‹ Précis d'obstétriqueChapitre 162 sur 713 · SPENCER · texte numérisé non relu

SPENCER

du 253® au 239®

du 200'' au 200*

du 237® au 273"

lüO

du 274" au 230°

du 281° nu 287°

du 288° au 291”

du 295° au 301'

du 502' au 521"

Ainsi, même lorsqu'on connaît la date du coït fécondant, il n’est point possible de dire que la femme accouchera tant de jours après, à une époque déterminée; c’est cependant un renseignement important qui, dans la majorité des cas, permet de fixer d’une manière assez précise la date de l’accouchement.

Habituellement la femme a eu plusieurs rapports sexuels dans la période intermenstruelle, mais ces rapports n’ont eu lieu qu’à partir d’une certaine époque ou ont cessé à une date quelconque : ce sont là autant de renseignements que l’accoucheur doit noter avec soin. Il est bien évident que. de deux femmes ayant eu leurs règles le 10 janvier, celle qui n’a plus eu de rapport sexuel à partir du 15 janvier a plus de chances d’accoucher plus tôt que celle qui a eu des rapports jusqu’au 1" février.

Il est à peine besoin d’ajouter que ces renseignements ne doivent être acceptés que sous réserve — et qu’il y faut ajouter une confiance proportionnée aux raisons que peut avoir la femme d’induire en erreur le médecin et l’entourage.

DIAGNOSTIC DE L’AGE DE LA GROSSESSE

2® Date de la dernière menstruation. — C’est là un renseignement que donnent la plupart des femmes et qui est très précieux.

Nombre d’observateurs ont dressé des statistiques indiquant le nombre de jours qui s’écoulent entre le dernier jour des règles et la date de l’accouchement; ils ont trouvé que la moyenne des jours écoulés entre la fin des dernières règles et la date de l’accouchement était :

D’après Devilliers, du 270* au 280* jour.

— Reid, du 274* au 280* jour.

— Merrimann, du 274* au 280* jour.

— Murphy, du 281* au 287* jour.

— Gaston, du 267* au 273* jour.

— Auvard, du 27 2* au 282* jour.

En additionnant chacune de ces deux colonnes et en divisant le total par le nombre des observateurs, on trouve que la durée moyenne de la grossesse est de 275 à 280 jours; pour prendre un chiffre moyen, 277 jours.

Aussi pour déterminer la date probable de l’accouchement, il faut compter neuf mois et quelques jours après la fin des dernières règles.

Dans une thèse*, faite sous la direction de Bonnaire, Mme Sarraute-Lourie a trouvé que la grossesse a duré 20 jours de plus chez les femmes s’étant reposées à l’asile Michelet que chez celles qui viennent accoucher directement à Lariboisière. Prenant comme point de départ de la gestation le 15® jour après la fin des dernières règles, elle a trouvé que la durée moyenne était : pour les primipares de 272 jours (asile Michelet) et de 246 (Lariboisière); pour les multipares, de 269 jours (asile Michelet) et de 248 (Lariboisière).

Pour arriver assez rapidement à trouver le terme de la grossesse, Tarnier donne le conseil d’ajouter cinq jours au quantième de la fin des dernières règles et de reculer de trois mois en nommant les mois du calendrier en sens inverse de leur ordre naturel. Ainsi une femme a eu ses dernières règles du 10 au 15 avril; on ajoute cinq jours, ce qui donne le 20 avril; on se reporte de trois mois en arrière, en disant 20 mars, 20 février, 20 janvier : cette dernière date sera celle de l’accouchement.

Différents calendriers ont été établis pour faciliter ces calculs; ils nous paraissent inutiles dans la pratique.

La manière la plus simple de calculer le terme de la grossesse est de déterminer le neuvième mois qui vient après celui où ont eu lieu les dernières règles et d’ajouter 5, 8 ou 10 jours, suivant la règle qu’on adopte. 'Lvec un peu d’habitude on se souvient très bien qu’une femme ayant eu ses dernières règles.

en janvier doit accoucher en octobre, en février — en novembre,

en mars — en décembre, etc.

Sans doute lorsque les règles ont eu lieu à la fin du mois, cette nomenclature n’est plus juste ; mais est-il bien difficile de calculer et de dire qu’une

‘ Le l'influence du repos sur la durée de la gestation. Th. Paris, 1899.

PRÉCIS D'OBSTÉrRIQÜE.

DIAGNOSTIC DE L’AGE DE LA GROSSESSE

temme ayant eu ses règles le 28 janvier, est près de la fin du neuvième mois le 28 octobre et à terme le 28+5, 8 ou 10, c’est-à-dire le 2, 5 ou

7 novembre?

3“ Date de la première perception des mouvements actifs du fœtus. — Généralement c’est à quatre mois et demi que les femmes perçoivent pour la première fois les mouvements actifs; mais il est loin d’en être toujours ainsi ; aussi est-il impossible de se baser sur ce seul renseignement pour fixer le terme de la grossesse.

D’ailleurs, dans la majorité des cas, dans les Maternités, par exemple, les femmes ne se rappellent point la date exacte à laquelle elles ont pour la première fois senti remuer', la plupart du temps elles répondent que c’est à quatre mois et demi, comme si elles connaissaient l’époque de début de leur grossesse.

Toutefois, lorsque la femme indique une date précise, c’est un renseignement qui a sa valeur, surtout s’il concorde avec les autres renseignements fournis par l’interrogatoire ou l’examen.

4“ Examen direct. — Dans tous les cas, en effet, où la femme fournit un ou plusieurs des renseignements dont nous venons d’étudier la valeur, l'accoucbeur, après avoir calculé l’âge de la grossesse, doit contrôler ce diagnostic par un examen attentif de l’utérus.

Dans certains cas, le volume de cet organe n’est pas en rapport avec l’ûge présumé de la grossesse ; s’il est trop considérable, il faut se demander : 1 “ s’il n’y a pas une particularité (bydropisie de l’amnios, grossesse gémellaire, etc.) qui explique comment un utérus gravide de six mois paraît aussi gros qu’un utérus de huit ou neuf mois; ou 2“ si, par exempte, la femme ne se trompe pas sur l’époque de ses dernières règles.

Malheureusement, il est impossible de fixer des points de repère qui permettent de dire que l’utérus contient un produit de conception de 6, 7 ou

8 mois; la mensuration du fond de l’utérus par rapport à la symphyse pubienne ne fournit que des indications discutables, puisque l’utérus peut être anormalement distendu surtout dans ses diamètres transverses.

L’engagement de la partie fœtale ne donne également que des indications peu précises : on admet généralement que cet engagement a lieu au début du septième mois chez les primipares et quinze jours avant l’accouchement chez les multipares ; mais cette règle est soumise à de si nombreuses exceptions qu’il est impossible de se baser sur elle.

En résumé, c’est surtout la dernière apparition des règles qui sert à évaluer le terme de la grossesse; lorsque ce renseignement fait défaut, c’est sur l’examen de l’utérus que l’accoucheur doit compter pour apprécier depuis combien de temps la femme est enceinte ; il se rapproche d’autant plus de la vérité qu’il est plus familiarisé avec la clinique obstétricale.

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