NATURE DE L'INFECTION CHARBONNEUSE
Le fait que l’on observe à l'autopsie une généralisation de la bactéridie charbonneuse, envahissant la circulation sanguine et les viscères, prouve suffisamment que l'infection charbonneuse est, en réalité, une septicémie. Suivant le mode et les voies d'infection, celte septicémie peut être primitive, ou bien secondaire à une détcrmination locale, telle que l'est la pustule maligne.
Certains auteurs, Toussaint entre autres, ont pensé pouvoir expliquer les accidents causés par cette septicémie en invoquant les embolies capillaires constatées en maints cas; il est vrai qu’en d’autres la mort survient en leur absence et alors que la septicémie est relativement minime. Pour d’autres la gravité de l'infection proviendrait de l’état asphyxique du sang, causé par l’utilisation de l’oxygène par les bactéridies.
En réalité, la pullulation microbienne ne résume pas toute l'infvetion charbonneuse; il faut tenir compte aussi des produits toxiques mis en évidence par plusieurs auteurs. On a vu que la toxine préparée par Marmier tuaitles animaux de laboratoire, cobayes, lapins, souris. D'autre part,
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40% BACTÉRIDIE CHARBONNEUSE. ©
en inoculant sous la peau de divers animaux des bactéridies tuées ou des extraits éthérés ou chloroformés de bactéridie charbonneuse, Boidin a pu.
reproduire les lésions de l’œdème malin, comme le fait l'injection de bactéridies vivantes, à celte différence près que ces dernières, développant une chimiotaxie négative, ne provoquent pas l'app :1 lucocytaire accompagnant l'inoculation des premières sub:tances. Les lésions observées dans le poumon à la suite de l'injection intratrachéale sont du même ordre.
D'autre part enfin, quand ils sont solubilisés, ces extraits provoquent -
dans l’état général des désordres tels qu’ils déterminent la mort de l'animal.
Par conséquent, les troubles locaux et généraux doivent être attribués d’une part à la bactéridie, de l’autre aux produits toxiques retenus dans le corps microbien et mis ensuite en liberté.