‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 28 sur 72 · JD E LA SENSIBILITÉ MORALE · texte numérisé non relu

JD E LA SENSIBILITÉ MORALE

§ Ie«\ — Explication de ce mot.

Tous les plaisirs et toutes les peines qui ne se locali» sent pas dans un organe font partie de ce que nous appelons la sensibilité morale .

On leur donne, dans la langue vulgaire, le nom de sentimens. Quelquefois le mot de sentiment s’emploie comme synonyme d’avis ou d’opinion; mais l’expression est alors métaphorique et désigne une croyance vague , peu arrêtée , par opposition à la clarté d’une perception matérielle, ou d’une certitude quelconque. D’autres fois on exprime encore par ce terme la faculté d’avoir des sensations ; telle est l’acception qu’il présente dans cette phrase : un corps privé de sentiment.

Par tous ces exemples on voit que le mot de sentiment est opposé à celui de sensation , et qu’il n’exprime rien qui se localise dans les organes.

Aussi Girard , dans ses Synonymes français , nous paraît-il avoir très -bien représenté la nuance des trois mots sensation , sentiment, perception. La sensation, dit-il, s’arrête dans les organes; le sentiment va au cœur; la perception s’adresse à l’esprit.

§ II. — Plaisirs et peines de la sensibilité morale.

Bien que les plaisirs et peines de la vue et de l’ouïe doivent se rapporter aux organes de ces deux sens, cepen-

CH. Il, SENSIBILITÉ MORALE. Il3

dant, comme nous l’avons dit, il faut que la peine soit extrêmement vive et devienne douleur pour qu’elle se localise, soit dans l’œil, soit dans l’oreille. Dans la plupart des cas les peines et plaisirs de la vue et de l’ouïe ne nous avertissent point de la partie de notre corps qui nous les transmet, et ces phénomènes font partie des sentimens ou de la sensibilité morale .

Sentiment filial.

Sentiment social.

Sentiment de la propriété.

Plaisir de céder aux instincts physiques, tels que l instinct d’imitation, de danse, de chant, etc...

Peine de ne point les satisfaire.

Sentiment agréable de notre supériorité.

Seulement désagréable de notre infériorité.

Plaisir de notre liberté; déplaisir de la gêne.

Plaisir de notre conservation ; déplaisir de notre destruction.

Sentiment d’un sexe pour l’autre. ’

Sentiment paternel.

Plaisirs et peines de la répétition et du changement.

Plaisirs ou peines que nous causent les objets associés à ceux qui nous plaisent ou déplaisent par eux-mêmes. Ges plaisirs ou peines forment, avec l’enchaînement de nos conceptions, ce qu’on appelle l’association des idées, etc...

Tous ces sentimens impliquent l’exercice de la perception matérielle ; les suïvans présupposent l’exercice de la raison intuitive :

Sentiment causé par le spectacle de la moralité ou de l’immoralité.

Sentiment causé par notre propre moralité et immoralité, ou satisfaction morale et remords.

Sentiment de la louange et du blâme.

Sentiment causé par l’idée de beauté, d’infini*, de Dieu , etc...

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