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ICTÈRE DES NOUVEAU-NES

1“ Ictère simple du nouveau-né. — Cet ictère, qui est le plus fréquent, a été étudié par de nombreux auteurs : Baumes, Breschet, Andral, llcrvieux, Porchat, Trousseau, West, Frerichs, Gubler et, plus récemment, par Hayem. Parrot, Charrin, Porak, Budin, Depaul, etc.

Cet ictère est caractérisé par la coloration jaune des téguments, la perte de poids des enfants et la coloration des matières qui persiste normale.

L’urine renferme des masses jaunes, considérées comme formées par des cristaux d’hémaphéine ; elle contient en outre des cristaux d’hématoïdine et d’urate de soude ; elle ne renferme pas d’acides biliaires, contrairement à ce qu’on observe dans l’ictère d’origine biliaire.

Cet ictère s’observe surtout chez les enfants débiles, nés prématurément ou qui ont souffert au cours du travail. 11 semble que la ligature hâtive du cordon en favorise la production.

Il est vraisemblable que cet ictère provient de la destruction trop considérable des globules rouges du fœtus et de l’élimination insuffisante, par les urines et par la bile, du pigment sanguin qui est ainsi mis en liberté. Cet ictère est généralement bénin ; cependant, dans certains cas, il est grave en raison même des conditions de débilité des enfants qui en sont atteints, et parce que probablement, dans un certain nombre de cas, l’élément infectieux joue un certain rôle dans la production de cette complication.

2® L’fcfè?"e peut être A' origine biliaire sans lésions notables du foie; il est caractérisé par la présence de matières colorantes de la bile et par l’absence de coloration des matières fécales.

Les causes en sont multiples. Ce sont : des obstructions congénilales des voies biliaires par oblitération du canal cystique, du canal cholédoque ou même par absence des voies biliaires; parfois l’obstruction des voies biliaires est tardive et secondaire. Il va de soi que le pronostic de ces ictères est grave.

Une dernière cause est la polycholie qu’on observe chez les enfants volumineux, qui tettent en trop grande quantité, d’où exagération des fonctions biliaires. Cet ictère peut persister pendant un certain temps, l’enfant continuant à augmenter de poids. Il suffit de modérer l’alimentation pour que cet ictère disparaisse à la longue (Pinard).

3® Les ictères infectieux ont leur point de départ dans l’intestin du fœtus ou bien au niveau de la plaie ombilicale. La première variété peut revêtir le ‘■aractère épidémique et s’accompagne de diarrhée verdâtre plus ou moins abondante. Dans certains cas, on constate de l’hématurie et une teinte bronzée de la peau, produite par de la stase veineuse et de la cyanose. L’ictère infectieux à point de départ ombilical est habituellement causé par le streptocoque. Les ictères peuvent également être sous la dépendance d’un état général grave.

Il va de soi que le pronostic de ces deux dernières variétés d’ictère est grave et qu’il faut isoler rigoureusement tout enlant présentant ces accidents; c’est la meilleure manière d’éviter ces épidémies dont Charrin a rapporté plusieurs observations. Cette question des ictères infectieux chez le nouveau-né est encore à l’étude au point de vue bactériologique. Bar et

PARALYSIES CHEZ LES NOUVEAU-NES

Rénon ‘ ont observé un enfant né à terme d’une mère syphilitique : il présenta deux jours après la naissance un ictère fébrile qui augmenta et amena la mort le cinquième jour. A l’autopsie, le foie volumineux est sillonné de vaisseaux sanguins dilatés et obstrués par des caillots : l’iin d’eux remplissait la veine ombilicale, atteinte de phlébite. Les cultures faites avec du sang provenant de la veine ombilicale, du lobe gauche du foie, de la rate, du cœur droit, contenaient toutes le proteus vulgaris d’Hauser à l’état de pureté. Au microscope, Bar et Rénon trouvèrent sur le foie des lésions de syphilis et de dégénérescence infectieuse profonde. Les microbes siégeaient en grand nombre dans les espaces interlobulaires. En résumé la syphilis avait été une cause prédisposante à l’infection.

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