‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 155 sur 398 · Ann. Inst. Past · texte numérisé non relu

Ann. Inst. Past

auxquels ces animaux sont très sensibles, les bactéries traversent l'alvéole, et se répandent dans le sang. Avec le rouget du porc, non virulent, on ne trouve de bacille ni dans le sang, ni dans le poumon, quatre heures après l'injection. Les bacilles ont été phagocytés.

Avec le pneumocoque de Weichselbaum chez le lapin, qui est très sensible, il n'y a pas de phagocytose ; chez le chien, qui est réfractaire, les bacilles ont disparu en trois ou quatre jours. Wyssokovitch, Pleck, Laehr ont également décrit la phagocytose dans le poumon avec le Staphylococcus aureus. La phagocytose s'exerce uniquement par les leucocytes.

Tchistowitsch injectant dans le poumon de la poudre de carmin constate que seuls les leucocytes sont capables de s'en incorporer les grains. Borrel * étudie la formation du tubercule pulmonaire après injection intraveineuse de culture de bacilles tuberculeux. Il observe que les bacilles arrivés dans l'ai* véolc par la voie sanguine sont immédiatement entourés par des cellules lymphatiques qui accourent pour les détruire; malheureusemeet c'est le bacille qui souvent est le plus fort, c'est lui qui par sa tuberculine tue les leucocytes, et c'est ce rempart d'éléments cellulaires autour de la colonie de bacillaires qui constitue le tubercule.

Quand le bacille tuberculeux pénètre dans les voies respiratoires, venant de l'atmosphère, il se

dépose contre les parois bronchiques et alvéolaires, et les phagocytes nous en débarrassent le plus souvent. Mais dans un grand nombre de cas, ces bacilles pénètrent dans les lymphatiques et sont transportés dans les ganglions du médiastin. Là, ils peuvent s'enkyster définitivement sous forme de tubercule fibreux, ou aboutir à la caséifîcation du ganglion et repartir de cette étape pour aller se loger dans quelque organe. La tuberculose des ganglions du médiastin, ou la tuberculose des poumons est à ce point fréquente qu'on la trouve dans la moitié des autopsies que l'on pratique, sur les sujets morts d'une cause quelconque (N. Guillot, Brouardel, Letulle, Bollinger, Queyrat, Landouzy, Schlenker). La présence du bacille tuberculeux dans les organes respiratoires est donc d'une fréquence inouïe, et justifie toutes les mesures que l'on prend en vue de la prophylaxie de la tuberculose, et même celles que l'on ne prend pas et qui néanmoins s'imposent.

Page 1