Alimentation d'eaux de Zurich, Zurich
3. Manuel pratique d'analyse bactériologique des eaux, Paris, 1891.
Miquel a trouvé des résultats analogues pour la Dhuis, la Marne et l'Ourcq.
Un échantillon d'eau de Seine contenant 4 800 bactéries par centimètre cube, n'en renfermait que 220 au bout de neuf ans. Un échantillon d'eau de la Vanne renfermant 66 bactéries n'en avait plus au bout de dix ans.
Cramer, analysant un échantillon des eaux du lac de Zurich, a trouvé les chiffres suivants :
A rorigine 143 bactéries par ce.
Après 1 jour 12 457 —
— 3 jours 328 543 —
L'augmentation des premiers jours s'explique par ce fait que l'eau mise en flacons est soustraite dans une certaine mesure aux influences retardantes ou destructrices du mouvement, de l'oxygène, de la lumière. Quant à la décroissance ultérieure, elle est due non à l'appauvrissement de l'eau en matériaux nutritifs, mais à la présence de matières toxiques et à la concurrence vitale.
La présence des matières toxiques est démontrée par Miquel. Les unes sont volatiles et sont détruites par la chaleur, les autres sont lixes. La concurrence vitale a pour efTet de laisser des espèces se développer au détriment des autres. Nous en reparlerons plus loin.
Les bactéries pathogènes dans l'eau. — Les faits
que nous venons d'exposer se rapportent à des bactéries aquatiques, c'est-à-dire habituées à l'eau. Il n'en va pas de même pour les bactérie «^ pathogènes dont l'habitat normal est tout autre.
Leurs exigences nutritives sont plus grandes, et le fait seul de passer du bouillon de culture ou de l'organisme dans loau est une condition fâcheuse.
La composition de l'eau, sa teneur plus ou moins grande en sels, en oxygène, acide carbonique, etc., sont autant de facteurs qui peuvent faire varier la vitalité des bactéries. Et il faut avoir grand soin en semant les bactéries dans l'eau de n'y pas jeter des matériaux nutritifs provenant du milieu de culture; sans cette précaution, l'eau n'exerce plus aussi bien son pouvoir bactéricide.
Une autre condition essentielle est de spécifier si l'eau étudiée est stérilisée ou non; car en ce dernier cas il faut tenir compte de la concurrence vitale. Les tableaux qui suivent feront ressortir cette importante différence.
La filtration sur porcelaine, le chauffage à air libre ou sous pression, modifient la composition des eaux et par suite leur pouvoir bactéricide. C'est ce que nous voyons de suite dans les expériences de Hankin * faites avec le bacille cholérique dans les eaux du Gange.