STRUCTURE DU PLACENTA FŒTAL
couche de tissu conjonctif (TC) épais, serré, contenant des éléments élastiques assez nombreux. Les vaisseaux, noyés de toutes parts dans cette trame fibro-élastique, forment avec elle un véritable tissu caverneux, où les parois vasculaires, renforcées par le tissu conjonctif de la trame, donnent aux vaisseaux placentaires l’aspect de véritables sinus.
Les éléments musculaires manquent presque complètement dans un tel tissu : autour de la lumière des vaisseaux, il n’existe qu’un tissu fibrillaire très délicat contenant des fibres conjonctives et élastiques ; on reconnaît là, en somme, la structure des vaisseaux ombilicaux, réduits à des proportions plus restreintes. Les dimensions et la richesse vasculaire de l’appareil que nous venons de décrire nous autorisent à le désigner par le nom de bourgeon vasculaire. Tout autour de lui sont des espaces libres, normalement baignés par le sang maternel, qu’on voit encore persister par place (tels les points G S).
« L’importance des bourgeons vasculaires n’est par discutable ; ils donnent naissance aux villosités qui constituent la partie essentielle du placenta dans les échanges nutritifs de la mère et du fœtus. La villosité placentaire, qui rappelle la structure de la villosité intestinale, est essentiellement constituée (Vf, fig. 82) par une gaine conjonctive (GG), dans laquelle cheminent deux vaisseaux placentaires, une artère (A) et une veine (V) : elles s’unissent à l’extrémité de la villosité, et de leur anastomose (an) naissent des capillaires, que nous retrouverons plus tard.
« La gaine conjonctive de la villosité fait suite à la trame fibro-élastique (lu bourgeon vasculaire ; elle est encore très dense, comme le montre la figure 82. Non seulement le tissu conjonctif se continue à la périphérie de l’organe, mais il pénètre à sa base et remonte jusqu’au voisinage du sommet, formant une cloison {cl) qui va séparer les deux vaisseaux jusqu’au voisinage de leur anastomose, c’est-à-dire dans tout leur trajet.
« Les coupes histologiques fournissent des figures différentes, suivant quelles traversent la base ou le sommet des villosités. A la base on voit les deux vaisseaux accolés dans la même gaine et séparés par une lame conjonctive, tandis que le sommet apparaît criblé d’orifices, rappelant absolument, avec des dimensions restreintes, l’aspect d’une pomme d’arrosoir. On peut retrouver ces deux aspects (PV) dans les figures 81 et 82. Chacun des orifices que présente le sommet de la villosité correspond au passage d’un capillaire excessivement ténu, qui s’unit avec le tissu conjonctif voisin pour former un organe très petit, très délicat, que nous appellerons \e prolongement villeux. Ces appareils (PVi), comme on peut le voir dans la figure 82, forment un chevelu très délié au sommet de la villosité et s’étalent dans les espaces intervilleux, normalement baignés par le sang. Ils sont d’autant plus nombreux qu’on se rapproche davantage de la partie maternelle du placenta. Dans les échanges nutritifs de la mère et du fœtus, ce sont eux qui jouent le rôle capital : ils recueillent le sang maternel destiné à fournir aux besoins de l’hématose fœtale.
« La structure du prolongement villeux, représenté dans la figure 83, ne peut être vue qu’à un très fort grossissement. A son centre, l’organe est