II. — DÉGAGEMENT Dli L"0S
Dans la méthode ancienne, ce dégagement se fait avec le bistouri, et les tendons, les ligaments, sont divisés à leurs insertions. Il en résulte que les tendons, entraînés par la rétraction musculaire, s'éloignent toujours plus ou moins de leur situation normale et ne peuvent que prendre attache sur le bout des os sectionnés ou sur la cicatrice, dans les cas les plus heureux. De là le peu de rétablissement des fonctions, résultat de la lésion des nerfs, des muscles, des gaines tendineuses, etc.
Aujourd'hui, le décollement du périoste met à l'abri de ces accidents. Aucun danger de léser les vaisseaux, les nerfs, les tendons et leurs gaines, si la riigine est constamment maintenue sur les os. Il faut procéder à petits coups, ne pas se hâter, rester toujours en contact avec
l'os, l'entamer au besoin, mais conserver intacte la gaine périostique ou périostéo-capsulaire, moule naturel pour la restauration.
Les rugines droites ou courbes, le détache-tendon, la sonde -rugine, sont employés suivant les régions, ce dernier instrument pour contourner la face profonde des os. Ce détachement du périoste n'est pas toujours chose facile et exige de l'habitude. Aisé chez les enfants et dans le cas d'affections chroniques, il offre beaucoup de difficultés chez les adultes, plus encore chez les vieillards et surtout
FiG. 132. — Manœuvre de la rugine.
pour des os sains. Il faut donc s'y exercer beaucoup à l'amphithéâtre. Remarquons qu'il n'est possible de conserver la continuité de la gaine périostique, à ses extrémités, qu'en dénudant les os un peu plus haut que le point de section.
« Avec les rugines courbes; la gaine périostique incisée et laissée adhérente aux parties molles, on les repousse en dehors ou en dedans, avec l'extrémité de l'instrument, qu'on appuie contre l'os. Cette précaution a pour but de décoller le périoste en le repoussant, et de ne pas le disséquer avec le tranchant de l'instrument. La rugine ne quitte pas l'os, et pour conserver au périoste l'intégrité de sa couche ostéogène, il faut, lorsque le décollement n'est pas facile, enlever quelques parcelles d'os plutôt que de sacrifier du périoste. Mais ce qu'on enlève d'os est imperceptible...
« On fait aller la rugine, ou contre soi, ou devant soi, sçlon la lèvre de la plaie périostique qu'on détache.
UKGLES GENERALES DES RESECTIONS 381
« Lorsqu'il s'agit de détacher les ligaments ou les tendons, nous nous servons de rugincs entièrement droites. On les emploie comme des leviers [lour soulever tendons et ligaments par de petits mouvements de va-et-vient. On a ainsi une grande force, et cette manœuvre s'exécute avec facilité, pour peu qu'on se soit exercé. Dans les cas où ces parties fibreuses sont très adhérentes, la ruginc tranchante peut empiéter sur l'os et en faire sauter une mince couche, ou bien, si l'os est dur, séparer le tendon juste au niveau de son implantation, en ménageant sa continuité avec le périoste voisin.
« Les rugines courbes et demi-tranchantes servent à dénuder le pouilour, les diaphyses et la surface des os plats. Quand on s'en sert dans les régions profondes, la précaution essentielle, c'est de ne jamais quitter l'os en poussant devant soi. Pour les parties tendineuses ou ligamenteuses difficilement accessibles par leur profondeur, reprendre la rugine droite qui se manie plus commodément.
« La sonde-rugine sert pour détacher le périoste, pour conduire la scie et protéger le périoste, dans les mouvements de section de l'os. » (Ollier).