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OPERATIONS DU DECOLLEMENT RÉTINIEN

dans les cas où cette déchirure rétinienne s'était spontanément produite, le décollement avait une certaine tendance à rester stationnaire et même à rétrograder parfois. Mais ayant acquis la conviction que toute opération qui, en franchissant la rétine, tend encore à désorganiser le corps vitré, doit être bannie de la thérapeutique chirurgicale du décollement, on revint à la simple ponction scléroticale, combinée alors avec l'écoulement du liquide sous-rétinien, ainsi que de Wecker la pratiqua.

La tentative d'obtenir un écoulement permanent du liquide sous-rétinien, au fur et à mesuré de sa production, était certes absolument rationnelle ; la difficulté était de trouver un moyen propre à assurer la filtration, et cela d'une façon qui fût tolérée par l'œil. Nous reviendrons plus loin sur le drainage oculaire imaginé par de Wecker.

Dans le même ordre d'idées doivent être placés les essais que nous fîmes, avec notre maître, pour établir une fistule scléroticale temporaire, en pratiquant dans la sclérotique, au-dessous du décollement, une perte de substance très circonscrite à l'aide d'un fil de platine porté au rouge par la pile1. La cautérisation ainsi pra tiquée devait, en outre, avoir pour effet de déterminer, après écoulement du liquide sous-rétinien, un foyer de rétino-choroïdite propre à retenir la rétine dans son emplacement normal. Ces ponctions galvaniques qui,

1 L. de Wecker et J. Masselon. Emploi de la galvano-caustique (galvano-puncture) en chirurgie oculaire. {Annal, cïoculistique, t. LXXXVII, p. 39).

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dans des cas récents, sont susceptibles de fournir des résultats favorables, donneront toujours, dans les décollements anciens, la crainte que l'écoulement ne devienne trop abondant et n'entraîne un état de phtisie plus ou moins accusé, bien que nous n'ayons pas observé semblable terminaison.

Quelques-uns de nos malades ayant obtenu une amé lioration sensible, à la suite de tentatives infructueuses de ponction avec un fil de platine insuffisamment chauffé par une pile épuisée, la ponction galvanique fut abandonnée et remplacée d'une façon régulière par une application de pointes de feu exécutées sur la sclérotique avec l'anse de platine. L'épanchement sous -rétinien est ainsi traité à la manière des collections qui se forment dans les séreuses. Ces cautérisations galvaniques, toujours innocentes, qui peuvent être répétées un certain nombre de fois, à un intervalle de huit à dix jours, donnent habituellement une amélioration notable, et dans un certain nombre de cas une guérison complète.

Nous donnerons maintenant la description de ces divers procédés opératoires.

1° PONCTION DU DÉCOLLEMENT AVEC LE SCLÉROTOME

Voici comment de Wecker exécute cette opération, pour laquelle il se sert d'un petit couteau (sclérotome) dont la pointe représente une lance 1 :

Ce sclérotome doit être court et très étroit, d'une largeur de 1 millimètre à 1 millimètre et demi (fig. 58).

i De Wecker. Chirurgie oculaire, p. 229.

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Il est très important de bien déterminer tout d'abord le point où doit être faite la ponction, en se renseignant par un examen préalable du champ visuel, contrôlé par l'ophtalmoscope. Si le décollement, encore récent, siégeait dans la région supérieure de l'œil, il serait préférable d'attendre qu'il eût gagné les parties déclives. En outre, afin que l'accotement de la rétine se produise

Fig. 58. — Sclérotome de de Wecker.

surtout vers le pôle postérieur de l'œil, on devra faire la ponction dans un point aussi reculé que possible, au voisinage de l'équateur, en choisissant, si faire se peut, l'espace compris entre les droits externe et inférieur.

Après avoir placé un petit écarteur externe, on engage le malade à regarder autant que possible en haut. On saisit alors avec la pince à fixation la conjonctive, et le tissu sous-conjonctival près du bord inférieur de la cornée, et on attire le globe oculaire en haut et en dedans, en accusant ce mouvement le plus que l'on peut. Lorsqu'on a attendu un moment pour que la pression exercée par le malade, et qui a pour effet de faire bomber le cul-de-sac, ait cessé, on choisit le point de ponction dans un endroit où l'on ne voit pas de vaisseaux conjonctivaux et épiscléraux. Le sclérotome étant dirigé dans le sens du méridien, on fait pénétrer cet instrument dans l'œil à une profondeur de 5 à 6 millimètres. Après avoir imprimé un quart de rotation au sclérotome, on laisse écouler avec la plus grande lenteur le liquide sous la

- Masselon» Ophtalmologie. 16

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conjonctive., et lorsqu'on présume que le bourrelet conjonctival correspond à peu près par son volume à la quantité de liquide dont on a constaté l'épanchement sous la rétine, on retire progressivement le sclérotome. L'opération peut être simplifiée en faisant usage

du sclérotome creux de de Wecker (fig. 59), à travers fig. 59. sclérotome creux de lequel s'échappe le liquide

de Wecker. ^ ... , .

sous -rétinien, sans qu il soit nécessaire de communiquer aucun mouvement à l'instrument.

Le malade devra rester couché huit à dix jours, pendant lesquels il portera le bandeau compressif. Un traitement médical sera simultanément institué, et consistera en frictions mercurielles, injections sous-cutanées de sublimé et de pilocarpine.

Ces ponctions, dans lesquelles on évite de toucher à la rétine, et qui peuvent être répétées, donneront un résultat d'autant plus favorable que le décollement sera plus récent ; dans des cas de décollements anciens qui commencent à progresser d'une façon sensible, la ponction peut réussir à les rendre de nouveau stationnaires.

Les simples ponctions dans le décollement, faites avec un couteau étroit de de Graefe, furent déjà décrites par de Wecker en 1870 1 ; plus tard Alf. Graefe les reprit sur une assez vaste échelle. Tout récemment Wolfe (de Glascow) indique l'incision de la sclérotique comme une chose absolument nouvelle, probablement parce qu'il l'a fait précéder d'un dégagement préalable, mais absolument inutile, de la conjonctive.

4 De Wecker. Traité des maladies du fond de Vœil. Paris, 1870.

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