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I. — Chez l’homme

Sang. — 1° Piqüre de la peau. — Pour examen direct (recherche des parasites) ou pour récolter 1 à 2 centimètres cubes en vue d'un sérodiagnostic, la piqûre de la peau suffit.

On choisira de préférence le lobule de l'oreille, moins sensible que la pulpe du doigt.

Laver la peau à l’alcool-éther ; laisser sécher.

a. Pour examen direct, piquer profondément, franchement, avec une épingle ou un vaccino-style flambés; recueillir le sang sur lame, goutte par goutte; étaler ou couvrir d’une lamelle (chap. Analyses bactériol. appliquées à la clinique).

b. Pour récolte du sérum, même opération ; recueillir le sang dans un petit tube. Masser la région pour faciliter l'écoulement.

Nettoyer la plaie à l’alcool-éther.

20 Emploi de la ventouse scarifiée. — Peu recommandable ; le sang n’est pas stérile, et le procédé est douloureux.

Stériliser des ventouses capuchonnées de papier-filtre.

Désinfecter la peau à l’alcool-éther ; laisser sécher, rincer à l'eau stérile. Placer les ventouses et scarifier (bistouri stérilisé) suivant les procédés habituels.

30 Ponction de veine. — Quand on veut cultiver le sang, il est indispensable de Ie prélever dans une veine superficielle. C’est également le procédé de choix quand on veut en recueillir plusieurs centimètres cubes.

Stériliser à l’autoclave une seringue avec son aiguille. Le mieux est de les placer dans un cylindre de verre (fig. 119), un vase à précipiter, etc. ; mettre au fond du coton hydrophile largement imbibé d’eau; boucher à l’ouate et couvrir de papier.

La stérilisation par ébullition est très aléatoire.

Employer de préférence des aiguilles en acier, de 3 à à centimètres, à biseau bien acéré et delarge calibre.

a. Mettre à nu le membre supérieur; le faire reposer, allongé, bien soutenu sur le lit. Placer vers le tiers supérieur du bras une bande modérément serrée. Les veines font saillie.

b. Désinfecter la région du pli du coude à la teinture d’iode.

c. Sur une veine bien turgescente, sans se préoccuper de ses rapports anatomiques, repé- | rer le point de ponction ; éviter de traverser les Fig 119. = Smisar follicules pilo-sébacés, bien visibles (nids à aiguilles. microbes difficiles à désinfecter) et assez espacés.

Pousser l'aiguille, d'un coup sec, la pointe dirigée vers la racine du membre, presque parallèlement à la veine ; la peau traversée, pénétrer dans la veine. Aspirer doucement; le sang doit venir immédiatement.

d. La seringue remplie, enlever rapidement seringue et aiguille : séparer l’aiguille, verser le sang dans un récipient stérilisé; rincer la seringue à l’eau.

Le récipient varie suivant le but cherché. Veut-on simplement récolter le sérum, verser dans un grand lube ou une fiole d'Erlenmeyer stériles. Veut-on pratiquer une hémoculture, on suivra les indications données plus loin (Voy. chap. Analyses bactériol. appliquées à la clinique).

e. Placer sur la plaie un pansement sec. Jamais de collodion.

Sérum. — Le sang ayant été recueilli comme il vient d’être dit, laisser reposer au frais; après quelques heures, le sérum est nettement séparé ; après quarante-huit heures, la séparation est complète. Décanter le sérum, le recueillir en récipient stérile. S'il est trop rouge, centrifuger.

Quand on est pressé, recueillir le sang, avant coagulation, dans un tube à centrifugation ; centrifuger immédiatement. Le sérum se sépare au cours de la centrifugation.

Sérosités (exsudats pleuraux, péritonéaux, méningés, articulaires, etc.), — Les sérosités seront prélevées suivant les procédés courants en clinique; on observera les précautions d’asepsie indiquées à propos du sang.

Si les germes sont peu nombreux, il est nécessaire de centrifuger

CENTRIFUGATION. — Répartir le liquide dans des tubes à centrifugation, stérilisés et bouchés. Çentrifuger. Les microbes et Les éléments cellulaires se déposent au fond, en formant un culot.

a. Pour ensemencer le culot : se munir d’une pipette stérile, à longue effilure, flamber, plonger dans le liquide jusqu’au fond, laisser monter le culot (par capillarité) ; au besoin, aspirer doucement. Retirer la pipette, ensemencer.

On prélèverait de même pour les inoculations.

b. Pour examens directs du culot : on peut opérer comme en a. Quand la sérosité est albumineuse (plèvre, péritoine), il vaut mieux décanter le liquide, en ne laissant que le culot; diluer ce dernier dans un peu d’eau physiologique ; étaler sur lames.

IL existe un grand nombre de modèles de centrifugeurs, à main, à eau, électriques (V. p. 232).

Pus. — Sitôt l’abcès ouvert (par le chirurgien), prélever dans la profondeur, à l'aide d’une pipette à effilure large et forte. Éviter le sang autant que possible.

Si l’abcès ne doit pas être ouvert : désinfecter la peau; ponctionner avec une seringue armée d’une aiguille de gros calibre.

Exsudats des muqueuses. — Exsudats des muqueuses superficielles (conjonctive, vulve, etc.). — Ils seront prélevés à la pipette, à la pince ou au fil de platine, suivant leur consistance.

Exsudats pharyngés. — S'il existe des fausses membranes, les

détacher à l’aide d’une pince, ou, si elles sont trop friables, les enrouler sur un écouvillon droit; sécher la fausse membrane avec du papier-filtre stérile avant d'ensemencer.

Le mucus pharyngé sera prélevé, après rincage de la gorge par gargarisme à l’eau stérile, avec un écouvillon droit (fig. 120).

Exsudats rhino-pharyngés. — La bouche étant largement ouverte, introduire l’extrémité d’un écouvillon coudé (fig. 120) dans le rhinopharynx, en contournant la face postérieure de la luette; imprimer à l’écouvillon de légers mouvements de rotation.

Urines. — Recueillir par cathétérisme asep-

Fig. 120.— Écouvillons tique. Sinon, faire uriner le malade dans trois

coudé et droit. verres stériles, conserver le dernier pour examen.

Selles. — Le plus souvent, il suffit de recueillir les selles dans un vase flambé.

Si les microbes, rares dans les selles, sont plus abondants dans l'intestin grêle (porteurs de bacilles typhiques et paratyphiques), il est préférable de vider d’abord le gros intestin par deux lavages à l’eau bouillie; donner ensuite un troisième lavage, recueillir en plusieurs vases flambés; conserver seulement le dernier pour examen.

Expectoration. — Procédé habituel. — Recueillir les crachats : pourexamens directs, dans un vase propre; pour inoculations, dans un vase stérile.

Récolte pour cultures. — Il faut se débarrasser des saprophytes très nombreux provenant du pharynx et de la bouche. On suivra avec profit la technique suivante, i itée de Kitasato : recueillir un crachat dans un récipient renferma it du sérum artificiel stérile; à l’aide d’une pince ou de papier-filtre, porter dans un deuxième verre d’eau physiologique stérile, agiter; laver de même une troisième fois. Prélever une parcelle au centre.

Pièces chirurgicales. — Les pièces destinées aux examens bactériologiques seront recueillies aseptiquement, suivant les procédés chirurgicaux; on évitera l'emploi des antiseptiques; on évitera également de toucher avec les doigts, même désinfectés. La pièce, manipulée avec des instruments stériles, sera reçue dans un vase stérile; on fera ensuite, et le plus tôt possible après l'extirpation, les prélèvements et ensemencements, suivant les règles ordinaires.

Il. — Chez les animaux de laboratoire.

Sang. — Ponction du cœur. — Ce procédé, d'usage courant en physiologie, est entré depuis quelques années dans la pratique habituelle des laboratoires. Bien conduit, il est inoffensif. Il suffit à tous les besoins. On doit s’y habituer.

Opérer avec des instruments stérilisés : seringue de 20 centimètres cubes, armée d’une aiguille de Roux (lapin); seringue de 2 à 10 centimètres cubes et aiguille de Pravaz (cobaye et rat blanc). On s’assurera que le biseau de l’aiguille est très acéré.

Le cœur du lapin et du cobaye déborde généralement très peu le sternum à gauche (fig. 121, C et PC); il est assez souvent médian

Pour repérer le point de pénétration, il suffit de percevoir au doigt les battements cardiaques ; on ponctionnera vers la pointe, au ras du sternum. — Voici d’autres repères plus précis: chez le lapin, à 3 millimètres du bord gauche du sternum, dans le troisième espace intercostal. On détermine facilement cet espace en repérant de bas en haut; c’est le quatrième espace rencontré en remontant à partir de l'angle chondro-xiphoïdien (Nicolle et Ducloux). Chez le

cobaye, à 1 centimètre environ au-dessus de l'angle chondroxiphoïdien, à gauche, près du sternum (Raybaud et Hawthoorn). Chez le rat blanc, même repère que pour le cobaye.

Au point choisi, raser et aseptiser la peau; enfoncer d’abord l'aiguille à travers les plans superficiels, en ayant soin d'éviter les côtes. Diriger ensuite la pointe légèrement à droite, enfoncer d'un coup sec.

Aspirer très doucement, sans déplacer l’aiguille. Prélever la quantité voulue; on peut prélever sans crainte 20 centimètres cubes chez le lapin, 4 à 6 centimètres cubes chez le cobaye. Retirer ensuite l'aiguille d'un coup brusque.

Séparer l’aiguilie; répartir le sang soit en tubes vides stériles (pour récolte du sérum), soit dans les milieux de culture (pour préparation des milieux sanglants).

Ponction de la veine.— Lapin (fig. 122). — On s'adresse d’ordinaire à la veine marginale de l’oreille. Préparer une, pipette coudée, effilée à son extrémilé ; casser

C'Fig. 121.

— ‘Principaux l repères ! ‘opératoires chez le cobaye.

À, carotide; S, muscle sterno-mastoïdien; V,

veine jugulaire externe; C, cœur; F, bord inférieur du foie ; B, vésicule biliaire. — JA, incision pour ponction de la carotide; IV, pour injection dans la jugulaire; 1B, pour découverte des voies biliaires ; IL, pour laparotomie ; PC, point d’élection pour ponction du cœur ; IS, inoculation sous-cutanée.

l’eftilure avec une pince flambée; au besoin régulariser les bords, les maintenir bien coupants.

a. Comme a (p. 202).

b. Tournant l’effilure de. la pipette vers l'extrémité de l'oreille,

trâverser la peau, pénétrer ensuite dans la veine, très obliquement; enfoncer de quelques millimètres. Le sang monte dans la pipette. Si l'écoulement s’arrète trop tôt, imprimer à la pipette de très légers mouvements.

c. Quand on a prélevé la quantité voulue, enlever la pipette d’un coup sec; sceller l'extrémité.

d. Enlever la pince; placer un tampon antiseptique sur la plaie; le maintenir quelques minutes avec la pince

Ponction de l’artère. — Lapin et CoBaye. — On s'adresse en général à la carotide, qui ne donne pas de branches collatérales ;

Fig. 122. — Pré.èvement de sang dans la veine de l'oreille du lapin.

elle est située derrière la trachée dans une gaine commune avec le pneumogastrique et la jugulaire interne. Le sterno-mastoïdien croise devant (fig. 121, A et IA).

Raser et aseptiser la peau. Pratiquer une incision longitudinale de quelques centimètres, pres de la ligne médiane, au bord de la trachée; inciser l’aponévrose; récliner en dehors le muscle sterno-mastoïdien, récliner également le muscle sterno-thyroïdien appliquésur la trachée. En dehors et en arrière de la trachée, Fig. 123. — Pipette sentir les battements de PERF ar l'artère, la dénuder à la sonde cannelée sur 3 ou 4 centimètres. Placer une ligature serrée à sa partie supérieure ; glisser un autre fil sous la partie inférieure : faire un nœud de ligature,sans serrer (ligature d'attente); en soulevant et comprimant le bout inférieur de l'artère entre les doigts, introduire l'eflilure d’une pipette coudée (lig. 123). Cesser la compression. Le sang Fig. 124. — Appareil Lata- monte rapidement. Quand on à prélevé la pie pour récolte du sang A : RENE

des petits animaux. quantité voulue : serrer la ligature intérieure ;

| enlever la pipetle, sceller,

Sérum. — Opérer comme chez l'homme (p. 213).

Pour augmenter la quantité de sérum obtenue, on peut employer des appareils spéciaux, Signalons l'appareil Latapie (fig. 124) : on coude et effile l'extrémité borgne E d’un tube à essai; l'autre extrémité est introduite dans un autre tube un peu plus large, portant dans sa partie libre deux tubulures latérales; dans l’axe, un petit tube de verre percé de trous, P; une bague de caoutchouc fixe le tube à essai sur le grand tube. Le tout est etérilisé à l’autoclave. — Pour recueillir le sang : disposer l'appareil E en bas, casser E; prélever dans l'artère ou dans la veine, comme ci-dessus. — Pour récolter le sérum : renverser l'appareil; le sérum ‘tombe en F, alors que le caillot est retenu par P. Il ne reste plus qu’à faire compression par $S pour recueillir le sérum en RK.

Au même but sert l'appareil Lumière (fig. 125). On recueille le sang par le bout coudé. Pour récolter le sérum, renverser l'appareil ; le sérum s'écoule, pendant que le caillot est retenu par les pointes de verre.

Fig. 125. — Appareil Lumière pour récolte du Urines. — Fixer l'animal sur le dos; FU laver la région du méat. Asperger le ventre d'eau froide, ce qui provoque la miction.

Recueillir l’urine en plusieurs verres ; garder seulement le dernier. Le prélèvement du pus, des sérosités, etc., sera pratiqué en suivant les mêmes règles que chez l’homme.

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