OPÉRATIONS SUR L'APPAREIL AUDITIF
paiement en arrière du manche du marteau. Duplay conseille une aiguille à cataracte ordinaire, ou mieux, une aiguille faite sur le même modèle, mais un peu plus longue. L'aiguille étant plongée à quelques millimètres de profondeur, on la tourne légèrement sur son axe, de manière à écarter les lèvres de l'ouverture. Si l'on veut obtenir une ouverture permanente, il est bon de faire une incision de 2 à 4 millimètres, en arrière du manche du marteau et parallèlement à cet osselet ; on excise ensuite un lambeau de la membrane.
Tillaux ponctionne le tympan au-dessous de l'ombilic avec une petite lame triangulaire de 4 millimètres de saillie. Deux petits prolongements mousses dont sa base est munie en limitent la pénétration.
Paquet, dans la myringodectomie, forme un lambeau triangulaire, à base supérieure adhérente, passant à peu près au niveau d'une ligne horizontale menée par l'apophyse externe du marteau, et à sommet inférieur libre, situé au pôle inférieur de la membrane tympanique. Ce lambeau est limité par deux incisions, l'une antérieure, l'autre postérieure. L'incision antérieure se pratique dans le segment antérieur de la membrane; elle commence à 2 millimètres environ en avant de l'apoph^^se externe du marteau et permet de sectionner le tendon du muscle tenseur du tympan. L'incision postérieure commence à 2 millimètres en arrière de l'apophyse externe du marteau, au-dessous du repli postérieur de Trœltsch, par conséquent au-dessous de la corde du tympan que l'on ne risque guère de blesser ; après avoir marché parallèlement au bord postérieur du manche du marteau, cette incision postérieure se dirige en bas et en avant, pour se terminer au point final de l'incision antérieure, c'est-à-dire au pôle inférieur de la membrane tympanique. On peut facilement exciser une portion du lambeau et réséquer une partie du manche du marteau.
Wreden, Miot, etc., ont également décrit des procédés de myringodectomie, mais d'une exécution moins facile.
OPERATIONS SUR L'ArPARKII, ALDITIF (3I7
B. — CATHlirKRIS.M 1: DE LA T R l> M 1' !•; 1j ' K U S 1 A C II L
Pour pratiquer cette opération, on se sert d'une sonde métallique, de 15 à 16 centimètres de longueur, un peu évasée
FiG. 233. — Sonde criTARn.
et pourvue d'un anneau à son extrémité externe. La partie terminale de la sonde, légèrement recourbée, présente un diamètre de 2 à 3 millimètres.
La trompe d'Eustacho, s'ouvre, d'un côté, dans la caisse dutympan: de l'autre, dans le pharynx. Sa direction générale est oblique en bas, en dedans et en avant, de la cavité tympanique à la paroi pharyngienne, sur laquelle elle aboutit à une ouverture fibro-cartilagineuse, longue de 7 à 9 niilliraètres, et large de5 à 7 environ. Cet orifice est situé à quelques millimètres en arrière, et, sur le prolongement du méat inférieur des fosses nasales, il est tapissé par la muqueuse pharyngienne.
Opération. — Le malade est assis, en bon jour, la tête appuyée contre le dossier du siège ou contre la poitrine d'un aide. L'opérateur prend de la main droite la sonde légèrement huilée, et l'introduit dans la fosse nasale du côté malade, le bec reposant sur le plancher nasal, la convexité dirigée en haut, et le pavillon légèrement incliné en bas. Il pousse doucement l'instrument d'avant en arrière, relevant peu à peu le pavillon jusqu'à l'horizontale. Quand le bec de la sonde arrive sur le voile du palais, l'opérateur en est immédiatement averti par un défaut de résistance ainsi que par un brusque mouvement de déglutition du malade. Il imprime alors à l'instrument un mouvement de rotation, qui porte son bec en haut et en dehors, et rapprochant le pavillon de la cloison nasale, il fait pénétrer la sonde dans l'orifice de la trompe.
Si le bec de la sonde est poussé trop en arrière, au lieu d'entrer dans l'orifice du conduit, il tombe dans la fossette