une intervention.

Cependant l’utérus prolabé peut devenir gravide : on observe alors des symptômes différents suivant que cet utérus s’abaisse de plus en plus ou suivant qu’il s’élève dans la cavité abdominale. Dans le premier cas, on peut voir survenir des phénomènes de compression, d’étranglement dus à ce que l’utérus est entravé dans son développement : d’où la possibilité d’avortement et môme d’accidents mortels (Hüter).

Quelques auteurs admettent qu’un accouchement à terme ou près du terme peut avoir lieu lorsque l’utérus se développe en faisant saillie à travers la vulve entre les cuisses de la femme ; ces faits doivent être bien rares.

Le plus habituellement, lorsque l’utérus prolabé devient gravide, il détermine pendant les premiers temps des phénomènes de pesanteur du côté de la vulve, du périnée, du rectum, puis bientôt l’utérus s’élève et la grossesse suit un cours normal. Quelquefois au moment de l’accouchement l’utérus s’abaisse à nouveau et ne se contracte plus d’une façon suffisamment efficace : il faut aider l’expulsion au moyen d’une application de forceps.

Dans les premiers temps de la grossesse, il est utile, si l’abaissement semble s’accentuer, de conseiller le repos au lit et même d’appliquer de gros tampons dans le vagin, de manière à soutenir l’utérus et à faciliter son ascension progressive dans l’abdomen. Exceptionnellement on est obligé de réduire l’utérus prolabé et de le maintenir réduit. L’usage des pessaires doit être très restreint.

Hernies de l'utérus. — Les hernies de l’utérus gravide sont encore beaucoup plus rares que les abaissements du même organe : la plupart des observations signalées se rapportent à des cas d’éventration de la paroi abdominale permettant à Futérus gravide de se mettre dans une antéversion exagérée.

On aurait cependant observé des faits dans lesquels Futérus gravide aurait distendu les anneaux inguinal ou crural; dans certains cas, une corne d’un utérus bicorne aurait constitué la hernie.

Le diagnostic de ces raretés est loin d’être facile.

Allongement hypertrophique du col. — Le col hypertrophié n’en

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