‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 191 sur 398 · Ann. Inst. Past., février · texte numérisé non relu

Ann. Inst. Past., février

une patte d'un lapin Témulsion de cerveau, à l'autre patte la toxine, les animaux meurent du tétanos. On en a déduit que si l'injection du mélange de substance cérébrale et de toxine ne donne pas le tétanos, c'est que la toxine s'est fixée sur la substance nerveuse par un phénomène d'adhésion tinctoriale et qu'elle n'est pas absorbée. Danysz* a fourni la preuve de l'exactitude de cotte hypothèse. Le mélange de substance cérébrale et de toxine est laissé en repos pendant deux heures, on ajoute de l'eau salée et on agite à plusieurs reprises pour bien laver ; au bout d'une heure on centrifuge, et le liquide clair est injecté à dos souris qui prennent le tétanos. Donc la toxine fixée sur la substance cérébrale en a été chassée par le lavage et n'était nullement détruite, puisque les animaux meurent par l'injection du liquide de lavage. Ces expériences expliquent pourquoi le sérum antitétanique, si actif comme agent préventif, ne guérit pas quand le tétanos est déjà déclaré. Injectée préventivement, l'antitoxine détruit la toxine alors qu'elle est en cir culation et avant qu'elle ait atteint les centres nerveux, mais dès que la toxine a pénétré dans les centres nerveux, elle les imprègne si intimement que l'antitoxine est impuissante à la détruire. Ce sont ces considérations qui ont engagé Roux et Borrel à préconiser les injections de sérum directement dans le cerveau, dans les cas de tétanos

Page 1