TANT ANCIENS QUE MODERNES
ARIOSTE (Louis), mort en i533. L’un des plus célèbres poêles de l’Italie, admirable surtout parla richesse de son imagination, la variété et l’élégance de son style. Son poème de Roland furieux admet tous les tons; il passe avec une admirable fécondité du sublime au pathétique, et du grave il descend au grotesque. Cet ouvrage est une des preuves les plus convaincantes de l’impuissance des règles et des préceptes sur le génie. Arioste a composé en outre des satires et cinq comédies.
ARISTOTE. (Voy. plusieurs autres traités, notamment la Morale. )
ALEXANDRE, surnommé de Paris , lieu de sa naissance, vivait au xn e siècle. Auteur d’un poème à' Alexandre le Grand , premier ouvrage de longue baleine écrit en vers de douze syllabes, d’où est venue le nom alexandrin donné à cette sorte de vers, déjà employée par les poètes français et même par les trouba-
BIOGRAPHIE
dours provençaux avant cette époque, mais pour des pièces d’une moindre étendue.
ALONZO DE ERCILLA Y ZUNIGA, poète épique espagnol de la fin du xvie siècle, qui, après s’être distingué à la bataille de St.-Quentiü, se rendit au Chili, où il contribua à la défaite des babitans de V Araucaria. Il composa , à cette occasion, un poème auquel il donna ce nom. On y remarque de la chaleur et de l’élévation ; mais trop occupé de son sujet , il le compliqua d’une foule de détails techniques et historiques qui sont aujourd’hui sans intérêt. (Voir ce qu’en dit Voltaire dans son Essai sur la poésie épique .)
BALZAC (Jean-Louis Guez de), né à Angoulême en 1594, mort en 1 655 . Le premier écrivain français qui apporta , dans la prose, l’élégance, 1 harmonie et la pompe nécessaire au discours soutenu. Il reçut du cardinal de Richelieu une pension de 2,000 liv. et le brevet de conseiller d’état.
BATTEUX (l’abbé Charles), né en 17 13, mort en 1780. Chanoine de Reims, membre de l’Académie française. Professa la rhétorique dès lage de ao ans. Critique , traducteur, etc.
BENSERADE (Jean de), né en Normandie en 1612, mort en 1691. Académicien, poète de la conr de Louis XIV. Il avait de la facilité et une grâce un peu recherchée. Dégoûté de la
DE LA TOÉTIQUE. 2'MJ
cour, il fit écrire sur la porte de sa maison de Gentilly, où il s’était retiré:
Adieu, fortune, honneurs, adieu, vous et tes vôtres:
Je viens ici vous oublier.
Adieu, toi-même, nmomr! bien plus que tous les autres, Dillicilc à congédier.
BERNARD ( Pierre-Joseph), né à Grenoble en 17x0, mort en 1775, surnommé le Gentil par Voltaire. Auteur d’un Art d'aimer, poème, et de quelques antres poésies légères.
BOILEAU -DESPRÉAUX, né à Paris en 1 63 6 , mort en 1 7 1 1 ; de l’Académie française, historiographe de France. Ses ouvrages, connus de quiconque a reçu les premiers principes des lettres, l’ont fait nommer le législateur du goût : il est celui, de tous nos poètes, dont on a retenu et dont on citera toujours le plus de vers. Les détails de sa vie se trouvent partout comme son éloge , et il est un de ces hommes qu’il suffit de nommer.
BOS (l’abbé Joseph- Baptiste du), né à Beauvais en 1670, mort à Paris en 1742. Secrétaire perpétuel de l’Académie française. Le cardinal Dubois et le roi le chargèrent démissions diplomatiques dont il s’acquitta avec adresse. Il abandonna la politique pour se livrer entièrement à la littérature.
BOUGEANT (le père, jésuite, Guillaume- Hyacinthe), né à Qnimper en 1690, mort en 1743. Son ouvrage intitulé Amusement philo-
UIUGK Al'HIË
sophiqne sur le langage des bêtes le fit exiler. 11 fut un des champious les plus violens du clergé contre le parlement dans les divisions qui éclatèrent à propos de la bulle uni genitus , en faveur de laquelle il composa des comédies historiques , où l’on remarque une sorte de talent dramatique et de 'vis comica.
BOUHOURS (le père Dominique), né à Paris en 1628 , mort en 170a. Jésuite, précepteur des jeunes princes de Longueville et du fils de Colbert.
BRUN (Ponce -Denis Écouchard Le ), né en 1729, mort en 1807 , surnommé Pindare.
A ses odes, qui lui méritèrent ce surnom, par l’élévation de la pensée qui les inspira , l’enthousiasmé vraiment lyrique qui règne dans quelques-unes, il convient d’ajouter un poème sur la nature et surtout des èpigrammes remplies de sel et de verve; mais la correction du style, la clarté de l’expression sont des qualités qui manquent trop souvent à Le Brun et qui l’empêcheront à jamais d’être compté au premier rang de nos grands poètes.
BUFF1ER (le père Claude), jésuite, né en Pologne en 166 1 , mort professeur de théologie au collège de Rouen, l’un des rédacteurs du journal de Trévoux, auteur d’un grand nombre d’ouvrages plus remarquables parleur singularité que par leur profondeur, mais élé-
gans, spirituels et instructifs, et d’un Traité philosophique et pratique de poésie , imprime
pour la première fois en 1728.
BYRON ( Georges - Gordon ) , ne dans 1 Aberdeenshire en Écosse, le 22 janvier 1788 , mort à Missolonghi, en Grèce, le 19 avril 1824. Ses premières poésies, qu il publia étant encore jeune , portent déjà le caractère d étrangeté qui l’a distingué plus tard et qui lui attira de sévères critiques. La poésie, qui semble devoir être l’organe des émotions tendres et douces, n’est le plus habituellement, chez lord Byron, que l’expression d’un sentiment de haine sauvage pour le genre humain. La vie aventureuse qu’il adopta , des chagrins domestiques exaltèrent cette disposition jusqu’à lui faire mépriser tout ce qui fait le bonheur de l’humanité, et à remplacer le charme d’une douce espérance par l’amertume de la satire et
par une cruelle moquerie.
CALMET ( Dominique-Augustin ) , bénédictin, né en Lorraine, en 1672, mort en 1757.
Ses ouvrages sur la Bible lui firent une réputation méritée, quoique leur style lourd et souvent incorrect les rende plus propres a etre
consultés qu’à être lus.
CAMOENS (Louis de), né à Lisbonne en i 524 , mort en i 5 7 g. Surnommé le Virgile portugais , nutenr du poème des Lusiades (os
BIOGRAPHIE
Lusiadas), dans lequel il décrit la découverte du nouveau, passage aux Indes, par Vasco de Ga- Tua. Cet ouvrage, la gloire des lettres portugaises, valut à son auteur une pension de vingt écus qni, comme on le pense bien, ne l’empê'cba pas de mourir dans la plus affreuse misère. ( Voir Essai sur la poésie épique , par Voltaire. )
CERCEAU (Jean- Antoine, le père Du), jésuite , né en 167G, tué en 1730 d’un coup de fusil que lui tira, par accident, le jeune prince de Conti, son élève. Poète français, médiocre et négligé, mais spirituel.il a publié, en outre , des poésies latines, un théâtre à l’usage des collèges, et un assez grand nombre d’ouvrages en prose , parmi lesquels on distingue ses Réflexions sur la poésie française , Paris, 1742,
2 vol. in-ra. Quoique ce livre contienne des principes hasardés, il mérite d’être lu.
CIIAIJCER, né à Londres en i 32 8 , mort en 1 /|0o. Il est pour l’Angleterre ce que Marot est pour nous; mais contemporain de Pétrarque, il est bien antérieur à nos premiers poètes connus. Cbaucer , après avoir beaucoup voyagé, composa douze volumes de vers qui consistent principalement en contes. Il a des grâces dans son vieux langage.
CIIAULTEU (Guillaume-Anfrie de), né en 1639, mort en 1720; surnommé V Anacréon
fiançais. Il n’aurait tenu qu’à lui, dit Voltaire, de mettre la dernière main à ses ouvrages, mais il ne savait pas corriger : la plupart respirent la liberté, le plaisir et une philosophie au-dessus des préjugés.
CHÉNIER (Marie* Joseph) , né à Constantinople en 1764, 111 s d’un consul de France, mort à Paris eu 18 1 1 ; poète et littérateur fort distingué. Les événemens politiques, dans lesquels l’ardeur de son caractère lui fit prendre une part active, en arrêtant peut-être l’essor de son beau talent, firent juger ses ouvrages avec une rigueur souvent injuste. Admirateur de l’antiquité et riche des bonnes traditions littéraires , il peut être considéré, dans notre siècle, comme le dernier reflet des deux siècles précédens. 4
CHÉNIER (Marie- André ), frère du précédent, né à Copstaritinople en 1763, mort sur l’échafaud révolutionnaire en 1794 î auteur de quelques élégies admirables, inspirées par le génie de l’antiquité.
COLLÉ (Charles), né en 1709, mort eu 1783; excellent chansonnier, le premier peutêtre dans un genre secondaire, mais où il avait à surmonter de nombreux et de redoulables conçu r rens.
COLLETET ( Guillaume ) , né à Paris en 1598 , mort en i 65 o ; avocat au conseil , mem-
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lire de l’Académie française , auteur de poésies médiocres, mais littérateur instruit ; c’est le père de François Colletet dont parle Boileau.
COLLETET ( François), fils de Guillaume, né à Paris en 1628, mort en 1680. C’est le poète crotté dont parle Boileau.
CORNEILLE (Pierre), né à Rouen en 1606, mort à Paris , doyen de l’ Académie française, le % eT octobre 1684. C’est un de ces hommes qu’il faut nommer et se taire si l’on ne vent pas rester au-dessous de son sujet. Indépendammentde ses pièces de théâtre qui sont le premier titre de sa gloire , il a composé plusieurs poésies dignes de son nom.
COTIN (l’abhé , Charles), membre de l’Académie française, aumônier du roi, né à Paris en 1604, mort en 1682; plus connu par les satires de Boileau que par ses ouvrages poétiques assez nombreux, parmi lesquels se trouve le fameux sonnet attribué, par Molière, à Trissotin, dans la comédie des Femmes savantes. 11 est, en outre, auteur de Considérations sur Vépigramme , l’énigme, etc., imprimées dans ses oeuvres.
D ACIER (André), né à Castres en i65r, mort en 1722; élève de Tanneguy Lefèvre , dont il épousa la fille. Traducteur, commentateur et philologue , membre de l’Académie française, garde des livres du cabinet du roi. Ce sa-
DK LA POÉTIQUE. 2 35
vant infatigable traduisit les Œuvres d’Horace , la Poétique d’Aristote , les œuvres de Platon et celles de Plutarque; ses successeurs ont profité de ses nombreux travaux.
DACIER (Madame Anne Lefèvre), épouse d’André, née à Saumur en i 65 i, morte à Paris en 1720; se livra aux traductions des auteurs grecs et latins, et aux ouvrages polémiques littéraires pour défendre la gloire dn génie de l’antiquité contre les modernes. Ces travaux, si étrangers à son sexe, ne la détournèrent point des soins de sa famille. (Voir la préface qui précède sa traduction de l’Iliade et de l’Odyssée réunies et réimprimées à Paris, 1706, 8 vol. )
DANTE ALIGHIERI , né à Florence en ia 65 , mort en i 32 i, à Ravennes , où il était exilé ; l’un des premiers poètes de l’Italie dans toutes les* acceptions de ce mot. Auteur des poèmes à*V Enfer, du Purgatoire et du Paradis , composés pendant sa disgrâce , occasionée par les troubles qui agitèrent sa patrie et dans lesquels il prit une part active. Son poème de l’Enfer est une cruelle satire contre ses ennemis ; il reproduit, avec une effrayante vigueur, les sentimens qui l’agitaient. Ce que ses poèmes offrent de terrible se trouve cependant adouci par tout ce que le charme des opinions platoniques, qui commençaient à se répandre de son
BIOGRAPHIE
temps, peut offrir à une âme tendre et poétique.
DEIMIER (Pierre de), né à Avignon vers iSyo; poète français, auteur d’un poème de l’Austriade, de la Néréide sur la 'victoire de Lépante , etc. Crillon, son ami , l’introduisit à la cour de Marguerite de Valois. Il est encore auteur d’un livre intitulé : Académie de l'art poétique; Paris, 1610, in-8°.
DELAUDUN D’AYGALIERS (Pierre), né à Uzès en 15^5 , mort en 1629; poète français, auteur d’un poème intitulé la Franciade, de deux tragédies et d’un art poétique français.
DELILLE (Jacques, abbé), né en 1738, mort en 18 13; de l’Académie française. Traducteur élégant et correct, versificateur habile, le talent remarquable de Delille , exalté pendant sa vie , a été trop déprécié depuis sa mort.
DF.SHOULIÈRES (Autoinette du Ligier de la Garde), née en i63S, morte en 1694. De toutes les dames qui ont cultivé la poésie française, c’est celle qui a le plus réussi; tel est le jugement qu’en porte Voltaire. Son style est remarquable par une grande élégance et nne pureté peu commune. Son idylle des Moutons pourrait, à cette qualité près, être revendiquée par un certain Coutel , poète ignoré , mais son prédécesseur.
DESMARETS DE SAINT-SORLIN (Jean ),
né à Paris en i 5 y 5 , mort en 1G7G ; poêle français , membre de l’Académie française , protégé du cardinal de Richelieu, auteur de pièces de théâtre parmi lesquelles la plus remarquable est la comédie des Visionnaires; de Clovis, poème , etc. Il fut un des chefs de la guerre élevée contre les anciens dont Boileau prit la défense, et il composa dans cet esprit plusieurs ouvrages, parmi lesquels on distingue la Comparaison de la langue et de la poésie française avec la grecque et la latine, et la Déjensedu poème héroïque dans le discours qu’il fît servir de préface à son poème de Clovis , pour prouver que les sujets chrétiens sont les seuls propres à la poésie héroïque.
DU BELLAY ( Joachim ) , né en 1 52 4 » mort en i 55 ç)’y surnommé V Ovide français. Poète éloquent et facile. Il fut le premier à recommander l’étude des poètes de l’antiquité.
FÉNELON ( François de Salignac de la Motte), né en i 65 i, mort archevêque de Cambray,en 1710. Une ode et quelques vers faciles témoignent que l’auteur de Télémaque aurait pu être versificateur. Sa lettre sur la poésie t publiée à la suite de ses Dialogues sur V éloquence, lui assure un rang distingué parmi les écrivains qui se sont occupés de la poétique.
FLEURY (l’abbé Claude), né à Paris en 1640, mort en 1723; sous -précepteur des
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enfans de France, associé à Fénelon , membre de l’Académie française , s’élait destiné au barreau ; ses sentimens religieux le portèrent à embrasser l’état ecclésiastique ; auteur d’un grand nombre d’ouvrages d’érudition dont le plus considérable est l’Histoire ecclésiastique.
FONTAINE ( Charles ) , né à Taris en 1 5 1 5 , poète français, ami de Marot, a composé un grand nombre de poésies, recueillies sous le titre de Ruisseau de Fontaine, Lyon, 1 555 , I vol. in-12.
FONTAINE (Jean de La), né en 1621, mort en 1695 ; de l'Académie française. Le plus original des poètes français et celui, de tous, qui a le plas imité; mais le genre qu’il s’est fait à lui-même ne doit rien à personne, et en convenant que les sujets de la plupart de ses fables ne lui appartiennent pas , la mauière pleine de grâce et de fécondité dont il les a présentés l’en rend le créateur. Son insouciance lui fit dissiper son patrimoine et l’obligea, sur la fin de sa carrière , à accepter ou plutôt à prendre un asile chez ses amis. Sa distraction était célèbre; mais quel est le trait de sa vie qui ne soit dans la mémoire de tout le monde?
FONTENELLE (Bernard Bouvier de), né à Rouen en i 65 y, mort doyen de l’Académie française, en 1737. Des épitres, des églogues, des pièces fugitives , dont il est l’auteur, proa-
DE LA POÉTIQUE. a3lj
vent que l’esprit le plus distingué ne suffît pas pour mériter le titre de poète. Il a fait un Discours suri’ églogue , imprimé en 1688 , à la suite de ses poésies pastorales.
FOURMONT (Étienne), né à Paris en i683, mort en 1745, érudit professeur au Collège-Royal, possédait presque toutes les langues de l’Asie et de l’Europe. Auteur de Mémoires, dissertations, etc., recueillis en 2 vol. in - 4°. Paris ; 1747.
FRAGUIER (l’abbé, Claude-François), né à Paris en 1666, mort en 1 7 28 ; membre de l’Académie française.
GACON (François), né à Lyon en 1667, mort en 1725, poète satirique qui spécula sur le scandale pour se faire une réputation.
GAUTHIER (Denis), né en 1688, mort en 1736 ; professeur à l’Université en 1727, savant grammairien , auteur des Règles de Poétique , tirées d’Aristote, d’Horace, de Despréaux, etc.
GENEST (l’abbé, Charles-Claude), précepteur de mademoiselle de Blois , femme du Régent, attaché à la duchesse du Maine; auteur de tragédies dont celle intitulée Pénélope est restée au répertoire.
GIIJBERT ( Nicolas-Joseph-Laurent) , né en 1751, mort à l’Hôtel-Dieu en 1780. Le peu d’onvjrages qu’il a composés, parmi lesquels
BIOGRAPHIE
on remarque deux sa lires , une ode et les stances qu’il composa avant de mourir, prouvent une imagination fort poétique et brillante.
GODEÀU (Antoine), né à Dreux en i6o5, mort en 167a, évêque de Grasse, membre de l’Académie française.
GOUDELIN (Pierre), né à Toulouse en 1579, mort en 1649, Homère des Gascons. Ses poésies ont du feu, du naturel et d’Iisureuses saillies.
GOURNAY (Marie de Jars de), fille d’alliance et élève de Montaigne , éditeur de ses œuvres: les littératures grecque, latine et modernes lni étaient familières. Une portion de ses ouvrages philosophiques et littéraires se trouvent réunis dans un volume intitulé t Om» bre de la dainoiselle de Gournay , in-8°, Paris,
GRESSET (Jean-Baptiste Louis) né eu 1709, mort en 1777, membre de l’Académie- française. Poète élégant et harmonieux. Auteur du poème de Vert-Vert, de plusieurs épitres, de la comédie du Méchant , etc.
HORACE (Quintus-Horatius-Flaccos), né à Yenause, ville d’Apulie, 66 ans avant Jésus- Christ, mort à Rome, âgé de Sy ans, nous donne lui même quelques détails biographiques dans l’cpitre 20 du 1er livre. Fils d’un père affranchi , il perfectiouna ses études à Atîiènes. Il rencontra Brntus dans cette ville, allant com-
DE LX POÉTIQUE. 2 /j I
battre Octave. Le résultat de la bataille ne fut pas glorieux pour Horace. De retour à Rome , lié avec Virgile, présenté chez Mécènes et reru chez Auguste, il se livra entièrement aux lettres. Ses ouvrages sont dans les mains de quiconque a reçu de l'éducation. Traduit un nombre de fois prodigieux, il n’a trouvé d’iuterprètes dignes de lui que dans quelques imitations partielles.
HOMÈRE. L’antiquité ne nous a transmis sur ce poète que de faibles et incertaines lumières. Il paraît avoir passé sa vie dans l’indigence , et à sa mort sept villes se seraient disputé l’honneur de lui avoir donné la naissance. L’opinion la plus répandue le fait naître à Smyrne 884 ans avant Jésus-Christ, selon Vellcius-Patcrculus, et 907, suivant les marbres d’Arondel. Il nous reste de lui Y Iliade et l’Odjssée ; on sait que plusieurs de ses ouvrages sont perdus. Que faut-il croire du système qui paraît prendre faveur en Allemagne, d’après lequel ces poèmes seraient l’ouvrage de rapsodes inconnus, que Lycurgue recueillit le premier par fragmens et qu’Aristarque et autres auraient réunis comme ils le sont aujourd’hui? Cette hypothèse , soutenue par M. Wolf, avec toutes les ressources d’une vaste érudition, mérite-t-elle une réfutation sérieuse, quand nous voyons que dès le temps d’Alexandre et avant
voÉtique. 16
biographie
lui, on ne révoqnait nullement en donle l’authenticité de ces poésies? Quoi qu’il en soit, elles n’en ont pas moins été considérées comme des modèles que jusqn’anjonrd’hui tous les efforts de l'esprit bnmain n’ont pu effacer, ni même égaler.
L AF RESN AYE- VA UQUELIN (Jean), né en i536, mort en 1606, président au présidial de Caen, consacra anx muses tout le temps que loi laissaient ses fonctions judiciaires; grand admirateur d’Horace, dont il a souvent imité avec succès les satires et les cpitres. Auteur du premier Art poétique écrit en 'vers français.
LA HARPE (Jean-François de) , né en 1739, mort en i 8 o 3 . (Y. t.’Hist. des Littératures.)
L 1 MOTTE ( Antoine-Houdard de), né à Paris en 1672, mort en 1701, membre de l’Académie française, anteur de pièces de théâtre, d’odes , de fables, de poèmes, parmi lesquels se trouve un abrégé de /’ Iliade d’Homère , qui lui attira les sarcasmes de ses contemporains , et qni donna lieu à renouveler la polémique entre les anciens et les modernes élevée dans le siècle précédent. Il écrivit contre les entraves de la versification , contre l’enthousiasme poétique , contre les unités, etc.
LANCELOT ( Dom, Claude) , né à Paris en 1 C> 1 5 , mort en 1 (><j5 , grammairien et religieux de Port-Royal. Enveloppé dans les persécutions
qu’éprouvèrent les religieux de cet ordre, ami d’Arnault et de Nicole, il compte Jean Racine parmi ses élèves.
LONGEPIERRE (Ililaire-Bernard de), né en 1 658 , mort en 17 21. Auteur de tragédies, d’idylles, de traductions en vers d’Anacréon, de Sapho, deThéocrite, etc., toutes médiocres, mais accompagnées de notes bien faites. On peut consulter un Qiscours sur l’idylle imprimé en 1 686 , et qui précède la traduction des idylles de Dion et Moschus.
LONGIN. (Voir la Rhétorique.)
MALHERBE (François de) , né à Caen en i 556 , mort en 1628 , a donné le premier à la poésie française l’impulsion suivie par les poètes du siècle de Louis XIV. Poète noble et correct.
MARMONTEL (Jean-François), né en Limousin en 1728, mort eu 1799, académicien français, littérateur, auteur de tragédies , d’opéras, de poèmes, de contes, etc. etc., et d’articles destinés à l’Encyclopédie qu’il recueillit plus tard, et qui, fondus avec une Poétique française publiée en 1763, composèrent les Elérnens de littérature , le meilleur de ses ouvrages.
MAROLLES (Michel de) , abbé de Villeloin, né en 1600, mort en 1681 , traducteur infatigable et mauvais écrivain. 11 a composé un
244 BIOGlUPHItL
Traité du poème épique , pour l'intelligence de
FÉnéide, i635.
MAROT (Clément), né à Cahors en 149$ , mort en i 544. La grâce, la naïveté, la facilité et la correction même de ses écrits lai ont valu l’honneur d’étre le seul des poètes ses contemporains qui soit venu jusqu’à nous.
MASSIEU ( l’abbé Guillaume ) , né en i663, mort en 1722 , traducteur jle Lucien et auteur d’une Défense de la poésie , à la tête de T Histoire de la poésie française. Paris, 1739, in- a.
MAYNARD (François), né en i58a , mort en 1646, de l’Académie française. Ses épigrammes, ses odes, ses snnnets, ont de la douceur et de la grâce. Il vit avec regret abandonner la naïveté de Marot, pour la gravité de Malherbe , et se retira de la cour.
MESNARDIÈRE (Hippolyte de la), né en 1610 , mort en i663 , de l’Académie française. Poète fort médiocre. Auteur d’une Poétique.
MILTON , né à Londres en 1608 , mort en 1674, après avoir figuré dans la révolution qui renversa Charles 1er de son trône. Milton aveugle , amnistié par Charles II , mais déclare incapable d’occuper aucun emploi, se replia sur lui-mf me, et conçut le Paradis perdu , aidé par les opinions ascétiques du Puritanisme qu’il avait embrassées. Dieu, les démons, le ciel ej l’enfer, se benrtant, lui rappelaient les troubles-
dont il avait été le témoin ; mais la peinture de la naissance de l'univers et de ses deux premiers habitans , est le fruit admirable de son beau génie.
OLIVET (l’abbé, Joseph-Thoullier d’), né en 1682 , mort en 1768 , de l’Académie française. L’étude de la langue française l’occupa principalement. Tradnctenr de plusieurs ouvrages de Cicéron, de Demosthènes, auteur d’une Histoire de l’Académie française, il se fit remarquer par an jugement sain et un goût délicat.
PANARD (Charles-François), né en 1691, mort en 1765, le La Fontaine du 'vaudeville , selon l’expression de Marmontel. C’est le père de la chanson morale, qui de nos jours s’est élevée à la hauteur de l’ode.
PARNY (Evariste) , ne à l’ile de Bourbon en 17 53 , mort en 18 14. Notre premier poète érotique et élégiaque, non en date, mais en mérite. Interprète de la nature qu’il avait sons les yenx, il a apporté dans la peinture de l’amour, telqne notre société le comporte, la chaleur et la vérité qu’on admire à juste titre dans les poésies des Théocrite et des Tibule. Il a enseigné la manière dont il convenait d’imiter les anciens.
PASQUIER (Etienne), né en 1529, mort en 161 5 , poète fort médiocre; mais la lecture de ses Recherches sur la France n’est pas à négliger pour quiconque veut s’introduire dans
246 BIOGRAPHIE
la connaissance des premiers monamens de notre poésie.
PASSERAT (Jean), né en i 534 ,morten 1602. Poète français, l’un des auteurs de la Satire ményppêe. C’est dans la lecture de ses ouvrages que La Fontaine , dit-on , a puisé sa manière de conter.
PELISSON-FONTANIER (Paul), né en 1 624, de l’Académie française, dont il a écrit l’histoire, et dans laquelle il se trouve des docuinens précieux à recueillir.
PELLETIER (Jacques), du Mans, né en i 5 17. Fort mauvais poète, traducteur d’Horace en vers français, auteur d’un Art poétique en prose, i 555 , dont on a parlé dans l’introduction, et qui contient d’excellens préceptes.
PERRAULT (Charles), ne en i 633 , mort en 1703 , de l’Académie française. Auteur de quelques contes en vers, de poèmes , etc., auxquels il doit moins sa réputation , qu’à la préé minence qu’il accordait aux modernes sur lei anciens , objet de sa querelle avec Boileau.
PETRARQUE (François), né à Arrezzo ei j 3 o 4 , mort en 1374. Poète Italien. L’anaou qu’il conçut à Vaucluse pour une dame qu’ n’a fait connaître que sous le nom de Laure lui inspira une multitude de sonnets et 1 canzone où respire le sentiment le plus tendr mais remarquables surtout par le charme 1
î’-expression. 11 euf la gloire de fixer la langue italienne, et (it pour elle ce que Raciue fit pour nous.
PIRON (Alexis), né en 1689, mort en 1778.
Poète facile et spirituel , il doit à sa comédie de la Métromanie d’être placé immédiatement après nos premiers poètes. Ses autres ouvrages l’eussent classé beaucoup plus bas.
PLATON. ( Voir la Morale, etc.)
POMPIGNAN ( Jean Jacques-Lefranc ) , né en 1709, mort en 1784, bon littérateur, mais poète médiocre, quoique plusieurs strophes de ses odes puissent souteuir la concurrence avec tout ce que la France poétiqne possède dans ce genre. Ses ouvrages, qui renferment la tragédie de Didon , plusieurs traductions du latin, du grec et de l’anglais , des cantiques sacrés, objets des sarcasmes parfois injustes de Voltaire , etc., ont été recueillis en 4 vol. in-8°.
PONS (Jean-François de), abbé, né en 168 3 , moit en 1702. Lié d’amilié avec Lamotte , il se déclara son apologiste et prit la défense de l'Iliade de son ami contre celle d’Homère, ce qui donna lieu à sa dissertation sur le poème épique, imprimée dans ses œuvres en 1738.
POPE (Alexandre), né à Londres en ifi 88 , mort en 1744- Célèbre poète anglais : scs études classiques lui firent prendre de bonne heure le goût de l’antiquité, et tous ses ouvrages se res-
p./jg BIOGRAPHIE
sentirent de cette première direction donnée à son esprit. Son Essai sur la critique, qu’il composa à vingt et an ans, est nn art poétique fait à l’imitation de ceux d’Horace et de Boileau ; il traduisit envers l’Iliade et l’Odyssée d’Horaère, et la Boucle de cheveux enlevée est nn poème dans le goût français de cette époque. C’était le temps où Sliakspeare était oublié dans sa propre patrie.
POREE (Charles), jésuite, né en 1675, mort en 1 741. Eloquent dans le goût de Sénèque,poète et très-bel esprit. Son plus grand mérite fut de faire aimer les lettres et la vertu à ses disciples. Tel est le jugement qu’en porte Voltaire son élève.
PRIOR (Matthieu), né dans le Middlesex en 1664, mort en 1721, célèbre poète anglais, qui de garçon de taverne s’éleva , par la protection du comte de Dorset et par ses talens, jusqu’à l'ambassade de France. Ses poésies, auxquelles ou peut reprocher de manqaer d’imaginatioû , témoignent une grande facilité et sc font remarquer par l’art et la correction.
QUINT1LIEN. (Voir la Rhétorique. )
RACAN (Honorât deBueil, marquis de ), né en i58ç), mort en 1670; élève de Malherbe.
Quoique Boileau ait paru borner son talent à chanter Pbilis, les bergers et les bois, il snt s’élever dans l’ode à la hauteur même de son maître.
n» la. roÉxiQUK. a49
RACINE (Jean), né à Laferté-Milon en 1639, 'mort en 1699 ; de l’Académie française. Quoique Racine doive sa pins grande gloire à son théâtre, ses odes sacrées lui mériteraient seules la place la plus distinguée dans cette biographie. C’est le premier de nos poètes pour la beauté des images, la noblesse des sentimens, la correction et l’harmonie du style. Il chercha dans la religion et dans le silence de la retraite, des consolations à des dégoûts littéraires qu’il éprouva, et ne reprit la plume qu’au bout de x-hnit ans pour produire Esther et Athalie.
RACINE* (Louis), né en 1692, mort en 1763, fils do précédent. Il fut membre de l’Académie française, auteur du poème de la Religion , etc. La perfection du style de cet ouvrage l’a fait attribuer à Jean Racine. Louis était un littérateur fort instruit, il a composé des Réflexions sur la poésie qui méritent d’être étudiées.
RAPIN ( le père ), jésuite, né en i535, mort en 1609. Ses poésies latines sont estimées, et ses poésies françaises, au nombre desquelles on compte un poème sur les plaisirs du gentilhomme champêtre, sont de la dernière médiocrité.
REGNIER (Matliur in), né en iS’j’i t mort en 16 x 3. C’est, suivant Boileau, le poète français qni , dn consentement de tout le monde ,
25o biographie
a le mieux connu, avant Molière, les mœurs et le caractère des hommes. Régnier a composé des satires qne celles de Boileau n’ont pas fait oublier. L’édition la plus complète de ses œuvres est celle publiée par Desoer, en 182a,
1 vol. in-i 8, précédée d’une Histoire de la satire en France, par M. Viollet Le Duc.
REMOND DE SAINT-MARC (Toussaint), né en 1682, mort en 1757. L’esprit et l’affectation déparent trop souvent les ouvrages de cet auteur médiocre, quoique l’un de ses poèmes, intitulé la Sagesse , ait été attribué au marquis de La Fare et compris dans ses œuvres; il a composé en outre un Examen philosophique sur la poésie et des Réflexions sur la poésie en général. Il ne faut pas le confondre avec Saint-Maïic( Charles-Hugues Lefebvre de), né en 1698, mort en 1769, l’un des commentateurs de Boileau.
ROLLIN. (Voir I’Histoire universelle.)
. RONSARD (Pierre de), né en i 525 , mort en 1 585 ; surnommé, de son temps, le prince des poètes français. Peu d’auteurs ont joui d’une réputation semblable à la sienne; il la devait aux efforts qu’il tenta pour sortir la poésie française de l’ornière gauloise où elle était engagée. Ses efforts ne furent pas tous heureux, mais il n’en a pas moins rendu de véritables services à la langue. Ronsard a eom
DE LA POÉTIQUE. î5l
posé , en outre , un Art poétique et un Traité sur le poème épique à la tête de la Franciade . Ces différens ouvrages prouvent qu’il était un littérateur fort instruit, comme ses vers témoignent qu’il avait l’imagination poétique. La barbarie de son style ne devrait être justement attribuée qu’à l’imperfection de la langue française , à l’époque où il écrivait.
ROUSSEAU (Jean-Baptiste), né à Paris en 167 1, mort en 1741 > le premier de nos poètes lyriques. Le caractère difficile et l’esprit épigramrnatique de Rousseau lui attirèrent une multitude d’ennemis; des couplets satiriques et obscènes lui furent attribués et lui firent passer ses dernières années dans l’exil..
SABLIÈRE (Antoine de Rambouillet de La), né en i6i5, mort en 1680. Ses madrigaux , dit Voltaire, sont écrits avec une finesse qui n’exclut pas le naturel. La Sablière n’est placé dans cette biographie que comme le représentant du madrigal , petite pièce de poésie entièrement abandonnée de nos jours.
SAINT-EVREMONT ( Charles de Saint-Denis de), né en i6i3, mort en £ 703 , en Angleterre, où il était exilé. Il est enterré à Westminster. Ses vers sont d’un bel esprit plus que d’un poète; cependant parmi les nombreuses ■dissertations qu’il a écrites , se trouve réunie à une grande justesse de goût, uue solidité de
BIOGRAPHIE
jugement remarquable. A ce titre » la lecture de ses ouvrages peut n’être pas inutile. Il y en eut un grand nombre d’éditions.
SCARIÎON (Paul), né en t6io, mort en 1660; créateur du burlesque en France. Ce genre ignoble lui attira la plus grande réputation , que les ouvrages de Boileau firent entièrement tomber. Scarron, d’abord abbe, quitta le petit collet et épousa mademoiselle d’Aubigné , qui devint depuis madame de Maintenon.
Le Virgile travesti est le plus important des ouvrages de Scarron.On ne peut se dissimuler qu’il force parfois le rire tout en affligeant le goût.
SCUDERY( Georges de), né en 160 3, mort en 1667; de l’Académie française; auteur du Poème d'Alaric si justement critiqué par Boileau , et d’un grand nombre de pièces de théâtre. Il balança, dit Voltaire, la réputation de
Corneille.
SEGRAIS (Jean-Renault de ), né à Caen en 162 5, mort eu 1701; de l’Académie française. Poète français, auteur de pastorales que Boileau estimait , traducteur de V Enéide et des Géorgiques de Virgile. Il composa des mémoires dans lesquels se trouve cette phrase : « Nos poètes qui entreprendront de faire des poème» épiques, ne feront rien qui vaille s’ils ne lisent ma préface sur la traduction de l’Enéide de Virgile que j’ai faite en vers ; j’y ai renfermé
toutes les règles que l’on doit observer dans ces sortes de poèmes. >»
SIBILLET ( Thomas ) , né en x 5 1 2 , mort en l58g ; traducteur , eu vers français, Av Y Iphigénie d’Euripide , auteur de quelques poésies et d’un Art poétique français dont il est fait mention dans l’introduction de cet oavrage.
SURVILLE ( Marguerite-Eléonore-Clotilde de Vallon-Chalys de), née dans le Vivarais en i4o5. On a attribué à cette dame des poésies, publiées en 1804, et auxquelles on s’est efforcé de donner toutes les apparences de l’ancienneté : il n’eût fallu , pour se détromper, que comparer le style et les formes de ces vers avec ceux des poètes du temps pendant lequel ou prétendait que Clotilde avait écrit ; mais en supposant même qu’elle eût la prévision d’un langage et de formes poétiques à venir, pouvait-elle prévoir que liersehell, aidé de ses instrumens, reconnaîtrait les satellites de Saturne, en 1789? Cette opinion est insoutenable, comme celle qui attribue à Clotilde les vers donnés sous son nom. On sait qu’un M. de Surville prétendait les avoir recueillis dans un héritage de famille. Si le fait est vrai, il est indubitable que l'éditeur les aura considérablement corrigés et augmentés. Quoi qu’il en soit , les vers sont charinans, à un peu d’afféterie près.
TÀBOUROT (Etieuue), né en 1047, snr-
ü54 BIOGRAPHIE
nommé le seigneur des accords ; auteur d'un livre singulier, intitulé Bigarrures. Parmi les quolibets qu’il renferme on peut encore puiser des documens précieux sur les anciennes formes de notre poésie et sur la coupe de certains vers inusités aujourd’hui.
TASSO TORQUATO, né à Sorreuto, royaume de Naples, en i 544 5 mort en x 5 q 5 ; célèbre poète italien , l’un de ces hommes dont la réputation est universelle, auteur de la Jérusalem délivrée , du poème de la Création du monde , de la tragédie de Torrismond, de la pastorale de V Aminte , etc. On prétend que l’amour qu’il conçut pour Eléonore d’Est , sœur du duc de Ferrare, lui fit perdre la raison. Mis en prison à Ferrare, la pauvreté se joignit à tons ses malheurs, qui ne l’abandonnèrent que quand le cardinal Aldobrandini le fit venir à Rome , où il mourut la veille du couronnement qu’on lui préparait au Capitole.
THIBAULT, comte de Champagne et roi de Navarre, né en 12 o5, mort eu Ta53-, le plus ancien de nos chansonniers connus. Ou lui attribue le mélange alternatif des rimes masculines et féminines inobservé de son temps.
Cependant il partage cette qualité ayec les poètes de cette époque et meme antérieurs qui ont fait des vers pour être chantés. La musique seule les a obligés à suivre cette méthode. Si tous le:
DE LA POÉTIQUE. a55
vers (le Thibault s’y conforment, c’est que ce sont des chansons; mais ce n’est pas par suite d'un système.
THOMASSIN (le père Louis), né en 1619, mort en ï 6 (j 5 , s’acqnit une si grande réputation que le pape Innocent XI voulut le nommer cardinal et l’attirer à Rome. Louis XIV prétendit qu’un homme aussi savant était nécessaire dans son royaume , mais le père Thomassin demeura si pauvre que le clergé se cotisa pour lui faire une pension de 1,000 fr.
THOMPSON (Jacques), né en Ecosse, en 1700, mort en 1748; auteur du poème des Saisons , etc., plus remarquable par le mérite du style que par celui de l’invention.
VIDA (Jérôme), mort évoque d’Albe, le 27 septembre 106G; auteur d’un Art poétique en latin.
VILLON (François), né à Paris en i 43 r.
Scs poésies, où régnent le naturel et la gaîté, ne sont, en général, que le récit fort spirituel des actions qui le firent condamner à être pendu. Louis XI lui fit grâce de la peine due à ses friponneries, en faveur de son talent. Si Villon ne sut pas le premier, ainsi que le prétend Boileau ,
Débrouiller l’arl confus de nos vieux romanciers, car il n’inventa aucune forme nouvelle, du moins sait-il se faire lire avec plaisir encore an-