OBSTRUCTIONS DU GAN A U LACRYMAL CHEZ LE NOUVEAU-NÉ
par Hulme et Hart, et la conjonctivite pseudo-membraneuse suraiguë.
Quelle est la nature de ces différentes conjonctivites? Des recherches de Moritz, de Sourdille, de Morax, etc., il résulte que ces conjonctivites pseudomembraneuses ne sont pas des conjonctivites pures à streptocoques ou à staphylocoques ; toujours ou presque toujours, le bacille de Loffler y entre pour une certaine part. Il semble que les formes légères de la conjonctivite pseudomembraneuse sont dues à l’association du staphylocoque et du bacille de Loffler. L’union de ce bacille avec le streptocoque donnerait lieu aux formes les plus graves de l’affection et même à la conjonctivite diphtéritique vraie ou interstitielle, lorsque celle-ci n’est pas produite par le microbe de la diphtérie à l’état de pureté. En un mot, le bacille de Loffler joue un rôle dans la production de la maladie, mais les staphylocoques et les streptocoques interviennent pour en déterminer les différentes formes.
Quant au traitement, il faut éviter le nitrate d’argent, les applications froides ou glacées, les scarifications et l’emploi du sublimé. Valude conseille les irrigations chaudes de solution boriquée ou thébaïsée faites avec un laveur, l’entonnoir de Kalt, par exemple. En outre, on introduit deux fois par jour dans la cavité conjonctivale un peu de pommade iodoformée à 1/50. Si la sécrétion purulente est trop abondante, on la modère en mettant de l’huile de vaseline mélangée à parties égales avec le terpinol.
Sourdille a conseillé de faire deux fois par jour sur les points envahis par la fausse membrane des attouchements avec le mélange suivant :
Glycérine 20 grammes.
Acide phénique. 2 —
Il n’est point possible de dire à l’heure actuelle dans quels cas il faut recourir aux injections du sérum de Roux, qui rend ici, comme dans la diphtérie des voies respiratoires, d’inappréciables services.
E. — PHLEGMONS DU SAC LACRYMAL. — DACRYOCYSTITES CHEZ LES NOUVEAU-NÉS. — OBSTRUCTION DU CANAL LACRYMAL
On observe quelquefois chez les nouveau-nés des phlegmons du sac lacrymal que l’on distingue facilement de l’ophtalmie purulente par un examen méthodique. Despagnet, qui en a observé trois cas, pensait que cette affection est due à une obstruction du canal nasal par un bouchon muqueux : cette obstruction se fait pendant la vie intra-utérine, puis survient une infection microbienne. Le traitement consiste dans des lavages boriqués et le cathétérisme du sac lacrymal. Trousseau n’a pas observé ces phlegmons du sac lacrymal, mais a vu de fréquentes dacryocystites chez les nouveau-nés; elles sont dues à une imperforation congénitale du canal lacrymal : il suffit de pratiquer une fois le cathétérisme du canal pour faire cesser l’imperforation et guérir la dacryocystite. D’après Valude, il est exceptionnel que la dacryocystite du nouveau-né prenne une allure phlegmoneuse et se termine par une ouverture spontanée au dehors et par la formation d’une fistule.
INFECTIONS OMBILICALES CHEZ LE NOüVEAU-NÉ.
E. Landoltf1) a insisté sur la fréquence relative de l’obstruction clu canal lacrymal chez les nouveau-nés. Le plus habituellement, d’après Yalucle (Gaz. des hôpit ., 25 mars 1899), la dacryô cystite. des nouveau-nés est due à un retard dans l'ouverture du méat inférieur du canal lacrymo-nasal : ce qui produit la rétention des larmes et la dacryocystite, Cette complication peut encore être causée par des rétrécissements muqueux du canal nasal ou des lésions des parois osseuses de ce canal. On l’observe chez des enfants qui, peu de temps après la, naissance, sont atteints d’une conjonctivite légère qui cède assez rapidement aux lavages habituels, mais la guérison n’est pas complète : « Lun des yeux ne cesse de pleurer, de sécréter, de se coller la nuit, de montrer une gouttelette de matière jaune et épaisse dans l’angle interne des paupières; parfois aussi il n’y a jamais eu de conjonctivite proprement dite, mais l’un des yeux se trouve néanmoins dans l’état décrit qui résiste à toute médication. Ce larmoiement unilatéral est toujours suspect d'obstruction des voies lacrymales ».
On fait le diagnostic en exerçant une légère pression de bas en haut et de dedans en dehors sur le sac lacrymal, une goutte de muco-pus ou même de pus sort des points lacrymaux. Dans certains cas même où ce signe fait défaut, en présence d’une sécrétion persistante de l’œil, il est utile de faire, au moyen d’une sonde, l’exploration des voies lacrymales. Cette opération peut se faire sans la section du canal lacrymal. Landolt conseille de se servir pour cette petite opération de deux sondes : l'une, dont l’extrémité est conique, sert à dilater légèrement l'orifice du canal ; l’autre, boutonnée en olive, pénètre dans le canal sans traumatisme jusqu’au plancher du nez. Lorsqu’on la retire, il sort presque toujours du pus ou du muco-pus du nez ou du canalicule, même dans les cas où la pression sur le canal lacrymal ne faisait rien sourdre. Après ce sondage, on fait, avec la seringue d’Anel, une injection avec un antiseptique léger (acide borique à 4/100 ou sublimé à 1/5000). Il suffit , le plus habituellement, de pratiquer un seul cathétérisme et deux ou trois injections, sans sondage préalable, pour amener la guérison.
Il est nécessaire dans certains cas, où il y a fermeture du canal nasal, d’en effondrer la partie terminale avec la sonde, comme font conseillé et pratiqué Chevalleveau, Rochon-Duvigneaud, etc. Valude conseille d’avoir recours à ce cathétérisme lorsqu’au bout de dix à quinze jours de traitement médical, par les instillations de collyre faible au sulfate de zinc, au nitrate d’argent (1/200), et par les compressions répétées de l’angle interne de l’œil, il n’y a pas d’amélioration notable.