BRUITS DU CŒUR FŒTAL
dront dans la région abdominale la plus rapprochée de la zone marquée en noir au voisinage de l’aisselle.
Le nombre moyen des battements du cœur fœtal est d’environ 140 (Depaul) ou 135 (Nægele fils) par minute. Les limites extrêmes dans les cas où le fœtus est né bien portant sont 120 et 160 (Depaul). Cependant Pinard vient d’observer à la clinique Baudelocque un fœtus dont les battements du cœur ne dépassaient pas soixante pendant la vie intra-utérine.
Au moment du travail, le nombre des battements a atteint 76 par minute, pour redescendre à 50 et 56 après l’expulsion.
Les bruits du cœur du fœtus sont perçus vers quatre mois et demi.
Depaul pense que dans nombre de cas on peut les entendre plus tôt, vers le milieu du quatrième mois; quelquefois même à la fin du troisième, une oreille exercée entend facilement les bruits du cœur fœtal de manière à affirmer l’existence de la grossesse.
La fréquence des bruits du cœur fœtal suffit généralement à les distinguer des bruits du cœur ou des bruits qui se passent dans les vaisseaux de la mère; cependant il est toujours nécessaire, lorsqu’on pratique l’auscultation fœtale, de prendre en même Fis- 103- — Fœtus dans l’attitude qu'il occupe
1 dans l’utérus.
temps avec l’index le pouls radial de La zone5 teintée en noiPj au niveau du creux
la mère et de le compter. de l’aisselle, indique la région au niveau de
1 laquelle on entend le mieux les bruits du
Dans certains cas, en effet, la cœur fœtal, transmission des battements du cœur
de la mère se fait jusque dans la région hypogastrique; on peut se tromper surtout si une cause quelconque (fièvre, émotion morale, etc.), accélère la circulation maternelle au point que les pulsations maternelles soient aussi fréquentes que les battements du cœur fœtal. On évite l’erreur en remarquant l’isochronisme parfait du pouls radial de la femme et des battements perçus par l’oreille; de plus, les battements augmentent
GROSSESSE OU GESTATION
d’intensité à mesure qu’on se rapproche de la région précordiale de la mère.
Tarnier et Chantreuil signalent une autre cause d’erreur : « quelquefois, sous l’influence d’une émotion vive ou d’une course rapide, les artères de l’oreille de la personne qui ausculte, battent assez fort et assez vite pour produire contre le stéthoscope un bruit que l’on pourrait confondre avec les battements du cœur du fœtus. Pour éviter toute erreur de ce genre, il suffira que l’observateur compare la fréquence du bruit entendu avec celle des battements de son artère radiale ».
Lorsqu’on ausculte un fœtus pendant les deux derniers mois de la grossesse, les bruits du cœur s’entendent dans une certaine étendue, sur une surface de 6 à 10 centimètres de diamètre; mais il y a une zone plus restreinte de 2 ou 5 centimètres de diamètre au niveau de laquelle les bruits du cœur s’entendent d’une façon plus nette; dès qu’on s’éloigne de ce petit cercle, on les entend moins bien, ils sont plus sourds.
On dit qu’en ce point se trouve le maximum d'intensité ou le foyer maximum des bruits du cœur, ou simplement le foyer d' auscultation. Nous verrons, en étudiant les différentes positions qu’occupe le fœtus dans la cavité utérine, quelle est la zone où l’on trouve pour chacune d’elles le foyer d’auscultation.
L’auscultation est précieuse pour reconnaître la présence du fœtus dans la cavité utérine; mais peut-elle servir à diagnostiquer le sexe de l'enfant ? Frankenhauser, en 1859, prétendit que les battements du cœur du fœtus étaient plus fréquents chez les filles que chez les garçons, de telle sorte qu’en comptant les pulsations on pourrait indiquer à l’avance le sexe de l’enfant; au-dessous de 155, il s’agirait d’un garçon, au-dessus de 145, il s’agirait d’une fdle; entre 155 et 145 il y aurait doute et il serait impossible de se prononcer.
Quelques auteurs ont avancé que le nombre des battements dépend plutôt du volume que du sexe : les gros enfants ont moins de pulsations que les petits ; c’est pourquoi les garçons auraient moins de battements que les fdles. Dauzats (1879), qui a résumé les nombreux travaux parus sur ce sujet, arrive à peu près aux mêmes conclusions que Frankenhauser et pense qu’en prenant certaines précautions, on peut, sept fois sur dix, prédire exactement le sexe de l’enfant, mais il n’admet pas l’influence du poids du fœtus.
Tel n’est point l’avis de Budin et Chaignot qui, vers la même époque, ont noté qu’au point de vue pratique il n’y a aucune relation absolue entre le nombre des battements du cœur fœtal et le sexe ou le poids de l’enfant. De plus, si chez la même femme, on pratique l’auscultation à
AUSCULTATION FŒTALE.
diverses reprises pendant les derniers mois de la grossesse, on peut trouver des différences assez considérables au point de vue du nombre des battements du cœur fœtal. Parfois même, pendant un seul examen, on peut observer d’une minute à l’autre des différences de 15 à 25 pulsations.
Ainsi malgré toutes les précautions prises, on n’arrive pas à un résultat sérieux, au point de vue de la détermination du sexe de l’enfant. Du reste, ce diagnostic, s’il était possible, n’aurait guère d’autre résultat que de satisfaire la curiosité des parents.
Souffle fœtal. — Le souffle fœtal est isochrone aux battements du cœur fœtal, il est simple ou double; tantôt il siège au niveau du cœur lui-même ( souffle cardiaque), tantôt il existe au niveau des vaisseaux du cordon ( souffle ombilical ou 'funiculaire) .
Souffle cardiaque. — Ce souffle, habituellement simple et isochrone au premier bruit du cœur fœtal, s’entend surtout au foyer d’auscultation et diminue à mesure qu’on s’en éloigne. Il est persistant, se déplace peu, et s’entend même après la naissance, en appliquant le stéthoscope sur le cœur de l’enfant. 11 est généralement lié à de l’endocardite, ou à une malformation du cœur. On a pu diagnostiquer une endocardite fœtale d’après le bruit de souffle entendu pendant la vie intrautérine.
Souffle du cordon. — Il est isochrone avec les battements du cœur fœtal, mais il est très variable de timbre et d’intensité, et s’entend généralement à une certaine distance du foyer d’auscultation. Kennedy, Nægele fils, Depaul, Devilliers, Charrier ont attribué ce souffle à l’entortillement du cordon autour du cou du fœtus et à la compression des vaisseaux ombilicaux. Les circulaires peuvent exister autour des membres et autour du tronc sans qu’il y ait de bruit de souffle ; toutes les fois que le cordon est comprimé, le bruit de souffle peut se produire.
D’après Pinard (1876), le souffle fœtal serait dû à une diminution de calibre des vaisseaux ombilicaux par quelques replis semi-lunaires ou diaphragmatiques que Iïyrtl et Berger ont signalés dans leur intérieur : ces valvules pourraient être assez développées pour oblitérer partiellement la lumière du vaisseau et produire un bruit de souffle sans compression du cordon. Le souffle serait simple quand le repli existerait dans la veine ou les artères ; il serait double quand les deux ordres de vaisseaux contiendraient des replis. Les bruits de souffle qui reconnaîtraient cette cause seraient permanents et se distingueraient ainsi des bruits fugaces produits par la compression momentanée du cordon.
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