Ann. Inst. Past., oct
CYTOLYSINES 305
si Ton injecte sous la peau ou dans \c péritoine d'un animal du sang d'un animal d'une autre espèce, le sérum du premier détruit les hématies du second {sérum hémoly tique, globulicide, hémotoxique). Avant d'être détruites, les hématies sont agglutinées et précipitées. La substance agglutinante et la substance globulicide sont difîérentes, car si l'on chauffe le sérum à 55<», l'agglutination se produit, mais il n'y a pas destruction des globules.
La globulolyse ne se produit pas seulement in vitrOy mais aussi in vivo. Soit un cobaye ayant reçu sous la peau plusieurs injections de sang de lapin ; si l'on injecte dans son péritoine du sang défibriné de lapin, les hématies sont détruites en quelques minutes.
Si l'on injecte dans le péritoine d'un cobaye neuf du sang de lapin et du sérum hémolytique (provenant d'un cobaye ayant reçu du sang de lapin), la destruction s'opère rapidement.
L'injection dans les veines du lapin de sérum hémolytique le tue à très petite dose, 2 ce. environ (Bordet) (toc. cit.).
Les propriétés liémoly tiques existent dans les sérums normaux.
Le sérum de cobaye agglutine les hématies du lapin, de la poule, du rat, dissout peu celles du lapin, de l'homme.
Le sérum de lapin agglutine faiblement les hématies du cobaye, de la poule, de l'homme, dissout faiblement celles du cobaye, de l'homme.
Le sérum de jpoule agglutine fortement les hématies du chien, du rat, du lapin, du pigeon, dissout éncrgiquement celles du lapin.
La destruction des hématies s'opère par Faction combinée de deux substances : Valexiney qui existe dans tous les sérums normaux ; la sensibilisatrice^ Vhèmotoxine (cytotoxine), qui n'existe que dans le sérum hémolytique. L'alexine, Thémotoxine, prises isolément, ne produisent pas l'hémolyse. On le prouve par Texpérience suivante.
Le sérum normal de cobaye est sans action sur le» hématies du lapin, mais le sérum du cobaye injecté de sang de lapin, est devenu hémolytique, détruit les globules du lapin.
Chauffons à oo^ ce sérum hémolytique, il ne détruit plus les globules du lapin, car l'alexine a disparu, la sensibilisation est restée intacte. Mélangeons à ce sérum chauffé un peu de sérum normal de cobaye neuf (renfermant de l'alexine), il détruit les globules.
La sensibilisatrice ne se détruit par le chauffage qu'au-dessus de 70°.
L'agglutinine se détruisant à 70", il en résulte qu'un sérum hémolytique chauffé à 10^ a perdu son alexine et son agghitinine, mais conserve sa sensibilisatrice,
La sensibilisatrice ne se combine pas à l'alexine, mais elle se Ûxo sur les hématies, les imprègne, les rend sensibles à l'action destructive de l'alexine.
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Bordct * le démontre par l'expérience suivante. Un tube A renferme 3 ce. de sérum de lapin neuf et 1/2 ce. de sérum hémolytique de cobaye actif vis-àvis des globules de lapin. Naturellement il ne se passe rien puisqu'il n'y a pas de globules. Un tube B renferme 3 ce. de sang défîbriné de lapin neuf et 1/2 ce. de sérum hémolytique. Les globules se détruisent. On centrifuge les deux tubes, on décante le liquide clair. Le liquide de A est transporté dans un tube a renfermant du sang de lapin neuf et du sérum de cobaye neuf; le liquide de B est transporté dans un tube b renfermant les mêmes quantités de sailg de lapin et de sérum de cobaye neuf. Or la dissolution des hématies est très rapide dans le tube a; les globules restent intacts dans le tube b. C'est donc que la sensibilisatrice manque dans le tube b et si elle y manque, c'est qu'elle est restée dans le dépôt d'hématies du tube B.
Bordet démontre encore que ce sont les stromas des hématies et non rhémogloJ)ine qui retiennent la sensibilisatrice. Il démontre enfin que les stromas n'absorbent l'alexine que lorsqu'ils ont été imprégnés par la sensibilisatrice. On débarrasse des globules rouges de leur hémoglobine par des lavages et centrifugations répétés; on obtient ainsi une émulsion de stromas, on la répartit dans deux tubes en quantités égales.
Le tube A renferme émulsion de stromas, sérum