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DÉCOMPOSITION DE LA PENSÉE

La pensée ou l’intelligence, car ces deux mots seront pour nous synonymes, se divise en : connaître, croire , se souvenir. Connaissance , croyance , mémoire.

Le connaître contient les subdivisions suivantes :

i°. Connaître le moi, ses états et ses opérations, conscience , perception interne , ou sens intime.

2°. Connaître le non-moi matériel. Perception externe matérielle, ou sens extérieurs physiques.

3°. Connaître le non-moi immatériel. Raison intuitive, perception externe immatérielle, ou sens extérieurs métaphysiques.

Le croire embrasse^ :

i°. Croire à la stabilité et à la généralité des phénomè-

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nés connus par 1 observation, soit interne, soit externe. Induction.

2°, Croire à une autorité étrangère. Foi.

La mémoire comprend les deux faits suivans :

i°. Reconnaître qu’un phénomène actuellement soumis à notre expérience, soit interne , soit externe, nous à déjà été connu. Reconnaissance.

2°. Concevoir ou se représenter un phénomène qui n’est pas actuellement soumis à notre expérience, et recon naître qu’il nous a déjà été connu : conception et reconnaissance. Quand la conception seule a lieu, le fait de mémoire n’est pas complet.

L'esprit n’acquiert pas ses connaissances une à une, ni toutes à la fois, mais, pour ainsi dire, par groupes. En percevant les phénomènes, soit du monde interne, soit du monde externe, il perçoit en même temps des rapports entre ces phénomènes. Il y a donc perception de rapport ou jugement , dès le début de l’intelligence. Ces jugemens rapprochent ou séparent les objets de la connaissance; ce sont donc des compositions et des décompositions ; viennent ensuite de secondes compositions et décompositions qui prennent, suivant le cas, les noms àe complication, union , classification , abstraction , division , distinction.

Intérieurement , l’esprit pousse plus loin ces compositions et décompositions ; il saisit des rapports qui s’enchaînent l’un à l’autre, c’est ce qu’on appelle raisonner. Mais dans tout ce travail ultérieur l’esprit ne fait toujours que CONNAÎTRE, CROIRE, et SE SOUVENIR.

Un instinct, qu’on peut appeler intellectuel, nous porte à joindre à nos idées des gestes et des articulations , comme signes de nos pensées. Après l’analyse de la penser , arrive l’analyse du langage , qui en est la traduction.

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