‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 131 sur 398 · Arch. de méd. expér., sept · texte numérisé non relu

Arch. de méd. expér., sept

212 LES BACTÉniES DANS L'ORGANISME

De ces faits nous pouvons conclure que les bactéries introduites dans le sang en disparaissent rapidement en quelques minutes; qu'elles sont arrêtées dans les organes, où la lutte s'engage entre elles et les leucocytes (microphages), les cellules endothéliales et cellules fixes des tissus (macrophages). Si la bactérie n'est pas pathogène ou si l'animal est immunisé, les bactéries disparaissent par phagocytose; dans le cas contraire elles pullulent, deviennent libres et réapparaissent dans le sang en nombre de plus en plus grand, jusqu'au moment de la mort.

Ces faits expérimentaux concordent pleinement avec les données de la clinique qui nous montrent la difficulté que l'on a à retirer du sang pour les cultiver, les bactéries ayant déterminé une maladie infectieuse.

Élimination des bactéries. -— Les bactéries peuvent s'éliminer, le fait n'est pas douteux. On a trouvé dans Vurine le bacille typhique; dans le lait la présence du bacille tuberculeux est fréquente, même la glande mammaire étant saine. L'observation suivante de Roger et Garnier est très instructive : Une femme tuberculeuse meurt de poussée aiguë dixsept jours après son accouchement. La glande mammaire est saine. Le lait fut inoculé à un cobaye qui mourut tuberculeux. L'enfant de cette femme prit le seinjiendant deux jours seulement; il mourut six semaines après sa naissance avec des granulations tuberculeuses dans les ganglions mésentéri* ques, le foie, la rate, les reins. Ces localisations sont

l'infection 213

la preuve que Tenfant avait été infecté non pas héréditairement, mais par le lait. La plupart des auteurs, et ils sont légion, qui ont cherché le bacille tuberculeux dans le lait de vache et le beurre ont eu des résultats positifs dans près de 25 p. 100 des cas. L'infection tuberculeuse du lait est une des causes principales de la contagion chez les enfants, et dicte les précautions que l'on doit prendre.

Les bactéries traversent aussi le placenla, Malvoz, Straus et Chamberland ont constaté que le charbon peut traverser la barrière placentaire, mais que le fait est exceptionnel, au moins chez le lapin, et que ce passage ne se produit qu'à la faveur d'une rupture des vaisseaux.

Wolf * a fait les mêmes constatations.

L'élimination des bactéries par le placenta conduit à la question de Vhérédité des maladies infectieuses. Cette hérédité est surtout importante en ce qui concerne la tuberculose. Or on sait aujourd'hui, à n'en pas douter, que la tuberculose héréditaire, donnée par le passage des bacilles de la mère au fœtus, est un fait possible mais rare. Les observations portant tant sur l'homme que sur les animaux montrent que les issus de parents tuberculeux sont rarement tuberculeux à la naissance. On sait aussi que les enfants héritent du terrain tuberculeux, c'est-à-dire d'un sol propice au développement du bacille tuberculeux. La nature de ce sol n'est pas

Page 1