INFLUENCE DE LA QUALITÉ
sécréter des substances toxiques >. Cela revient à dire que la virulence crée la maladie. Mais une bactérie virulente pour un animal ne l'est pas pour un autre; une bactérie non virulente pour un animal peut le devenir dans des conditions déterminées. En fait la virulence est très contingente.
Ceci demande quelques explications.
Soit un pigeon réfractaire au charbon : faisons-lui respirer des vapeurs d'oxyde de carbone, ou d'acide carbonique ou de sulfure de carbone; injectons-lui du bacille charbonneux, il mourra (Di Mattei *). Le bacille est-il devenu plus virulent? Non. C'est l'organisme qui a perdu ses défenses, son immunité; le bacille extrait de ce pigeon ne tuera pas un pigeon normal. Le fait est le même pour la poule qui prend le charbon si on la refroidit, pour la grenouille qui succombe au tétanos si on la chauffe. Soit maintenant une vieille culture de charbon, qui ne tue plus le cobaye adulte qui est pourtant très sensible. Rajeunissons-la en l'inoculant en série à des cobayes de quelques jours, puis de plus en plus âgés ; au bout de cinq ou six passages, la culture tuera le cobaye adulte.
C'est bien là l'exaltation de la virulence, car l'organisme de l'animal n'a pas varié.
Puisque la virulence se traduit en somme par la maladie et la mort, il est nécessaire de faire ressortir, quand on le peut, la part qui revient