CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES TRYPANOSOMES
Nutrition. — Il est fort probable que les Trypanosomes se nourrissent par osmose, leur permettant des échanges entre leur substance et le milieu nutritif où ils vivent.
Produits toxiques. — Les Trypanosomes pathogènes doivent élaborer des produits toxiques, témoin les phénomènes d’anémie constatés chez les sujets qui en sont porteurs. Mais on n’a pu mettre encore en évidence les toxines produites.
Cultures. — On obtient des cultures à 22° en milieu de Novy et Mac Neal (gélose au sang) avec les Trypanosomes non pathogènes (Trypanosomä Lewisi, Trypanosome des Oiseaux et des Batraciens). Ces cultures sont indéfiniment repiquables. Les Trypanosomes cultivés sont allongés, mobiles, mais dépourvus de membrane ondulante. Dans les vieilles cultures, ils s’amassent en rosace, les flagelles en
occupant le centre.
Les Trypanosomes pathogènes ne sont pas cultivables. Pouvoir pathogène. — Tous les Trypanosomes ne sont pas
pathogènes. (Certains, comme Tryp. Lewisi, Tryp. Theileri peuvent se rencontrer en abondance dans le sang du rat, sans provoquer le moindre trouble morbide.
Le groupe des Trypanosomes non pathogènes se distingue du suivant par quelques détails morphologiques et par la constance de leur virulence pour l'animal qu'ils ont infecté; puis ils ne parasitent qu’une seule espèce animale.
Les Trypanosomes pâthogènes peuvent parasiter plusieurs espèces animales différentes. Transportés d’une espèce à une autre, ils subissent progressivement l'adaptation à celte dernière, accroissent leur virulence vis-à-vis d'elle et la perdent pour leur hôte d’origine.
Réaction vis-à-vis des sérums de sujets infectés. — Le sérum d’un animal trypanosomé, mis en contact avec un Trypanosome de la même espèce, présente vis-à-vis de ce dernier une action trypanolytique (Levaditi et Muttermilch). Leger et Ringenbach ont montré que cette action n'était pas rigoureusement spécifique, car les Trypanosomes d'espèce différente, étrangers à l'infection de l'animal, peuvent la subir également. Néanmoins l'existence de la réaction permet d'affirmer que l'animal infecté est réellement trypanosomiasique.
Levaditi et Muttermilch ont encore décrit le phénomène de l’attachement; il est plus spécifique que le précédent : mis en contact avec le sérum d’un organisme trypanosomé, le Trypanosome correspondant s'attache aux leucocytes prélevés sur des lapins ou des cobayes sains. Ce phénomène ne se produirait pas avec des Trypanosomes d'espèce étrangère.
1012 TRYPANOSOMES.
TRYPANOSOMA GAMBIENSE.
Trypanosom 1 gambiense, découvert par Dutton en 1901, est le parasite spécifique de l'infection dénommée trypanosomiase humaine, qui, ainsi que nous le verrons, prend le masque d'une infection
Fig, 303. — Trypanosoma gambiense dans le sang (coloration par le Giemsa).
générale sur laquelle se greffent des lésions méningées donnant lieu à la « maladie du sommeil ».
MORPHOLOGIE
Le parasite montre les caractéristiques suivantes (fig. 356) :
IL est long de 17 à 28 u, large 1p,40 à 2 à (Laveran et Mesnil); la masse protoplasmique, allongée, contient des granulations chromatiques; le noyau a une forme ovalaire et occupe la partie médiane; le centrosome est parfois entouré d’une vacuole. Le flagelle libre présente une longueur égale au quart de La longueur du parasite. La portion libre est par 1ois très réduite, ou même absente; le protoplasma se prolonge alors jusqu’à son extrémité terminale ; il s'agit là de formes courtes se montrant à côté de formes longues.
La membrane ondulante est étroite et très ondulée.