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MODIFICATION S PHYSIOLOGIQUES DE L’UTÉRUS

Au fur et à mesure que l’utérus gravide se développe, la contractilité s’éveille de plus en plus : l’organe se contracte à intervalles plus ou moins irréguliers, sans douleur. Ces contractions de la grossesse, pendant lesquelles l’utérus durcit, se dessine nettement sous la paroi abdominale, se distinguent des contractions du travail (voy. p. 310) en ce qu’elles ne sont pas douloureuses et qu’elles durent plus longtemps.

Les contractions de la grossesse et du travail ont cependant des caractères communs : elles sont involontaires , lentes , intermittentes. La volonté de la femme ne peut rien sur l’apparition ou la disparition de la contraction utérine; une émotion morale (arrivée du médecin), suspend parfois pendant un certain temps les contractions, ou bien au contraire (vue d’un forceps, crainte d’une opération) les accélère.

Les contractions utérines sont lentes. On admet en général que la contraction, partie du segment inférieur de l’utérus, gagne la zone moyenne et atteint le fond de l’utérus, pour disparaître ensuite de haut en bas. De plus, la contraction utérine, faible au début, s’accroît peu à peu, atteint un maximum d’intensité, puis décroît progressivement jusqu’à disparition complète.

L’intervalle qui sépare deux contractions est variable non seulement pendant la grossesse, mais même pendant le travail; nous verrons que l’intermittence des contractions utérines varie suivant la période du travail qu’on observe.

Nombreuses sont les causes qui mettent en jeu la contractilité utérine. Les unes sont directes : ainsi un traumatisme exercé sur le col, l’introduction d’un corps étranger dans sa cavité, et surtout dans la cavité utérine proprement dite, le froid, la chaleur, les frictions extérieures agissent, mais d’une manière moins active. Les autres agissent d’une manière indirecte : ainsi les expériences de Brown-Sequard ont montré que la présence d’acide carbonique en excès dans le sang éveille la contractilité utérine.

La contraction utérine peut être le résultat d’un réflexe à point de départ éloigné : telles les excitations portées sur le mamelon.

La contractilité utérine se trouve à la fois sous la dépendance du système nerveux ganglionnaire et du système nerveux cérébro-spinal.

Les courants galvaniques continus amènent des contractions utérines.

Quanta l’action de certains médicaments (ergot, rue, sabine, etc.), elle a été exagérée : elle n’a d’influence sur la contractilité utérine qu’autant que celle-ci est déjà éveillée.

Rétractilité. — La rétractilité est une propriété en vertu de laquelle l’utérus a une tendance permanente à revenir sur lui-même; c’est une sorte d’élasticité qui fait que, pendant la grossesse, la paroi utérine est

GROSSESSE OU GESTATION

directement accolée sur l’œuf et qu’après l’accouchement F utérus se resserre et n’est point distendu par les caillots.

Bien que la rétractilité soit une propriété différente de la contractilité, elle n’en a pas moins des rapports intimes avec celle-ci; ainsi, pendant la période de délivrance, l’utérus se rétracte d’autant mieux qu’il se contracte de temps en temps.

La rétractilité peut faire défaut ou être très diminuée lorsque le muscle utérin a été susdistendu ou surmené au cours de la grossesse ou du travail; on la réveille à l’aide de certaines excitations, les mêmes que celles qui servent à augmenter la contractilité.

MODIFICATIONS DES ANNEXES DE L’UTÉRUS

Par suite du mouvement ascensionnel de l’utérus, les ligaments larges subissent des modifications importantes : ils sont fortement tiraillés de bas en haut et de dehors en dedans, de telle sorte que leur bord supérieur au lieu d’ètre horizontal prend une direction rès inclinée, quasi verticale. L’augmentation de volume de l’utérus produit un écartement plus ou moins considérable entre les deux feuillets antérieur et postérieur; ce qui augmente d’autant ramincissement de ces ligaments qui n’est cependant pas très accusé en raison de l’hypertrophie des éléments musculaires qui se produit là comme au niveau de l’utérus.

On observe le même phénomène au niveau des ligaments ronds : ils prennent également une direction très inclinée; ils s’insèrent beaucoup plus près de la face antérieure que de la face postérieure de l’utérus ; aussi les sent-on assez facilement avec la main pendant la grossesse et l'accouchement sous forme de deux cordons cylindriques assez volumineux situés sur les parties latérales et inférieures de l’utérus.

Les trompes participent à l’hypertrophie générale qui envahit les organes voisins ; elles subissent des déplacements successifs qui leur donnent à la fin de la grossesse une direction oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Leur point d’insertion se trouve également plus rapproché de la face antérieure que de la face postérieure de l’utérus.

Les ovaires suivent le même mouvement ascensionnel que l’utérus; de plus ils augmentent ou pour préciser, ils doublent de volume (Jacquemier). On admet généralement que leur fonction se suspend, c’est-à-dire que l’ovulation n’a pas lieu pendant la grossesse. On trouve sur l’un des ovaires une vésicule de de Graaf quia donné naissance à l’ovule fécondé.

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