Ann. Inst. de Rome, t. IV
par une exposition de quarante minutes à 60<> (Vaillard).
Elle s'atténue en quinze heures au soleil, en sept jours à la lumière diffuse (Kitasato). Desséchée dans le vide, elle conserve son activité et résiste davantage à la chaleur et à la lumière (Fermi et Per- *nossi).
Gomme toutes les toxines, elle est précipitée par l'alcool, les sulfates alcalins. Le précipité seul est toxique, le filtrat ne Test pas.
Elle est décomposée par l'eau de chaux à 1/10, le trichlorure d'iode, le crésyl, le permanganate de potasse, l'acide chlorhydrique, etc.
Inoculatiotts expérimentales. — Le bacille tétanique est le type des microbes déterminant la maladie par intoxication, car il ne se dissémine pas dans l'organisme. 11 végète au point d'inoculation, y fabrique sa toxine, qui se diffusant dans les centres nerveux produit le tétanos . La souris , le rat, le cobaye sont très sensibles au bacille (il suffit de 1/500 de ce. de culture); le lapin l'est moins (il faut 1/2 à 1 ce. de culture), le chien encore moins; les pigeons, les poules sont presque réfractaires
Par injection sous-cutanée, les animaux sont pris, après un délai d'incubation de trente à quarante heures, de convulsions tétaniques, qui débutent dans la région inoculée, puis se généralisent.
L'animal meurt ou guérit suivant la dose injectée. A l'autopsie on ne trouve que des lésions insignifiantes; la culture des organes ne donne point de
bacille, et souvent même à l'endroit de l'injection on n'en trouve pas.
On sait en effet par les recherches de Vaillard que le bacille tétanique ne se multiplie passons la peau; il a disparu en huit à dix heures, et cela par la phagocytose. Comment donc la maladie se produit-elle? Elle se produit uniquement par la toxine renfermée dans le liquide de culture ou dans le corps des microbes. On le démontre par les expériences suivantes :
On chauffe à 80*» pendant trois heures une culture sporulée, ce chauffage détruit à peu près la toxine et respecte les spores . Ces spores peuvent être injectées à haute dose sans inconvénient. Une culture sporulée est filtrée sur filtre de porcelaine, les microbes restés sur le filtre sont lavés plusieurs fois à l'eau pour en extraire la toxine. L'injection de ces bacilles est sans effet; ils sont rapidement détruits par les phagocytes ; pourtant ils ne sont pas morts, car mis en culture ils poussent et sont virulents. Ainsi le bacille tétanique ne vit pas dans les tissus, il n'y fabrique pas de toxine, et si les injections de culture donnent le tétanos, c'est parce que ces cultures renferment de la toxine.
C'est ainsi que les choses se passent à l'état normal, quand la phagocytose est régulière. Mais il en va tout autrement si la phagocytose est gênée ou suspendue.
Une contusion de la région inoculée, une injection d'acide lactique, suffisent à rendre mortelle l'inoculation du bacille.
Si les bacilles sont enfermés dans un sac de papier ou de collodion qui les protège contre les phagocytes, le tétanos se déclare. Vaillard et Rouget* injectent de la poussière de charbon en suspension, dans l'eau, dans le péritoine de cobaye, puis une culture de spores débarrassées de toxine. Les phagocytes occupés à absorber les particules de charbon délaissent les spores ; celles-ci germent et le tétanos se déclare.
Au lieu de poudre de charbon on peut employer un microbe saprophyte, le Micrococcus prodigiosuSy et le résultat est le môme. Ceci nous explique comment se développe le tétanos à la suite de blessures.
L'objet qui a entamé l'épiderme portait le bacille tétanique, mais accompagné de bien d'autres espèces bactériennes ; ces espèces bactériennes pullulent, les phagocytes s'en emparent et pendant ce temps le bacille tétanique a le temps de sécréter sa toxine.
L'injection de toxine produit donc seule le tétanos. Quelle que soit la quantité injectée, il se passe un temps d'incubation entre l'inoculation et les convulsions caractéristiques. Gourmont et Doyon^ pensent que la toxine est un ferment non tétanigène, mais donnant lieu à la formation dans l'organisme du vrai poison tétanique. Camara Pas-