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HISTORIQUE DE L’OPÉRATION CÉSARIENNE

Historique^ — L’opération césarienne a été pratiquée depuis fort longtemps sur la femme morte; chez les Romains, une loi de Numa Pompilius ' défendait d’enterrer une femme en état de grossesse sans avoir au préalable extrait l'enfant par une ouverture faite au bas-ventre. Plusieurs Césars n’auraient vécu que grâce à cette opération : c’est une des explications fournies pour expliquer la dénomination césarienne, à moins qu’il n’er faille tout simplement rechercher l’origine dans le verbe latin cædere (couper).

Cette opération sur la femme morte fut encore prescrite par la loi chr*^tienne, dans le but de baptiser le fœtus sur le point de succomber en même temps que la mère.

Ce n’est que vers le quatorzième ou quinzième siècle que l’opération césarienne fut pratiquée sur la femme vivante. D’après Sacombe, Henri VIH, roi d’Angleterre, aurait le premier fait extraire du ventre de Jeanne Seymour, vivante, Édouard VI, qui a vécu 16 ans et qui ne vit le jour qu’aux dépens de sa mère. D’après Jacquemier, ce serait en 1491 qu’aurait eu lieu la première opération césarienne. Ce qui est certain, c’est que vers 1500 un châtreur de porcs, Nuflér, de Sigershausen (Thurgovie), ouvrit le ventre de sa femme en travail depuis cinq ou six jours et put extraire l’enfant.

Le premier travail sérieux sur ce sujet est celui de Rousset (1581), qui préconise l’opération césarienne et cherche à montrer qu’elle n’est pas nécessairement mortelle; cependant cette opération est rejetée par la plupart des accoucheurs, Ambroise Paré, Guillemeau, Mauriceau, qui la considèrent comme presque fatale.

Une réaction s’opère pendant le dix-huitième siècle et l’opération se généralise un peu grâce aux efforts de ; Auleau (1704), Simon (1761), Delamotte (1765), Levret (1770), Deleurye (1777), Lauverjat (1788); la plupart de ces auteurs discutent sur la direction à donner aux incisions et sur le mode de suture de la paroi abdominale : les uns suivent le conseil de Mauriceau, qui n’admettait l’opération que chez ta femme morte; les autres préconisent des incisions transversales vers le fond de l’utérus (Lauverjat); quelques-uns, avec Levret, font une incision parallèle à la ligne médiane; aucun ne s’occupe de suturer l’utérus.

La création de la symphyséotomie à ta fin du dix-huitième siècle remet en discussion l’opération césarienne que préconisent les adversaires de Sigault; les travaux de l’époque donnent une idée de la lutte si vive qui s’établit entre césariens ou symphyséolomistes. Raudelocque prend rang parmi les premiers et cherche à perfectionner l’opération césarienne en rejetant les inci-. sions latérales pour adopter l’incision sur la ligne médiane; il pratique la suture enchevillée de la paroi abdominale.

Malgré ces perfectionnements, pendant plus des deux tiers du dix-neu- ■vâème siècle, l’opération césarienne donne des résultats si déplorables qu’elle

‘ Voir l’historique dans le travail de E. Blanc sur l’opération césarienne {Arch. de tocologte, 1890). Consulter également les mémoires de Potocki sur l’opération césarienne moderne {Annale» de gynécologie, 1889, t. XXXII, p. 428), et de Berlin sur \' opération césarienne, méthodes et procédés d'exécution, Paris 1889.

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