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C. — CATARRHE CONJONCTIVAL DES PRÉMATURÉS

11 existe chez les prématurés un état catarrhal qui diffère à la fois de l’ophtalmie purulente vraie et de la conjonctivite catarrhale : il est caractérisé par un écoulement purulent d’une abondance extrême. Le pus s’échappe à flots hors des paupières dès qu’on les entr’ouvre : c’est un pus jaune pâle, presque blanc, très crémeux et épais; il apparaît sans qu’il y ait eu auparavant écoulement de liquide citrin ou de sécrétion jaune foncé. Peu ou pas de gonflement des paupières, peu de lésions de la conjonctive bulbaire, pas de chémosis; la conjonctive palpébrale est d’un rouge pâle, elle est recouverte, surtout l’inférieure, de villosités épaisses qui constituent presque des végétations.

Cet état peut durer pendant un temps quelquefois assez long, plusieurs semaines, un ou deux mois, sans atténuation, ni aggravation des symptômes, sans être influencé par le traitement : pendant tout ce temps, la sécrétion est abondante et épaisse, la conjonctivite reste villeuse et rouge pâle. Il est singulier de constater que les cornées, baignées constamment par des flots de

(*■) Étiologie des conjonctivites. Thèse de Paris, 1893.

CONJONCTIVITE DIPHTÉRIQUE DU NOUVEAU-NÉ.

pus épais, ne s’altèrent que très rarement, ce qui semble indiquer une virulence faible de cette sécrétion. Ce n’est qu’exceptionneliement que, dès le début de la maladie, la cornée est prise en même temps que la conjonctive, elle deyient rapidement et uniformément grise, se ternit, se ramollit et s’ulcère. Ces complications ne s’observent guère que chez des prématurés dont l’état général est grave. C’est d’ailleurs ce mauvais état général des prématurés qui favorise le développement de cet abondant catarrhe en même temps qu’il en constitue la véritable gravité.

Les caustiques, les astringents ne donnent pas de bons résultats dans le traitement du catarrhe conjonctival des prématurés. Valude conseille en pareil cas les irrigations fréquentes avec la solution thébaïsée, puis deux fois par jour on passe à la surface de la conjonctive des deux paupières un gros pinceau de blaireau, largement imbibé du mélange suivant :

Terpinol ) . . .

Huile de vaseline ou huile d’amandes douces. . . . . ) aa l,ai ies e&a cs*

S’il existe des lésions cornéennes, on incorpore à ces mixtures de l’iodoforme qui s’y dissout assez facilement.

Valude a également employé les instillations bi-quotidiennes avec une solution d’aldéhyde formique (formol) à 1/100 ou à 1/200.

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