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STÉRILISATION PAR FILTRATION

Les bougies filtrantes. — Les plus usitées sont les bougies Chamberland et les bougies Berkefeld.

Les bougies Chamberiand (fig. 32) sont en pâte de porcelaine dégourdie. Il en existe plusieurs modèles : le plus répandu est constitué par un cylindre de porcelaine dégourdie, épais de 3 à # millimètres en moyenne ; fermé à une extrémité, le cylindre est ouvert à l’autre extrémité par une tétine en porcelaine émaillée, reliée au corps de la bougie par un anneau de même sub- |} stance. Ce modèle comporte deux types différents,- À j! B et F'; la pâte de la bougie B est plus compacteet | par suite se laisse traverser plus difficilement ; cette bougie convient aux filtrations de liquides non albumineux sous pression de plusieurs atmosphères, AH LR alors que la bougie F, plus perméable, est indiquée Sie Chaiber pour les filtrations par aspiration, ou sous pression land. faible, et pour les liquides albumineux.

Il existe en outre, pour l’usage des laboratoires, d'autres bougies de laboratoire, plus petites que les précédentes, en forme de cylindre, ouvert à un bout, sans tétine.

Les bougies Berkefeld sont constituées par de la terre d’infusoires. Il en existe des modèles très variés; la plupart ont la forme des bougies Chamberland, la tétine étant remplacée par un tube métallique creux, soudé à la bougie par un ciment. Quelques modèles très petits, à marque variable suivant leur perméabilité, sont spécialement construits pour les laboratoires.

En dehors des précédentes, il existe d’autres bonnes bougies filtrantes : bougie Garros, en porcelaine d'amiante ; bougie Mallié, analogue à la bougie Chamberland.

Il est bon de connaître les avantages et les inconvénients des bougies les plus employées.

La bougie Chamberland est solide, à peu près inusable, supporte bien les stérilisations et régénérations ; elle est de plus peu coûteuse. Mais son débit est faible si la pression n’est pas élevée.

La bougie Berkefeld présente un débit plus considérable et filtre assez vite même sans pression, mais elle est onéreuse, extrêmement fragile, s'use vite, supporte mal la plupart des procédés de régénération et de stérilisation.

Dans tous les cas où elle peut être employée, la bougie Chamber-land est préférable.

VÉRIFICATION DES BOUGIES. — Il peut arriver qu'une bougie, même neuve, présente des solutions de continuité minimes, imperceptibles à l'œil nu:

au niveau de ces solutions, le liquide passerait sans filtrer, et la filtration serait inopérante. Aussi est-il nécessaire de vérifier l'étanchéité des bougies avant l’emploi, soit à l’état neuf, soit quand elles ont été soumises à l’action de la chaleur sèche.

Pour vérifier les bougies, on procède comme suit (fig. 33) : Adapter à la tétine un tube de caoutchouc; à l’autre extrémité de ce dernier, adapter un appareil à compression pompe de Potain, poire de Richardson ; plonger la bougie dans un récipient plein d’eau.

Comprimer l'air dans la bougie, en manœuvrant la pompe ou la poire ; surveiller le récipient. Si la bougie est fêlée, des bulles d'air se dégagent et montent à la surface. Une bougie félée est inulilisable.

Pour certaines bougies de laboratoire, sans tétine, on modifie un peu l'expérience : introduire dans la cavité de la bougie un bouchon en caoutchouc, entrant à frottement, et traversé par un tube de verre creux débordant

Fig. 33. — Vérification d’une bougie filtrante. des deux côtés ; relier le tube de

verre à un appareil à compression, et opérer ensuite comme ci-dessus.

ENTRETIEN DES BOUGIES. — Même quand elles filtrent de l’eau claire, les bougies se colmatent; les particules solides forment boue à la surface externe, d’autres obstruent les pores plus ou moins profondément (encrassement) ; on constate l’encrassement par la diminution du débit. La rapidité d’encrassement varie beaucoup suivant la qualité de l’eau et suivant la vitesse de filtration ; en moyenne, il faut nettoyer les bougies (en surface) tous les deux ou trois jours, les régénérer (en profondeur) tous les dix jours. Les mêmes opérations devront être faites chaque fois que la bougie aura filtré un liquide nutritif quelconque (bouillon, sérum).

Pour nettoyer les bougies : les brosser à grande eau. On peut brosser durement les bougies Chamberland ; il faut brosser doucement les bougies Berkefeld.

Pour régénérer les bougies Chamberland, le mieux est de les porter à haute température, de préférence au four à moufle, sinon dans la flamme du bec Bunsen ou du chalumeau: ces procédés régénèrent très bien, le premier surtout, mais ils exposent beaucoup aux fêlures. On évitera généralement ces dernières, en séchant soigneusement les bougies à l’'éluve avant de les soumettre à la régénération. Toute bougie régénérée par la chaleur sera vérifiée au point de vue étanchéité. — On peut s'adresser aux procédés chimiques : a. plonger les bougies pendant quelques heures, téltine surnageant, dans une solution de permanganate de potasse à 1 p.100, puis dans une solution d’hyposulfite de soude à 5 p. 100; enfin laisser séjourner dans une grande bassine d’eau, pour enlever l’hyposulfite; 6. on gagne du temps en procédant par aspiration (Voy. eidessous) : faire passer d’abord du permanganate, puis du bisulfite, puis de

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l'eau distillée ; c. plonger vingt-quatre heures, tétine surnageant, js Pacide chlorhydrique au tiers; rincer ensuite en laissant quelques heure dans l’eau.

La régénération des bougies Berkefeld est beaucoup plus délicate. On peut y faire passer, après brossage, une solution de carbonate de soude ou de l’eau ammoniacale (Nicolle et Remlinger).

Stérilisalion des bougies. — Elle sera faite de préférence à l'autoclave ; humecter la paroi, boucher au coton, envelopper de papier. — La bougie Chamberland se stérilise également bien au four Pasteur ; sécher au préalable. — Pour désinfection (après filtration des liquides septiques), le chauffage dans l’eau bouillante pendanttrente minutes suffit généralement. Placer les bougies dans l’eau froide, qu’on portera peu à peu à l’ébullition.

Appareils de filtration. — Ils sont très nombreux. Nous signalerons seulement les plus couramment employés.

La filtration peut être faite par aspiration (c'est-à-dire sous la pression atmosphérique) ou sous pression.

Par aspiration. — C’est le mode d'emploi le plus fréquent.

Appareil improvisé. — Quand la quantité du liquide à filtrer est assez grande (100 centimètres cubes au moins), il est facile d'improviser un appareil (fig. 34).

Disposition. — Employer un flacon à ouverture assez large, fermer avec un bouchon en caoutchouc à deux trous, traversés chacun par un tube coudé à angle droit; l’un des tubes EE” plonge dans le flacon (tube d'écoulement), l'autre 7< dépasse à peine sous le bouchon (tube d’aspira- Fig. 34. — Appareil improvisé pour filtration. tion); ce dernier est muni d'un tampon de coton un peu serré, entre deux étranglements.

Prendre d'autre part un tube en caoutchouc épais ; adapter une extrémité à la tétine de la bougie F, l’autre extrémité au tube d'écoulement ; serrer les deux ajutages au fil fort ou au fil métallique. Stériliser le tout à l’autoclave, largement entouré de papier.

Fonctionnement. — 1° Développer l'appareil refroidi. Verser le liquide à filtrer dans une éprouvette large. Placer la bougie dans l'éprouvette, en faisant déborder la tétine.

20 Relier le tube d'aspiration A à un appareil d'aspiration, généralement trompe à eau; on peut utiliser la pompe de Potain. Le

ne 3 l’ensemble de l'appareil, et le liquide filtre à travers

oule dans le flacon seulement après quelque temps, a été remplie. Ajouter de temps à autre le liquide rouvette. | antité de filtrat est suffisante, arrêter la trompe à caoutchouc du tube d'aspiration ; l'air rentre en sifflant, mais filtré par le tampon de coton. | 4° Avec les précautions d’asepsie habituelles, enlever le bouchon : le remplacer par un tampon de coton (stérilisé au préalable) ‘ou par un bouchon de flacon répartiteur (p. 141).

Si le liquide est rare ou précieux, recueillir à la pipette le filtrat qui remplit la cavité de la bougie (environ 50 à 75 centimètres cubes pour la bougie Chamberland) ; transvaser aseptiquement.

Le flacon sera toujours en verre épais. Les récipients à paroi mince se brisent souvent sous l'effort de la pression atmosphérique.

On pourrait se servir d’un flacon à deux tubulures.

Répartition du liquide stérile. — Voyez, page 141, l'usage des matras ou flacons répartiteurs.

DisPosiTiF À DOUBLE USAGE. — On peut d'emblée disposer l'appareil (fig. 35) de manière à permettre d’abord la filtration, puis la répartition, sans avoir besoin de changer les bou- RE US chons : dans ce but, on ferme avec un

. ces bouchon à trois trous (ou on emploie

un flacon à trois tubulures), donnant passage à trois tubes : deux disposés comme ci-dessus (écoulement et aspiration) ; le troisième, R, tube de répartition, plonge presque au fond et se termine à l'extérieur par une branche à angle aigu, effilée à l'extrémité, fermée. La filtration terminée, on condamne le tube d'écoulement en scellant à la lampe. La disposition du flacon est alors celle du flacon répartiteur, que nous retrouverons plus loin (p. 141).

Appareiïls spéciaux. — La description précédente nous permettra d'être brefs sur les appareils construits spécialement.

Le mode d'emploi du FiLTrE MarTiN (fig. 36) est facile à comprendre d'après la figure. La bougie Chamberland, contenue dansune armature Chamberland (Voy. plus loin : Filtration de l'eau) commu-

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nique par un tube de caoutchouc épais, E, avec un ballon à trois tubulures, C ; un entonnoir métallique, D, est vissé sur le fond de l’armature. La tubulure supérieure du ballon est mise en communication avec l'appareil à aspiration; le liquide, versé dans l’'entonnoir, traverse la bougie de dehors en dedans. Après filtration, le liquide peut être réparti à l’aide de la tubulure latérale, dont on cassera la pointe. Ce modèle a l’avantage d’être facilement stérilisable et de permettre une filtration continue.

L'APPAREIL DE CHAMBERLAND est analogue au modèle d'appareil improvisé décrit ci-des- © Rire

: : ; Fig. 36. — Appareil à filtration sus, le flacon à trois tubulures étant rem- de Matin placé par un ballon à trois effilures.

Filtration de petites quantités de liquide. — Pour de petites quantités, il est plus avantageux d’avoir recours à des appareils qui retiennent le moins possible de liquide.

On emploiera dans ce but :

a. Le ritre DE Kirasaro (fig. 37). — Simple modification de la carafe à filtrer de Duclaux : flacon conique avec tubulure latérale pour l'aspiration ; le bouchon en caoutchouc, à trou large, porte à son extrémité inférieure une bougie, à son extrémité supérieure un bouchon plus petit, traversé par l’extrémité d’un entonnoir en verre.

Cet entonnoir n’est pas indispensable :

on peut verser directement le liquide à filtrer dans la bougie, à la pipette. Toute bougie sans tête peut être utilisée (modèles Chamberland ou autres). Remarquer que la filtration se fait ici de dedans

Fig. 37. — Filtre de Kitasato. en dehors ; l’encrassement intéresse sur-

tout la paroi interne; il est alors très difficile de nettoyer la bougie, il faut la régénérer (Voy. plus haut). Ne pas oublier de munir la tubulure latérale d’un tampon de coton un peu serré.

b. L'APPAREIL DIT POUR «ESSAIS DE MARTIN » (fig. 38). — [1 comprend une bougie de laboratoire, À, fermée en haut par un bouchon à un trou et suspendue dans un tube à essai, B ; Le tout est placé à l’intérieur d’un large cylindre en verre, C, portant une tubulurelatérale, D,

pour l'aspiration, et fermé par un bouchon à un trou. L’effilure d'un entonnoir traverse les deux bouchons et débouche dans la cavité de la bougie. En faisant le vide, le liquide versé dans l’entonnoir filtre de dedans en dehors et vient se collecter dans le tube à essai. Appareil très pratique, facilement stérilisable en totalité.

c. L'APPAREIL A FILTRATION DE Jouax (fig. 39). Également très commode. Le corps, B, d’une bougie Chamberland, est encastré par la

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