C. Comment l'allantoïde arrive à former le placenta
A. Vésicule ombilicale. — La vésicule ombilicale constitue à une certaine époque presque toute la partie extra- embryonnaire de l’œuf; elle est enveloppée par le cœlome externe (fig. 62), c’est-à-dirc
fig. 61. — MV, Membrane vitelline, Ec, Ectoderme. M, Mésoderme. En, Endoderme. Rcê, Repli céphalique. Rca, Repli caudal. E, Embryon. VO, Vésicule ombilicale. Gc, Cœlome externe.
Fig. 62. — MV, Membrane vitelline. Ec, derme. Me, Mésoderme. En, Endoderme.
Somatopleure. Sp, Splanchnopleure. Rce, Repli céphalique. Rca, Repli caudal. Gc, Cœlome e.rleme. E, Embryon. V 0, Vésicule ombilicale.
que ses parois sont formées par le prolongement des splanchnopleures (endoderme recouvert du feuillet interne du mésoderme) : elle est remplie d’un liquide albumino-graisseux qui n’est qu’une transformation du vitellus.
Ce liquide sert à nourrir l’embryon : il est absorbé par un système de vaisseaux sanguins qui se développent dans la paroi interne de la vésicule et en absorbent le contenu à l’aide de l’épithélium qui tapisse la face interne de la vésicule.
L’existence et les fonctions de la vésicule ombilicale sont tout à fait transitoires dans l’espèce humaine : elle est entièrement développée vers la cinquième semaine et mesure alors une dizaine de millimètres. A partir de ce moment elle décroît; son pédicule s’allonge, s’amincit, puis s’oblitère; à partir du quatrième mois la vésicule s’atrophie de plus en plus, et c’est à peine si on en voit la trace soit dans le cordon, soit entre le cordon et l’amnios. Cette vésicule est assez visible jusqu’au troisième mois sous forme d’une
VESICULE OMBILICALE.
lentille blanchâtre, sous l’amnios; dans certains cas on peut même la recon naître sur un placenta à terme.
Chez les ovipares et surtout chez les oiseaux, le rôle de la vésicule ombilicale est bien plus important au point de vue de la nutrition de l’embryon : « elle renferme la masse du jaune, provision nutritive qui suffit au fœtus pour son développement dans l’œuf, et qui sert encore quelque temps après son éclosion, car, dans ce moment encore, cette masse d’aliments n’est pas épuisée; la vésicule existe encore, mais renfermée dans l’intérieur de la cavité abdominale, jusqu’à ce que le jeune poulet soit entièrement nourri » (M. Duval).
Amnios. — L’amnios, qui existe seulement chez les vertébrés supérieurs, est une membrane ovulaire formée aux dépens d’une partie du sac vitellin, c’est-à-dire de ta portion extra-embryonnaire du blastoderme. Par suite de l’incurvation de l’embryon, il se forme près de chacune de ses extrémités une sorte de Plissement du blastoderme, de replis qui surmontent l’embryon, et auxquels on donne le nom de replis amniotiques’, on distingue un repli céphalique ou antérieur (fig. 63, Rce), un repli caudal (fig. 63, Rca) (on n’admet plus l’existence des replis latéraux), qui se continuent directement l’un avec l’autre et qui ne sont que des régions d’un repli annulaire unique environnant l’embryon de toutes parts.
Le repli antérieur se dirige en arrière, et recouvre la tête de l’embryon d’une sorte de gaine [capuchon céphalique) ; de même le repli amniotique postérieur s’étend au-dessus de la queue de l’embryon en formant un capuchon caudal.
Ces replis continuant à s’accroître viennent se rencontrer par leurs bords au-dessus de l’embryon (fig. 64) et se soudent l’un à l’autre (suture amniotique); pendant quelque temps la fusion fait défaut en un point où il persiste un petit orifice [ombilic amniotique) (fig. 65). Lorsque cet orifice est fermé, par suite de la fusion des deux replis amniotiques, il y a tout autour de l’embryon une sorte de sac qui circonscrit une CAVITÉ dans laquelle va s’accumuler un liquide qui sera le liquide amniotique.
Les deux replis amniotiques ne sont pas au début constitués de îa même manière : le repli céphalique, le premier en date, se forme à une époque où le blastoderme ne comprend encore que deux feuillets (ectoblaste et endoblaste), de telle sorte qu’il ne comprend lui-même que ces deux feuillets : c’est ïamnios céphalique (Selenka) on proamnios (Van Beneden ' et Joulin).
Le proamnios ne tarde pas à être envahi par le mésoderme, de telle sorte qu’au moment où la fusion des deux replis s’opère ils sont tous deux constitués de la même manière par la somatopleure, c’est-à-dire par l’ectoblaste tapissé du feuillet externe du mésoblaste.
Le repli caudal se constitue au contraire à une époque, et dans une région où non seulement le mésoderme existe, mais où il s’est déjà dédoublé; il est formé seulement par la somatopleure, tandis que la splanchnopleure