‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 113 sur 398 · Zeitsch. f. hyg · texte numérisé non relu

Zeitsch. f. hyg

4» Kubel-Tiemann-Gartner, « Wasser », Brunschwlg, 1889.

Si l'on agite la vase du fonds des puits, le contenu bactérien augmente et la purification par dépôt ne se fait pas rapidement, ainsi qu'en témoignent les chiffres de Rubner * :

Avant l'agitation du fond 1 620 bactéries par ce.

De suite après l'agitation 1 475 000 —

3 heures après 196 000 —

2 jours après 41000 —

26 jours après 960 —

Il a donc fallu près d'un mois pour que les bactéries reviennent à leur chiffre initial.

Les puits ouverts sont sujets à des contaminations multiples. Que dire de ceux où l'on va puiser l'eau en y lançant un seau qui tombe dans le fond avec fracas, seau que l'on transporte à la maison et qui se souille à tous les détritus de la cuisine, du sol !

Bactéries dans les eaux courantes superficielles. — Les variations qualitatives et quantitatives des bactéries dans les eaux courantes sont pour ainsi dire indéfinies; aussi devons-nous nous contenter d'exposer les seuls faits généraux applicables dans la plupart des cas.

Parmi les principales causes de pollution des eaux nous devons citer le voisinage des lieux habités, des agglomérations humaines qui y déversent tous leurs détritus. Les chiffres suivants sont suffisamment indicatifs :

L Arch. f. hyg., 1890.

Bactéries par ce.

Au-deg8U8. Au-dessous.

Rhône à Lyon (G. Roux) 75 800

Saône à Lyon — f)86 4280

Sprée à Berlin (Frank) 4 300 97 400

Main à AVurtzbourg (Rosenberg) 520 15 500

Limmat à Zurich (Schlatter) 1 620 37 040

Seine à Paris (Miquel) 75 000 270 750

Nous verrons ultérieurement que les fleuves souillés se purifient assez rapidement.

Les saisons exercent aussi leur influence. Elle est prouvée par les analyses de Miquel, de Percy-Frankland.

Nous les résumons dans le tableau suivant :

Hiver. Printemps. Élé. Automne.

Marne à Saint-Maur. ... 158 000 46 000 23 000 120 000

Seine à Ivry 100 000 96 000 19 000 75 000

Seine au pont d^Austerlitz. 144 000 77 000 67 009 112 000

Seine à Chaillot 174 000 162 000 415 000 232 000

Tamise à Hampton 38700 11000 5500 28600

Lea à Chingford 18 700 5 000 5 000 27 700

Vanne 1840 940 720 940

Dhuis 6 565 1910 1045 6 680

Avre 3185 1115 1935 1490

Il ressort de ces analyses, qui représentent une moyenne d'observations prises pendant plusieurs années, que le maximum du nombre des bactéries se trouve en hiver et en automne, le minimum au printemps et surtout en été. L'augmentation de l'automne et de l'hiver, saisons de pluies, se comprend bien, la diminution de l'été s'explique aussi par le volume moins abondant, la vitesse moins grande ; la diminution du printemps s'explique moins car cette

saison est pluvieuse. Dans les lacs les recherches de Fol et Dunant, de Karlinski ont établi que le nombre des bactéries est plus grand au voisinage des bords qu'au milieu.

Fol et Dunant* trouvent 150 000 bactéries par centimètre cube sur les bords du lac Léman et 38 au milieu du lac. Karlinski ' trouve 16000 germes par centimètre cube dans Teau du lac de Borke (Herzégovine) sur les bords, et 400 à 200 m. du bord. Karlinski a observé également que le nombre décroît avec la profondeur, mais augmente beaucoup quand on approche du fond vaseux.

Bactéries de Teau de mer. — Dans Veau de mer on observe des faits analogues. De Giaxa ' compte 298 000 germes par centimètre cube, dans le golfe de Naples, au débouché de l'égout de Chiatamone, et 10 seulement à 3 km. du rivage.

Russel ♦ constate que dans le golfe de Naples, à 800 m. de profondeur et à 15 km. de la côte il n'y a que 22 à 34 germes par centimètre cube tandis qu'au même endroit la vase en renfermait 24 000.

Les eaux minérales sont en général très pauvres en microbes. On le comprend sans peine, car ce sont des eaux de source et de plus on prend des précautions pour les capter et les amener à l'établissement

1. Recherches sur le nombre des germes vivants que renferment quelques eaux de Genève, Genève, 1884.

Page 1