PREMIÈRE PARTIE
CONSIDÉRATIONS SUR L’ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE DE L’APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME
Suivant l’ordre des phénomènes physiologiques, nous étudierons successivement les organes qui sont le siège de Y ovulation, de la menstruation, de la copulation, de la fécondation ; mais au préalable nous devons jeter un coup d’œil d’ensemble sur la situation topographique de l’appareil génital de la femme.
Les organes génitaux internes de la femme sont entièrement contenus à l’état de vacuité, dans la partie du bassin qui porte le nom de petit bassin (pelvis), ou excavation pelvienne. Formé par la réunion de quatre os : le sacrum, le coccyx et les deux os iliaques, le pelvis constitue une ceinture qui, par en haut, se continue avec le grand bassin et communique ainsi avec la cavité abdominale, qui, par en bas, est fermée par le périnée que traversent le rectum, l’urèthre et les organes génitaux externes.
Cette ceinture osseuse joue, vis-à-vis des organes génitaux, un rôle de protection et de soutien. Elle livre passage au fœtus au moment de l’accouchement. Nous l’étudierons en détail surtout à ce dernier point de vue (voy. p. 258).
Pour se faire une idée d’ensemble des rapports des organes génitaux
PRÉCIS d’oRSTÉTRTQUE.
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avec l’excavation pelvienne, on peut se contenter de regarder leur disposition lorsque, l'abdomen étant largement ouvert et les intestins relevés, on met à découvert l’entrée du bassin (fig. 2).
On voit alors (fig. 2) que les organes contenus dans l’excavation, vessie Y, utérus U, trompes, ovaires, rectum R, sont recouverts en grande partie par le péritoine P, qui, en passant des uns aux autres et en se réfléchissant ensuite sur la paroi du bassin, relie ces organes entre eux et les fixe plus ou moins directement aux parois de l’excavation.
En examinant les choses de plus près, on voit que le péritoine P forme
Fig. 1. — Coupe du bassin pratiquée au-dessous du détroit supérieur et parallèlement à lui.
(Schéma.).
par son adossement à lui-même, en dehors des bords latéraux de l’utérus, une cloison LL, qui de l’utérus se porte à droite et à gauche sur la paroi latérale de l’excavation. L’utérus U est enclavé en quelque sorte entre les deux feuillets péritonéaux (fig. 1).
Une coupe médiane antéro-postérieure (fig. 2) montre que le péritoine P, descendu de la paroi antérieure de l’abdomen, passe, soulevé qu’il est par l’ouraque, sur le sommet de la vessie Y, tapisse la région postérieure et latérale de ce réservoir, de là se réfléchit en formant un cul-de-sac (cul-de-sac vésico-utérin), et remonte sur la partie supérieure de fa portion sus-vaginale du col.
Il en résulte que le bas-fond de la vessie se trouve dépourvu de péritoine, en rapport immédiat avec la partie inférieure du col utérin. Le péritoine s’élève ensuite en tapissant toute la paroi antérieure de l’utérus
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U, son fond, sa face postérieure et celle de la région sus-vaginale du col, jusqu’à l’insertion du vagin sur la paroi postérieure duquel il descend dans une étendue de 3 centimètres environ1. Là, le péritoine se réfléchit
de nouveau et forme le cul-de-sac de Douglas ou recto-utérin, en remontant sur la paroi antérieure du rectum R.
Ces rapports du cul-de-sac postérieur du péritoine avec la paroi postérieure du vagin sont classiques ; il semble cependant que le péritoine ne descende pas toujours aussi bas. Une coupe (voy. fig. 154), faite par Pun de nous sur le cadavre congelé d’une femme morte presqu’au terme, montre que le cul-de-sac péritonéal postérieur est séparé du cul-de-sac vaginal postérieur par une étendue d'un centimètre environ; la paroi vaginale postérieure n’est pas du tout en rapport avec le péritoine. — D’ailleurs la figure 2 est schématique et n’indique pas le niveau aue quel descend en avant le péritoine par rapport à la symphyse chez une femme près du terme dsa grossesse : nous étudierons à propos de la symphyséotomie, d’une manière plus précise, l'anatomie topographique de cette région sus-pubienne.