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CAUSES DE L’INVERSION DE L’UTÉRUS

diminuer de fréquence depuis que l’on suit une pratique plus rationnelle au cours de la délivrance. On en observerait en effet 1 cas sur 180 000 à 200 000 accouchements.

Leroux, de Dijon (1776), a établi trois degrés d’inversion : 1° dans un premier degré (fig. 424), le fond de l’utérus est simplement déprimé (dépression simple) ;

2° Dans un second degré, le fond de l’utérus est profondément déprimé, abaissé et peut même descendre jusqu’au niveau de l’orifice utérin (fig. 425);

3° Dans un troisième degré, l’utérus est complètement retourné et le fond de l’utérus fait saillie non seulement dans le vagin, mais même hors des parties génitales (fig. 426).

Quelques auteurs admettent quatre degrés d’inversion utérine; il nous paraît plus légitime, avec Courty, d’admettre deux variétés d’inversion, suivant qu’elle est complète ou incomplète. Incomplète , quand le fond de l’utérus ne descend pas jusqu’à l’orifice externe du col; complète , lorsqu’il franchit cet orifice. Il peut dès lors se trouver dans le vagin, à la vulve ou même au dehors; dans ce dernier cas, il existe une sorte de prolapsus de l’utérus inversé.

Des constatations anatomiques et des recherches expérimentales faites sur le cadavre d’une femme morte d’inversion utérine (Société d’obst. de Paris , 1902), P. Bar conclut que ce qui arrête l’issue complète de P utérus et du vagin hors des organes génitaux, ce ne sont pas tant les ligaments d’arrêt (vessie, repli du péritoine de Douglas, ligaments utéro-sacrés, ligaments ronds, ligaments larges) que le ligament infundibulo-pelvien. Ce repli péritonéal, qui part de la partie latérale droite de la région lombaire, va gagner l’ovaire ; d’où le nom de ligament suspenseur de l’ovaire que His et Valdeyer lui ont donné. Chaque ligament utéro-ovarien s’épanouit dans la paroi postérieure de l’utérus en une série de fibres en éventail qui s’entrecroisent sur la ligne médiane avec les fibres longitudinales du corps de l’utérus et avec l’épanouissement utérin de fibres du ligament utéro-ovarien du côté opposé. Ce serait la résistance opposée par ce véritable ligament d’arrêt qui empêcherait l’inversion d’être aussi marquée en arrière qu’en avant.

Causes. — L’inversion utérine peut s’observer en dehors de la délivrance, à la suite d’un avortement par exemple (Scott), ou spontanément lorsque la femme surprise accouche debout. Quelquefois c’est à la fin du travail que, par suite d’une brièveté naturelle ou accidentelle , le cordon tiraille sur le placenta et déprime l’utérus au niveau de l’insertion placentaire. C’est cependant la délivrance qui est ordinairement la cause occasionnelle de cet accident.

L’inertie utérine totale ou limitée à la zone placentaire est la condition préalablement nécessaire à la production de l’inversion.

Si des tractions sont alors prématurément exercées sur le cordon, si ce dernier ne se rompt pas plus que le placenta ne se décolle, on peut voir le fond de l’utérus descendre : l’inversion est constituée. Elle se produira d’autant plus facilement que le placenta s’insère au fond de l’utérus.

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