‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 258 sur 398 · Acad. des Se · texte numérisé non relu

Acad. des Se

Les tubes de culture doivent ôtre mis à l'étuve à 38"; à 41° il n'y a pas de développement.

Au bout de trois semaines la culture apparaît sous forme de taches d'un blanc mat ou gris, sèches , .écailleuses , adhérant très faiblement au sérum. Si on les transporte dans un liquide, la colonie ne se dissocie pas par l'agitation; il faut l'écraser pour la dissocier.

La première culture doit être repiquée deux ou trois fois sur sérum; quand elle a été acclimatée» on peut la transplanter dans d'autres milieux où elle poussera abondamment.

Bouillon glycérine, — Dès 1887, Roux et Nocard* indiquaient le bouillon peptoné, additionné de glycérine à 5-8 p. 100, comme bon milieu de culture. C'est encore ce bouillon qui est le plus employé. En l'ensemençant il faut avoir soin de déposer la semence à la surface du bouillon, et s'arranger de façon que cette semence surnage. Au bout de deux à trois semaines, la culture forme un voile, ferme, solide, qui se plisse à mesure que la culture progresse, se fragmente, tombe au fond du vase et se reforme.

Gélose glycérinée. — On la fait avec du bouillon glycérine additionné de gélose dans la proportion de 2 à 3 p. 100.

Le bacille y pousse bien et la recouvre d'une pellicule, sèche, cassante, comme sur sérum.

\. Ann. Inst. Past., 1887.

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Sur pomme de ten^e arrosée de bouillon glycérine la culture se fait également bien.

En vieillissant les cultures sur milieux solides deviennent jaunes et brunes.

Vitalité. — Le. bacille tuberculeux est un des plus résistants. Les cultures vieilles de plusieurs mois ou d'une année se réensemencent et sont virulentes. La virulence cependant finit par s'affaiblir et disparaître avec le temps.

Grâce à l'épaisseur de son enveloppe et aux matières grasses qu'il renferme, le bacille tuberculeux résiste mieux que les autres bactéries pathogènes aux causes de destruction.

Dessiccation, — Schill et Fischer ont inoculé avec succès des crachats desséchés depuis six mois ; après sept mois les inoculatioas n'ont pas réussi.

Cadeac et Mallet ont réussi à rendre des animaux tuberculeux en leur inoculant des organes tuberculeux desséchés et pulvérisés depuis trois mois.

Les crachats desséchés, mélangés à de la poussière, ont tuberculisé des cobayes après deux mois et demi (Sawizki).

Dans l'eau la matière tuberculeuse reste virulente deux mois ; les cultures trois mois (Chantemesse et Widal, Straus et Dubarry).

Dans le lait le bacille reste virulent plusieurs mois (Sabrazès).

La putréfaction ne détruit le bacille que très lentement. Des organes tuberculeux enfouis dans la terre ont reproduit la tuberculose après trente

jours (Galtier), après cent soixante-sept jours (Cadeac et Mallet).

Cadeac et Mallet ont soumis à la congélation à — 8° pendant plusieurs semaines des organes tuberculeux et les ont inoculés avec succès.

Dans le suc gastrique artificiel la matière tuberculeuse, les crachats, résistent plusieurs heures. Dans le suc gastrique naturel les cultures ne sont tuées qu'au bout de huit heures (Straus et Dubarry).

Le bacille tuberculeux ingéré se retrouve dans les fèces.

Chaleur, — Elle détruit plus ou moins vite le bacille suivant les circonstances. Les crachats secs résistent une heure à la température de 100" à l'air sec ; les crachats humides sont stérilisés en quinze minutes dans la vapeur d'eau à 100° (Schill et Fischer).

Les cultures placées au bain-marie dans des tubes effilés poussent après une exposition de dix minutes à SO^-ôO*» ; elles ne poussent plus à 70° (Yersin, Grancher et Ledoux-Lebard). A la chaleur sèche les cultures poussent encore après une exposition de quatorze heures à 70°.

Le lait tuberculeux est stérilisé à 70° au bout de dix minutes (Poster).

De Man mélange du lait et des crachats tuberculeux, expose ce mélange à des températures diverses au bain-marie, puis l'inocule à des cobayes. Il constate que la virulence a disparu :

A 55» au bout do 4 heures.

70 — 10 minutes.

De ces expériences on peut conclure que l'ébullition pendant un quart d'heure suffît à stériliser les liquides tuberculeux, lait et crachats.

Lumière, — Koch a observé que les cultures sont stérilisées après sept jours d'insolation. D'après Straus les cultures en bouillon glycérine sont tuées en deux heures par les rayons du soleil. Migneco * opère avec des produits tuberculeux exposés au soleil : il constate que la virulence n'est pas modifiée au bout de deux heures ; qu'elle s'atténue après trois heures, mais qu'elle persiste néanmoins, quoique atténuée, après quarante-cinq heures.

Jousset' expose à la lumière solaire ou diffuse des crachats humides ou à moitié desséchés et les inocule à des cobayes. Après quatre heures d'exposition les cobayes ne deviennent pas tuberculeux.

Les rayons du soleil ont donc une action destructive sur le bacille tuberculeux, mais cette action est lente quand le bacille est à l'état sec, incorporé aux poussières. Ce fait démontre le danger du séjour dans les appartements habités par les phtisiques et la nécessité de la désinfection.

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