INFECTIONS OMBILICALES CHEZ LE NOUVEAU-NE
Nombreuses sont les causes d’infection de la plaie ombilicale chez le nouveau-né; sans parler de l’infection existant chez la mère, les pansements négligés du cordon, les bains malpropres, tous les objets septiques qui peuvent être mis en contact avec l’ombilic fœtal pendant le change de l’en fant, etc., sont autant de causes qui peuvent produire de l’infection à ce niveau. Lorsqu’on songe aux difficultés d’assurer une antisepsie même relative de cette région, on est étonné que les accidents n’aient pas été plus fréquents autrefois et qu’ils s’observent même aussi rarement maintenant.
On tend, à l’heure actuelle, à abandonner de plus en plus l’usage des bains chez les nouveau-nés jusqu’à cicatrisation complète de la plaie ombilicale. Dans une thèse*, faite sous l’inspiration de Pinard, G. Bastard a montré que les bains, donnés journellement au nouveau-né, retardent notablement le moment de la chute du cordon : elle a lieu le 5^ jour chez les enfants qui n’ont pas été baignés et seulement le 7® jour chez ceux qui ont été baignés chaque matin. La proportion des petites complications du côté de l’ombilic est plus grande (19 pour 100) chez cette seconde catégorie d’enfants que chez la première (6,5 pour 100).
Cholomogoroff a constaté l’existence de divers microbes pathogènes {staphylocoques, streptocoques, etc.) et saprogènes {bacillus subtilis) ; Cobilovici a trouvé le staphylocoque pyogène blanc et le bacterium coli commune dans des cas où le sillon d’élimination était en apparence normal et où il existait seulement une légère suppuration à ce niveau. En faisant, au contraire, un véritable pansement aseptique avec des compresses stérilisées, le liquide recueilli au niveau du sillon est resté stérile, la momification était seulement retardée : la chute du cordon n’avait lieu que le 8® ou le 9® jour.
La pénétration microbienne se fait par les lymphatiques qui avoisinent le sillon d’élimination (Runge, Baginsky, Achalme) ; plus rarement les lymphatiques sont envahis secondairement à une inflammation des canaux excréteurs des glandes sébacées et sudoripares de la région péri-ombilicale (Escher/ch). Dans les cas où il existe des lésions des vaisseaux sanguins (le plus habituellement lésions artérielles), elles sont consécutives à une propagation par les lymphatiques. Les lésions se succèdent dans l’ordre suivant : lymphangites, cellulites, péri-artérites, péri-phlébites, artérites et phlébites.
Les infections ombilicales présentent différentes formes dont quelquesunes sont devenues bien rares.
A. Érysipèle péri-ombüical. — L’érysipèle péri-ombilical débute par une zone rougeâtre qui envahit peu à peu la paroi abdominale ; la teinte rouge de la peau est moins accusée que dans l’érysipèle de l’adulte, il en est de même du bourrelet qui se trouve à la périphérie de la plaque érysipélateuse. Dans certains cas, le tissu cellulaire sous-cutané s’enflamme et l’érysipèle devient phlegmoneux. Cette forme est plutôt favorable pour le pronostic. Trousseau, Bouchut, etc., avaient constaté la guérison d’érysipèles par formation d’abcès. La bactériologie nous explique ce qu’a constaté depuis longtemps la clinique, car, lorsqu’il y a suppuration, il y a réaction phagocytaire.
* Traitement du cordon ombilical après la naissance. Action des bains. Thèse Paris, 189Ï.