JI. — ULTRA-MICROSCOPE
On connaît le phénomène de Tyndall : lorsque, dans une pièce close, filtre un rayon de soleil, les poussières en suspension dans l'air deviennent visibles, alorsqu’elles sont habituellementinvisibles; elles deviennent visibles, parce qu'elles réfléchissent la lumière, tandis que tout le reste demeure obscur.
Tout le principe de l’ultra-microscopie est là : dans l’examen ultra-microscopique, on éclaire l’objet, et on n’éclaire que lui ; tout ce qui est autour de l’objet, devant ou derrière lui, doit être obscur. C'est ce qu’on appelle habituellement « l’éclairage sur fond noir ».
On pratique l'examen ultra-microscopique avec les microscopes, objectifs et oculaires habituels, en leur adjoignant des dispositifs particuliers, qu’on peut appeler. « appareils à fond'noir ».
Ces appareils sont assez anciens, puisque les naturalistes les emploient depuis 1853. Mais, faute d’un éclairage suffisant, ils ne se prétaient pas aux examens ultra-microscopiques ; c’est seulement dans ces dernières années que l'emploi de lampes très puissantes à permis leur utilisation en bactériologie, après les travaux de Siedentopf et Zsigmondy (1908), Cotton et Mouton, etc. D’autres travaux, en particulier ceux de Gastou, ont montré quel parti on pouvait tirer de l’ultra-microscope, spécialement
dans le diagnostic de la syphilis.
Utilisation bactériologique. — L’ultra-microscope est surtout ulilisé pour éxaminer à l'état frais des microbes invisibles (sans coloration) par les procédés habituels. Ilest actuellemént d'usage courant dans la recherche du Tréponème de la syphilis.
Dispositifs d'ultra-microscopie. — Appareils à fond noir. — C'est à ces appareils que, par abus de langage, on donne le nom d'ultra-microscopes. Leur but est d'éclairer exclusivement l’objet, en laissant le champ obscur.
LR ULTRA-MICROSCOPE. 229
IL faut pour cela réaliser l'éclairage latéral de l'objet (fig. 127). Les rayons lumineux, arrivant très obliquement sur l’objet, ne pénètrent pas dans l'objectif; l’objet réfléchit la lumière et, le champ étant obscur, devient visible.
Chaque constructeur a son appareil. Citons le prisme parallélipipédique oblique de Cottonet Mouton, le prisme parabolique de Zeiss, le condensateur sphérique de Leitz, le système lenticulaire de Stiassnie. Certains appareils se placent sous la platine du microscope, à la place du condensateur Abbé; les plus récents (Stiassnie, fig. 128 ; Leitz) sur la platine, ce qui est plus commode.
Diaphragme d’objectifs. — Malgré les perfectionnements, un certain nombre de rayons peuvent pénétrer dans l'objectif et éclairer le champ. Pour arrêter ces rayons égarés, on intercale au-dessus de Îa lentille frontale de l'objectif un diaphragme, en forme de petit abat-jour. Le diaphragme de Stiassnie peut être RE adapté aux objectifs ordinaires. D'autres (Leitz, de re ES Zeiss) construisent des objectifs avec dia- microscope Stiassnie. phragme fixe.
Moyens d'éclairage. — Source lumineuse. —-Elle doit être très puissante. On emploie communément la lampe électrique de Nernst; le bec à incandescence (fig. 128) avec réflecteur peut suffire.
Condensateur. — Indispensable pour obtenir le maximum d'éclairement.
a. Le condensateur est le plus souvent placé entre la lampe et le miroir : lentille condensatrice (Leitz), boule en verre remplie d’eau (Zeiss). Dans ce cas, le miroir doit être placé exactement au foyer optique de la lentille, qu’on détermineen cherchant avec une feuille de papier le point où se forme l'image des fils de la lampe; ce repérage est une petite difficulté. :
b. Mieux vaut placer le condensateur ultra-microscopique à la place du condensateur Abbé, comme dans l'appareil Stiassnie.
Importance de certains accessoires. — Il faut des lames et des lamelles extrêmement propres, sans quoi elles produisent des images lumineuses; de l'huile de cèdre bien fluide et homogène. — Pour certains appareils (Zeiss), les lamelles doivent avoir une épaisseur déterminée.
Technique des examens ultra-microscopiques.
IL faut successivement : disposer régulièrement l’ensemble des appareils; centrer l'appareil à fond noir; préparer et mettre en place l’objet à examiner; mettre au point etexaminer.
Disposition des appareils. — Adapter au microscope les objec-
UD
im
Fig. 128. — Ultra-microscope de Stiassnie.
{ifs voulus : toujours au moins un objectif faible (pour centrage) et un objectif fort (pour examen). Pour les examens, on peut employer soit l'objectif à immersion, soit les objectifs à sec 7, 8 ou 9.
Assurer l'éclairage. C'est très simple avec l'appareil Stiassnie : approcher la lampe du miroir. — Avec les appareils à lentille condensatrice, il faut effectuer une fois pour toutes le repérage (Voy.