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VI. — Épithélioma

Parmi les tumeurs malignes de la conjonctive, nous citerons d'abord l'épithélioma. A part les cas de cancroïde des paupières, où le néoplasme atteint consécutivement la conjonctive du bulbe, on peut voir, dans des

cas exceptionnels, le mal débuter sur la muqueuse bulbaire et se présenter tout d'abord sous la forme d'un petit bouton, situé plus ou moins près du bord de la cornée et recouvert par la conjonctive vascularisée. A une période plus avancée, on constate une petite tumeur rougeâtre, bosselée, dont la surface offrant un aspect papillaire est parfois excoriée et sécrète à peine un peu de liquide purulent. Plus tard, il se forme une ulcération à bords irréguliers qui persiste parfois longtemps sans faire de grands progrès, mais qui peut aussi atteindre promptement la cornée et déterminer une perforation avec destruction du globe oculaire.

Il est important de pratiquer l'ablation de ces tumeurs le plus tôt possible. Lorsque l'épithélioma a atteint, au voisinage de la cornée, le tissu sous-conjonctival très dense qui attache la muqueuse à la sclérotique, ou a déjà envahi la cornée, l'opération, qui doit être pratiquée dans les parties saines à l'aide d'un couteau à cataracte, devient très délicate.' Pour dégager la conjonctive saine et la suturer au devant de la perte de substance, on veillera à ce que les instruments employés soient d'une propreté absolue, afin de ne pas transporter le mal dans des parties encore indemnes. Dans le cas où une récidive se sera produite, si l'épithélioma occupe une grande étendue, on ne devra pas hésiter à sacrifier l'œil.

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