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CHAPITRE IV

DIAGNOSTIC DE L'AGE DE LA GROSSESSE

Avant d'exposer ce diagnostic, il faut indiquer la durée habituelle de lu grossesse et préciser les données sur lesquelles on se base pour fixer le terme de la grossesse, c'est-à-dire l'époque probable à laquelle la femme accouchera à terme.

Durée de la grossesse. — ■ Il n'est point facile de connaître la durée moyenne d'une grossesse normale, c'est-à-dire le temps qui s'écoule depuis la fécondation jusqu'à l'accouchement; alors même en effet qu'on sait la date du coït fécondant, il est impossible de préciser le moment où s'est faite la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde, c'est-à-dire le début réel de la grossesse.

Deux opinions sont actuellement en présence au sujet de l'époque habituelle i de la conception : les uns pensent que l'ovule est fécondé pendant les dix ou i douze jours qui suivent les règles ; d'autres admettent que l'ovule fécondé est i celui qui est expulsé avant les règles qui manquent. Ainsi une femme a ses < dernières règles qui finissent le 10 janvier : d'après les premiers, elle a : surtout chance d'être fécondée du 10 au 20 ou 22 janvier; pour les autres, i c'est surtout du 25 janvier au 8 ou 10 février que l'ovule mis en liberté | peut être fécondé.

On conçoit que, suivant l'opinion qu'on admet, l'évaluation de la durée de I la grossesse diffère ; d'après une statistique de Stadfeldt, elle serait dans la I première hypothèse en moyenne de 254 jours, dans la seconde de 280 jours.

Nous avons vu qu'en réalité il n'y a point de période pendant laquelle I la femme ne puisse être fécondée ; aussi la plupart des auteurs prennentiils comme date du début de la grossesse, le milieu de la période internienstruelle. La durée moyenne est de 270 jours.

Il nous semble qu'il faut tenir un certain compte des prédispositions individuelles : certaines femmes accouchent en effet neuf mois et environ <l ix jours après la dernière apparition des règles; d'autres, moins nombreuses, accouchent seulement quelques jours (5, 6, 8 ou 10) avant le commencement du dixième mois qui suit la date à laquelle les règles ont manqué. Pour reprendre l'exemple précédent, de deux femmes qui ont eu leurs dernières règles le 10 janvier, l'une accouchera le 20 ou 22 octobre, ■ tre accouchera seulement dans la première huitaine de novembre. I va de soi que toutes ces notions ne s'appliquent qu'à la grossesse nor-

malc : lorsqu'il existe une complication capable de provoquer l'expulsion prématurée de l'œuf, celle-ci peut avoir lieu à tout moment de la grossesse.

Des causes qui peuvent influer sur la durée de la grossesse. — Certaines causes ont été signalées comme ayant une influence sur la durée de la grossesse ; voyons ce qu'il en est réellement :

a. Durée des règles. — Schrœder avait cru remarquer que chez les femmes qui ont de longues époques menstruelles la grossesse dure plus longtemps : ces deux faits résulteraient de ce que chez ces femmes les nerfs de l'utérus et de l'ovaire seraient faiblement excitable-. Les recherches de Pinard, de Gaston, d'Auvard n'ont point confirmé ces idées.

b. État de primiparité ou de multiparité. — Cette influence est diversement interprétée par les auteurs ; Spiegelberg, par exemple, croit que la grossesse a une durée un peu plus longue chez les primipares que chez les multipares. Pinard, Gaston soutiennent l'opinion inverse et rappellent quel les éleveurs admettent le prolongement de la grossesse chez les multipares.

Simpson, Auvard pensent qu'il n'y a pas de différence entre la durée de la grossesse chez les unes ou les autres.

c. Influences héréditaires. Vâge des parents ne semble avoir aucune influence sur la durée de la grossesse (Pinard, Gaston), à la condition qu'ils soient tous deux bien portants.

En revanche il semble que dans certaines familles ou chez certaine! femmes la grossesse soit écourtée ou se prolonge au contraire un peu au delà du terme normal. C'est ainsi que De La Motte a rapporté l'observation d'une dame accouchant régulièrement à sept mois d'enfants viables et bien constitués, et, ajout'e-t-il « afin de ne rien laisser en doute de cette histoire, c"esl que les filles de celte dame accouchent de même à sept mois.

Pinard a de même observé « une dame grosse de sept mois et dont la mère affirma avoir eu quatre grossesses toutes terminées à sept mois, et les quatre enfants s'élevèrent parfaitement. »

Par contre Retzius (de Stockholm) a rapporté le fait d'une mère et de ses deux filles dont chaque grossesse se prolongeait beaucoup'.

â. Sexe du fœtus. — 11 est généralement admis parmi les éleveurs que lorsque les vaches dépassent la période normale, elles donnent plus fréquemment naissance à un mâlê qu'à une femelle. Les statistiques faites I cet égard aussi bien dans l'espèce humaine que dans les espèces animales sont cependant contradictoires.

11 est un certain nombre de causes qui entraînent l'accouchement uvant terme- Pinard a bien fait ressortir à cet égard l'influence de l'insertion dj placenta sur le segment inférieur. Nous étudierons différentes causes à la Pathologie de la grossesse.

DIAGNOSTIC DE L'AGE DE LA GROSSESSE

Grossesse prolongée. — Existe-t-il une grossesse prolongée, c'est-à-dire une grossesse dont le terme dépasse les limites normales? Tarnier ne la croit possible que « dans les cas de grossesse extra-utérine,, de rétention du fœtus mort dans la cavité utérine ou d'obstacle siégeant au niveau du col et empêchant l'accouchement. » Stoltz, Millier n'admettent la prolon nation tle la grossesse que dans les cas de gestation extra-utérine; Pinard s'est en grande partie rallié à cet avis.

Terme de la grossesse. — Ce qui importe d'ailleurs à l'accoucheur au point de vue pratique, ce n'est point tant de connaître d'une manière générale le nombre de jours que dure habituellement une grossesse, mais de déterminer chez une femme l'époque probable à laquelle elle accouchera, c'est-à-dire le terme de la grossesse.

Pour cette évaluation, l'accoucheur se base sur certains renseignements fournis par la femme relativement : 1° à la date du coït fécondant ; 2° à l'époque d'apparition ou de cessation des dernières règles; 5° à la date de perception des premiers mouvements actifs du fœtus ; 4° et enfin sur les constatations qu'il a pu faire dans les examens pratiqués au cours de la grossesse.

1° Date du coït fécondant. — 11 est inutile de dire que chez la femme i ce renseignement' fait habituellement défaut; dans quelques cas cependant la femme ayant eu ses règles comme à l'ordinaire, n'a plus ensuite qu'un : seul rapport sexuel.

Différents observateurs ont établi des statistiques sur les cas ainsi observés ; voici les chiffres moyens indiquant le nombre de jours au bout, desquels l'accouchement a eu lieu : 277 jours (Reid) ; 272,5 jours (Rawn) ; 271,4 jours (Stadfeldt); 271,44 jours (Schrœder); 270 (Schwœgel); 269 jours (Wallichs); 268 (Depaul).

Pinard a ainsi réuni « 60 cas où il n'y aurait eu qu'un seul coït, ces cas étant relatifs soit à des filles n'ayant eu qu'un seul rapprochement, soit à i des femmes mariées dont les maris étaient absents depuis longtemps avant le dernier rapprochement; la moyenne a été de 262 jours. »

Le tableau suivant indique, d'après Reid, le nombre de jours écoulés entre le coït fécondant et l'accouchement.

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