‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 84 sur 110 · LÈPRE (HANSEN · texte numérisé non relu

LÈPRE (HANSEN

SEHUM OLYCÉRINÉ.

POMME DE TERRE

PLAQUES

PRINCIPALES PROPRIÉTÉS

BIOLOniQUES.

INOCULATION AUX ANIMAUX

A 37», sur plaques de gélose fondue on obtieni des taches rondes, grisâtres, qui, à un faible grossissement, sont plus épaisses au centre qu'à la périphérie; les bords eu sont irréguliers et dentelés, et formés de filaments sinueux formant un fin réseau

Le bacille de la lèpre, d'après Bordoni - Uflfreduzzi, pousse de 20» à 37» et 38».

Sa température eu génésique est 37»

(Bordoni - UlTreduzzi). Il pousse extrêmement lentement.

Il se colore comme le bacille de la tuberculose, résiste comme lui à l'action des acides.

Jlse colore par

le Grain.

Au point de vue des réactions colorantes, il se distingue du bacille de Koch en ce qu'il se colore pas par les solutions

hydroalcooliqucs des couleurs d'aniline, et se colore rapidement par le Gram.

Il serait anaérobie d'après Ducrey.

Melcher, Ortlimann , Dampf , Vossius, ont obtenu des résultats douteux. ■

Tedeschi , on inoculant des cobayes, des lapins et des singes dans les centres nerveux, a déterminé la mort chez un singe, inoculé sous la dure-mère, au bout de 6 jours.

L'exsudat méningé, la rate et la moelle contenaient de nombreux bacilles lépreux.

A 37", sur sérum glycérine et peplonisé, il se forme lenlement une colonie rubanée, à bords sinueux , de teinte légèrement jaunâtre. Le milieu n'est jamais li(|uérié. Lorsqu'il existe du liquide au bas du tube, la culture s'y développe un pou, on laissant le liquide clair.

Néant.

LÈPRE

Localisations du bacille de la lèpre. — Peau. — « On trouve le bacille de la lèpre partout, sur le tégument, particulièrement dans la partie succulente du chorion, le réseau lymphatique cloisonné, les lymphatiques étoiles, l'atmosphère conjonctive des capillaires

Fig. 4i. — Cellules lépreuses.

dermiques et hypodermiques et des dernières ramifications nerveuses. Sauf violation mécanique, l'épiderme proprement dit reste indemne. » (Bcsnier.)

Les bacilles se monlrenl surtout dans le derme, qui est infiltré de grosses cellules remplies de bacilles. Ce sont les « cellules lépreuses )>.(Fig. 41.)

LÈPRE

Sur une coupe de eau, on voil constamment deux bandes de tissu, l'une dermique, l'autre plus profonde, infiltrées par le microbe spécifique et séparées par une bande de tissu sain où ne se trouve aucun bacille.

Muqueuses. — On le trouve en grandes quantités dans les muqueuses oculaire, nasale, bucco-pliaryngienne et laryngée. Les muqueuses viscérales, sauf celles du rectum et du côlon, ne sont guère atteintes.

Viscères. — Dans les viscères on retrouve surtout le microbe au niveau de la rate et de la moëlle osseuse, où il existe à l'état de culture pure, en quanti lés prodigieuses (Nocard et Roux).

Sang. — 11 n'existe pas dans le sang. L'absence du bacille dans le sang est la règle (Besnier). J'ai recherché avec beaucoup de soin, dans six cas de lèpre, le bacille, en pratiquant des piqûres au niveau de léosins cutanées lépreuses, et je n'ai jamais, malgré des examens répétés, pu isoler du bacille lépreux. L'urine ne contient jamais de bacilles.

Lymphe. - Le bacille de Ilansen existe, par contre, dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques, d'une façon constante.

Système nerveux. — Le système nerveux central est généralement indemne. On l'a, par contre, trouvé fréquemment dans les fines ramifications nerveuses Soudakewitch, Pitres (I).

La lèpre débute le plus souvent par une lâche, d'aspect tout à fait banal, autour du front ou du nez, ne

(1) M. Pitres chez un malade qui avait été pris pour un syrinsonivéh(|ue, a trouvé le bacille de la lèpre dans un nerf sous-cutané de l'avaiit-

LÈPRE

présentant aucun caractère objectif, sauf Vanesthésic qui existe à son niveau et autour d'elle.

Si l'attention du médecin est mise en éveil, soit par les antécédents du malade, soit par son pays d'origine, il importe de faire d'une façon précoce le diagnostic bactériologique de la lèpre. Pour cela, on devra exciser un fragment de peau sur la tache, faire des frottis à l'état frais, et pratiquer des coupes du morceau excisé.

Les lamelles, faites avec les frottis, seront colorées par le procédé de Baumgarten : séjour de cinq minutes dans la liqueur d'Ehrlich. Décoloration dans une solution d'acide nitrique dans l'alcool, une pour dix parties d'alcool. Le bacille de Hansen reste coloré, tandis que le bacille de Koch reste incolore quand il est traité par ce procédé rapide.

La méthode de Gram donnera également des résultats positifs avec le bacille de la lèpre (1); tandis que celui de la tuberculose n'est pas coloré par cette méthode, à moins d'un séjour de 24 heures au moins dans le bain colorant.

D'ailleurs, le fait de trouver des bacilles morphologiquement semblables à ceux de la tuberculose, dans une simple macule cutanée, implique une quasi certitude en faveur du bacille de Hansen. On sait en elTet qu'il est exceptionnel de trouver des bacilles de Koch dans les ditTérentes formes de tuberculose de la peau.

L'examen histologique des coupes conllrmera celui

(I) M. Dai'ku' conseille de ne faii'e agir l'iilcool que [jcnilanl nn Icnips LiM>s coni t, api'ès le Lugol, i|uand on colore le bacille de la If'pre par If (jrani. Au sortir du Lugol, on essuie la lamelle avec du papier liinard. on lait l'oulei- une goutle d'alcool et on traite ensuite par les essences.

PSEUDO-TUBERCULOSES MICROBIENNES. 429

des lamelles. Les bacilles de la lèpre dans les lésions cutanées du début, peuventètre parfois peu nombreux. Dans un léprome cutané datant de quelques mois que j'ai examiné avec M. Marcano, il existait dans le derme des cellules lépreuses, dans lesquelles nous n'avons pu mettre en évidence que de rares bacilles.

Ducrey (1) a réussi récemment à cultiver, dans la gélose glucosée, le bacille de la lèpre ensemencé par piqûre. Ce micro-organisme se développe eu quarantehuit heures dans le vide, dans le bouillon ordinaire. A l'air, il ne se développe rien, ni sur la gélose simple, ou sucrée ou glycérinée. Ducrey a conservé un an une culture de lèpre, qui réensemencée dans le bouillon v à Tabri de l'air, donna une culture abondante. 11 se forme d'abord un léger enduit le long des bords du tube, puis la surface entière du bouillon ne tarde pas à être couverte.

Pseudo-tuberculoses microbiennes.

Le groupe des pseudo-tuberculoses microbiennes est extrêmement mal défini. Il comprend un petit nombre d'observations dans lesquelles ont été décrits, d'une façon plus ou moins précise, des microorganismes d'espèces dilTérentes.

On a trouvé ces germes tantôt chez l'homme, tantôt chez les animaux, tantôt dans l'air ou le sol. Les cas humains sont ici les seuls qui nous intéressent. Ils sont au nombre de huit. Voici les noms des observateurs et la provenance du microbe issu :

Malassez et Vignal {Arch. de phys., 1883) : nodule

(I) Ducrey, Giorn. ital. délie mal. ven. XXVII, 1892, p. 76.

430 PSEUDO-TUBERCULOSES.

tuberculeux sous-cutané chez un enfant morl de mcningile tuberculeuse (fig. 41) ;

Manfredi : crachats de pneumoniques ;

Amrush {Wien. med. Jahresbericht, 1886);

SoWes (Congrès de la tub., 1888): poumons humains;

Pseudo-tuberculose bacillaire. Granulalion hépatique dont les cellules centrales sont vivement colorées. Gr. 250, D.

Du Cazal et Vaillard {Ann. de Vlnst. Pasteur, 1891) : dans les nodules péritonéaux, le sang du cœur et des viscères, chez un homme morl avec les signes d'une entérite infectieuse à forme algide;

HayemelLesage (Soc. méd. des hôpit., 1891) dans la capsule surrénale et les organes d'un homme mort au milieu de symptômes choléri formes ;

Charrin (Soc. de Inol., il octobre 1891): dans les

PSEUDO-TUBERCULOSES MICROBIENNES. 431

granulations pulmonaires d'un homme mort avec les symptômes de la granulie ;

Legrain {Aim. de Vlnst. Pasteur, 1891) dans les crachats d'un phtisique.

La morphologie des micro-organismes trouvés dans

. Psoudo-luberculosc zooglùique (Poumon de poulo). B. Tuberculose. Foie de faisan.

ces différents cas est tout à fait variable. Les uns ne se colorent que fort mal ou point du tout ; les autres, au contraire, fixent bien ;ia matière colorante.

11 on est de même pour les caractères dans les milieux de culture. Ils liquéfient ou ne liquéfient pas la gélatine, etc.

PSEUDO-TUBERCULOSES

Le seul j)oinL commun de ressemblance qu'ils aienl entre eux est ([u'ils produisent des lésions expérimentales, macroscopiquement à peu près semblables. C'est une analogie grossière qui leur a fait donner le nom de pseudo-tuberculoses (fig. 43). Il faut cependant, croyons-nous, retenir ce terme, car il met en garde contre des erreurs de diagnostic anatomique. (Test surtout chez les animaux, au laboratoire, que l'on pourrait commettre cette erreur, car les cas de pseudotuberculose, fort rares chez l'homme, sont plus fréquents chez les animaux.

Pseudo-tuberculoses aspergillaires.

CoNSULïEU : Dubreuilh, Arch. de inéd. ex/)., 1890. — Dicalafoy, Chanteiuesse et Widal, Congrès de Berl., 1891. — Rénon, Th. Paris, 1893.

Cette pseudo-tuberculose est causée dans la grande majorité des cas par un champignon, l'aspergiUus fumigatus. Les gaveurs de pigeons aspirent accidentellement les spores de ce parasite, qui se trouve à la surface des graines (Rénon).

Voici un tableau des principales propriétés biologiques de ce parasite:

PSEUDO-TUBERCULOSES ASPERGILLAIRES. 433

434 PSEUDO-TUBERCULOSES ÂSPERGILLÀIRES.

Les observations depseudo-luberculose aspergillaire sont rares. On en connaît une observation de Dieulafoy, Ghantemesse et Widal, une de M. Polain, une de Rénon, une de Wheaton {Brit. med. Journal, 1890), une récente de Gaucher et Sergeant, une de Boyce.

Les signes sont ceux de la tuberculose pulmonaire. La profession des malades devra attirer l'attention du médecin, et le diagnostic sera fait par l'examen des crachats. Rénon conseille de faire un frottis avec les parties vertes des crachats, des lamelles, et de colorer dans la safranine, en solution aqueuse, pendant dix minutes. On obtient ainsi une belle coloration du mycélium et des spores qui sont colorées en rouge orangé clair.

L'examen microscopique peut rester négatif. Dans ces cas, il faudra ensemencer les crachats dans le liquide de Raulin.

Le bacille de Koch peut se trouver mêler à l'aspergillus fumigatus (deux obs. de Rénon).

Il faudra donc procéder systématiquement à l'inoculation intrapéritonéale d'un cobaye, lorsque la recherche du bacille de Koch dans les crachats sera restée négative. On pourra ainsi déterminer si l'on a affaire à la pseudo-tuberculose aspergillaire vraie ou aune affection mixte, ce qui est probablement la règle. Gette dernière forme a été reproduite expérimentalement chez les animaux par Rénon.

En dehors de l'aspergillus fumigatus, Eppuiger a trouvé dans les poumons, la plèvre et le pus d'un abcès cérébral, un cladothrix (aspergillus astéroïdes), dont l'inoculation aux animaux a détermine une pseudo-tuberculose.

• >aj)seUdo-tuberculosc aspergillaire junit simuler

Page 1