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TROMPES DE FALLOPE OU OVIDUCTES

Les trompes utérines, ou trompes de Fallope, ou oviductes, sont les conduits excréteurs des ovaires.

Ils servent à recueillir l'ovule excrété par l'ovaire et à le conduire dans l'utérus. D'autre part c'est dans leur intérieur qu'arrivent les spermatozoïdes venus du vagin, après avoir traversé l'utérus et se dirigeant vers l'ovaire.

On admet que c'est dans le tiers externe des trompes que se fait la rencontre de ces deux éléments; l'ovule fécondé continue sa descente vers l'utérus à moins qu'un obstacle ne l'immobilise dans la trompe et ne soit la cause d'une grossesse tubaire (voir Grossesse extra-utérine).

Situation. — Situées sur les côtés de l'utérus (fig. 12, T), avec lequel elles se continuent, elles sont logées dans l'aileron moyen du ligament large; malgré cela, la trompe n'est pas située en avant de l'ovaire, mais plutôt en arrière de lui. En effet, l'aileron moyen (méso-salpinx), long dans sa partie externe, donne à la trompe une grande mobilité. Le méso-salpinx, rabattu avec la trompe, forme un pli à angle aigu qui masque l'ovaire (P. Delbet).

Direction. — Elles s'étendent à peu près horizontalement de dedans en dehors, des cornes de l'utérus vers les parties latérales du bassin, d'abord rectilignes dans une étendue de 2 à 5 centimètres, puis flexueuses et dans leur moitié externe se recourbant en arrière de façon à décrire un arc à concavité postérieure.

Dimensions. — Les trompes mesurent environ 12 centimètres de longueur.

Leur diamètre augmente progressivement à partir de leur implantation utérine.

11 est de 4 millimètres près de l'utérus, de 5 à 6 vers leur partie moyenne, de 7 à 8 au niveau de leur extrémité externe (Sappey).

La forme des oviductes les a fait comparer par Fallope à une trompe de chasse. On leur considère trois segments : un interne ou isthme; un moyen, corps ou ampoule; un externe ou pavillon.

L'isthme, rectiligne, en rapport avec la corne utérine, est long de 5 centimètres environ. Cette portion de la trompe est dure, inextensible. Elle offre un calibre de 1 millimètre seulement.

Le segment moyen à parois minces, extensibles, est sinueux.

Le pavillon (fig. 12, Pa), portion de la trompe élargie en forme d'entonnoir, représente an orifice dont les bords sont découpés en 12 à 15 franges de longueur variable et dont l'une plus longue et creusée en gouttière (LT 0) relie le pavillon de la trompe à l'ovaire (vnv. p. 7, fig. 5 et I 2).

Les plus volumineuses de ces franges sont elles-mêmes dentelées el comme festonnées sur leurs bords.

Le pavillon ou morceau frangé a été assez, justement comparé à la corolle d'une fleur.

Fig. 12. — Face postérieure de L'utérus et des annexes du côté droit.

Uf, Fond de l'utérus. Uc, Corps de l'utérus. L L, Ligaments larges. LR, Ligaments ronds. T, Trompe. l'a, Pavillon de la trompe. 0, Ovaire. LUO, Ligament utéro-ovarien. LTO, Ligament tubo-ovarien. Y UO, Vaisseaux ulèro-ovariens.

Calibre. — Le calibre de la trompe va en se rétrécissant du pavillon vers le segment utérin. L'orifice qu'entourent les franges du pavillon (ostiinii abdominale) circulaire, admst facilement une grosse plume d'oie: il est en outre très dilatable.

Dans sa partie externe la trompe admet l'extrémité d'une sonde de moyen volume, tandis que dans sa partie interne elle ne laisse passer qu'une soie de sanglier.

Enfin, dans la portion de ce conduit qui est creusée dans l'épaisseur de la corne utérine, le calibre devient capillaire et c'est à peine si l'on voit à l'œil nu l'orifice utérin (ostimn uterinum).

Ainsi le conduit tubo-utérin communique au niveau du pavillon avec

la cavité péritonéale. Un liquide accumulé dans la trompe peut donc se déverser dans le péritoine.

Si Ton l'end une trompe dans toute sa longueur et qu'on plonge cette préparation dans l'eau, on voit que son corps présente de nombreux plis (fig. 5, p. 6) longitudinaux, surtout marqués dans sa moitié externe et si rapprochés qu'ils se touchent pas leur bord libre. Le canal tubairc est par eux transformé en une série de petites rigoles capillaires plus ou moins parallèles, disposition qui joue probablement un rôle dans la progression des spermatozoïdes.

Structure. — La trompe est formée par trois tuniques : séreuse, musculaire, muqueuse.

Le péritoine adhère lâchement à la tunique musculaire. 11 se termine brusquement au niveau du bord libre du pavillon.

La couche musculeuse ou moyenne comprend deux couches de fibres : la plus externe, formée de fibres dont la direction prédominante est longitudinale; l'interne, dans laquelle les fibres circulaires sont plus abondantes.

La muqueuse se continue en dedans avec la muqueuse de l'utérus, en dehors avec le péritoine au niveau des franges du pavillon. Elle seule forme les plis longitudinaux dont nous avons déjà parlé. On n'y trouve ni papilles ni glandes. La muqueuse est recouverte d'un épithélium cylindrique à cils vibratilcs dont les mouvements sont dirigés du pavillon vers l'utérus.

\ aisseaux et nerfs. — Les artères viennent de l'artère ovarique. Elles pénètrent entre les deux feuillets du ligament large et abordent la trompe par son bord inférieur. Très volumineuses dans la couche musculaire, elles y prennent une disposition hélicine.

Les veines, très abondantes, forment sur son bord inférieur des arcades anastomotiques et se rendent clans les veines utéro-ovariennes.

Les lymphatiques forment un réseau plus superficiel, situé sous la séreuse et se rendent comme ceux de l'ovaire et de l'utérus dans les ganglions lombaires.

Le plexus hypogastrique fournit les nerfs dont la distribution finale n'est pas encore bien connue.

Développement. — Les trompes se développent aux dépens du segment supérieur des tubes de Mùller, dont la partie inférieure formera l'utérus et le vagin. Chez l'embryon, les trompes sont relativement plus développées que l'utérus. Vers le septième mois de la vie intra-utérine, elles sont liés tlexucuses.

Anomalies et vices de conformation. — Les trompes peuvent man-

([lier ou n'exister qu'à Trial rudimentaire, et d'ordinaire un étal analogue existe du côté de l'utérus. Une seule trompe coexiste souvent avec un utérus unicorne. Elles peuvent être oblitérées soit dans toute leur étendue, soit sur un ou plusieurs points.

Richard1 a décrit une anomalie intéressante et d'après lui fréquente. Chez une femme sur six, on trouverait des pavillons accessoires. Il existe de un à trois orilices ornés de franges et situés au voisinage du pavillon principal. Cette anomalie serait plus rare d'après Sappey, qui ne l'a rencontrée qu'une fois sur seize femmes.

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