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PORTION EXTRA-EMBRYONNAIRE

Membranes caduques. — Pendant longtemps les anatomistes ne connurent point la muqueuse utérine; ils expliquaient les connexions de

FORMATION DES CADUQUES

l’œuf avec l’utérus en admettant — d’après la théorie de Hanter (1774) — que sous l’influence de la fécondation il se produisait, au niveau de la face interne de l’utérus, une sécrétion de lymphe coagulable dont la partie périphérique formait en s’organisant la caduque utérine : la partie centrale de cette lymphe restait liquide et formait Yhydropérione.

Cette caduque tapissait complètement la cavité utérine, l’orifice interne

Fi-. 52.

Fig. 53.

Fig. 52 et 55. — Coupe verticale de la paroi utérine passant par l’œuf en voie de développement.

(D’après Léopold.)

Pu, paroi utérine au niveau du corps. — Cu, paroi utérine au niveau du col de l'utérus. — 0. œuf fixé dans la muqueuse. — Mc, muqueuse de la cavité cervicale. — Co, caduque ovulaire ou réfléchie. — Cup, caduque utéro-placentaire ( appelée jadis sérotine). — Cp, caduque pariétale.

des trompes; l’œuf fécondé, en pénétrant dans l’utérus, refoulait la caduque qui à ce niveau prenait le nom de caduque réfléchie , par opposition à la caduque directe qui tapissait directement l’utérus. Enfin on admettait qu’au niveau de la surface de greffe de l’ovule il se formait secondairement une nouvelle couche de lymphe coagulable qu’on appelait caduque intermédiaire ou tardive ou sérotine.

Toutes ces dénominations doivent être abandonnées. Les recherches de Coste (1852), de Robin, etc., ont en effet démontré que la caduque , c’est-à-

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dire la membrane qui tapisse la surface interne de l’utérus gravide, n’est antre chose que la muqueuse utérine ayant subi différentes modifications qui ont été bien étudiées par Friedlander, Kundrat et Engelman, Léopold, llofmeier (*), etc.

Sous l’influence de la menstruation et peut-être de la fécondation, la muqueuse utérine se mamelonné, devient turgescente et forme des replis : c’est au niveau de Lun d’eux qu 'arrivant de la trompe vient se loger l’ovule fécondé qui produit sur la muqueuse l’effet d’un pois à cautère sur la peau : la muqueuse bourgeonne (fig. 52) au point d’envelopper bientôt tout l’œuf (caduque ovulaire, fig. 55, Co); la partie de la caduque qui se trouve entre l’œuf et l’utérus s’appelle caduque inter-utéro-placentaire (fig.

53, Cup). Quant au reste de la muqueuse qui tapisse la cavité utérine, c’est la caduque utérine proprement dite Cp, appelée encore caduque utérine vraie , caduque pariétale. Ces trois parties, distinctes topographiquement, forment cependant un tout continu.

Dans la zone de fixation ovulaire, la muqueuse utérine modifiée présente son maximum d’hypertrophie ; elle forme au-dessus du niveau de la surface de la caduque pariétale un soulèvement généralement circulaire et qui ne fera que s’accroître : c’est la caduque utéro-placentaire , cette partie du futur placenta qui constitue le placenta maternel.

De tout le pourtour circulaire de cette caduque, là où elle se continue de tous côtés avec la caduque pariétale, se détache un bourrelet périphérique de muqueuse modifiée (fig. 52, Ca)C;C.e bourrelet remonte sur la surface du globe ovulaire, en atteint, puis dépasse l’équateur, et gagne le pôle libre. Progressivement l’orifice circulaire, l’ombilic limité par ce bourrelet diminue. Il se ferme bientôt. L’œuf disparaîtra à la vue, caché, englobé dans son manteau de muqueuse modifiée, de caduque. Cette caduque est la caduque ovulaire (appelée autrefois caduque réfléchie),

Fig. 54. — Moitié supérieure d’un utérus gravide enlevé huit semaines après les dernières règles. (D’après Hofmeier.)

1, paroi musculaire de l'utérus. — 2, caduque pariétale. — 3, coupe de l'œuf. — 4, villosités choriales. — 5, espace compris entre la caduque pariétale vraie et la caduque ovulaire. — 6, orifice interne de l'utérus. — 7, caduque utéro-placentaire.

(*) Dans un travail très documenté (Bcitrâge zur Entwickclungsgesclnchte der Placenta. In Die Menschliche Placenta , Wiesbaden, 1890), Hofmeier étudie successivement : 1° les rapports de la caduque sérotinc avec les villosités ; 2° l’anatomie de la sérotine, réfléchie et vraie ; 3° les rapports qui existent entre les vaisseaux de la caduque sérotine et les villosités ; 4° enfin ce qui a trait au revêtement épithélial des villosités.

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(fig, 53). Avec la caduque utéro-placentaire elle forme à l’œuf une loge complète.

Entre la caduque pariétale et la caduque ovulaire, persiste, au début de la gestation du moins, la cavité utérine. Mais cette cavité va bientôt diminuer, puis disparaître entièrement; car elle va être occupée par l’œuf en voie de développement, qui peu à peu dilate toutes les parties environnantes. La caduque pariétale s’étire, s’aplatit pour pouvoir recouvrir la surface interne toujours grandissante du muscle utérin ; la caduque ovulaire s’étire aussi, se lamine pour ainsi dire afin de constituer une enveloppe toujours continue

à bœuf qui ne cesse d’accroître ses diamètres. Caduque pariétale et caduque réfléchie sont en contact (fig. 55) : la cavité utérine n’existe plus que virtuellement. Enfin vers le quatrième mois, caduque pariétale et caduque réfléchie se soudent : la cavité utérine a cessé d’exister.

La figure 54, tirée d’Ilofmeier (*), représente un œuf de 7 à (S semaines placé dans la cavité utérine : on y voit une partie de la caduque réflexe et de la caduque utéro -placentaire, la caduque vraie jusqu’à l’orifice interne de l’utérus et la partie supérieure du canal cervical.

La figure 55 représente schématiquement la coupe verticale suivant le diamètre transversal d’un utérus gravide de trois mois environ : on voit l’embryon (E) qui baigne au milieu d’une certaine quantité de liquide amniotique enfermée dans l’amnios (A). Le chorion (CH) est nettement séparé de l’amnios et de la caduque; l’espace virtuel qui sépare la caduque ovulaire (CO) de la caduque utérine (CU) est ici exagéré pour mieux montrer les différentes parties constituantes de l’œuf. La caduque utéro-placentaire (CLP) est située ici sur le bord droit de l’utérus. La vésicule ombilicale atrophiée (YO) est représentée entre l’amnios et le chorion.

Fig. 55. — Coupe schématique d’un utérus gravide de trois mois environ.

CP, caduque pariétale.

— Ce, cavité cervicale.

— O, ovaire. — T, trompe. — V, vagin. — U, coupe du fond de l’utérus. — CP caduque pariétale. — CO, caduque ovulaire. — CUP, caduque utéro-placentaire. — CH. chorion. — A, amnios. — VO, vésicule ombilicale. — E, embryon. — C, cordon. — LA, liquide amniotique.

P) IIofjieier, Die menschliche Placenta. Wiesbadcn, 1890.

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La figure 57 représente, d’après Hofmeier, une coupe transversale d’un utérus gravide de quatre mois enlevé par Kaltenbach. Toute la muqueuse utérine est transformée en un réseau glandulaire. Sur la coupe, la caduque réflexe recouvre entièrement le placenta. Les glandes qui se trouvent au

Fig. 56. — Coupe verticale et transversale d’un utérus gravide. (D’après Léopold.)

Fu, paroi du fond de l'utérus. — 0, œuf. — Cup, caduque utérp-placentaire. \ — Cp, caduque pariétale . — Co, caduque ovulaire. — H, cavité restant entre les caduques ovulaire et pariétale. — Oi, orifice interne. — Mc, muqueuse cervicale. — Ce, cavité cervicale.

voisinage de la tunique musculaire ont un épithélium relativement peu changé.

La caduque pariétale et la caduque réfléchie — portions différenciées d’une même muqueuse utérine déjà modifiée par la gravidité — subissent, par suite de cet étirement, de cette distension considérable, une nouvelle modification; elles s ’ atrophient. Par contre, la caduque utéro-placentaire (portion maternelle) du futur placenta a continué à s’hypertrophier, à se développer au maximum pendant un temps pour diminuer ensuite considérablement à son tourj

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