Ann. Inst. Past., juin
POUVOIR ANTITOXIQUE. — SÉROTHÉRAPIE âèïK
de ce sérum (antiarsénine) n'agit pas en neutralisant l'arsenic, pour les deux raisons suivantes.
Une dose double de sérum n'empêche pas la mort si l'on injecte une dose d'arsenic double de la dose mortelle. Un lapin vacciné dont le sang r(*nferme une quantité d'antiarsénine capable d'immuniser plusieurs lapins est lui-môme incapable de supporter une dose d'arsenic supérieure à la dose minima qui tue les lapins témoins. Au surplus quand on injecte le sérum et l'arsenic, il se produit les mômes réactions leucocytaires : une hyperleucocytose immédiate et progressive. Besredka a constaté aussi que le sérum est impuissant à préserver l'animal si l'arsenic est injecté dans le cerveau. Cette impuissance est due à ce que dans le cerveau il n'y a pas de leucocytes.
Nous voyons donc les leucocytes capables d'absorber et de détruire les toxines et les poisons. Cette faculté est le pouvoir toxinicide.
De ces faits on doit conclure que l'antitoxine n'exerce pas son action directement sur la toxine, mais qu'elle stimule les cellules de l'organisme, notamment les leucocytes, qui sont chargés de la destruction de la toxine par un phénomène de digestion.
L'antitoxine a encore pour effet de rendre les cellules insensibles à la toxine. Les expériences de Calmette et Deléarde * le prouvent. On sait que la