Arch. de méd. expér
BACILLE DE l'iNFLUENZA 503
mobile, se cultivant facilement sur gélose, bouillon, gélatine (qui n*est pas liquéfiée). Les cultures de ce bacille sont pathogènes pour le lapin, déterminent des paraplégies, des convulsions, des légions pulmonaires, de la néphrite.
Jarron * a observé en Algérie un bacille analogue, ayant beaucoup de points de ressemblance avec celui de Roux, Teissier et Pétion.
J'ai étudié aussi la bactériologie de la grippe à l'hôpital militaire.
Chez les jeunes soldats la grippe revêt très souvent un caractère de grande gravité : fièvre intense, broncho- pneumonies, pleurésies graves, méningite mortelle.
Le liquide pleurétique, l'exsudat méningitique, le sang pendant la vie et après la mort renferment un petit diplo-bacille, très mobile, se cultivant facilement. La gélatine n'est pas liquéfiée. J'ai retrouvé ce même bacille, avec M. Lanartie, vétérinaire militaire, chez des chevaux atteints de pneumonie contagieuse.
Quelques-uns de ces faits ont été exposés à la Société de biologie, par Trouillet et Esprit, qui travaillaient dans mon laboratoire. J'ai fait sur ce sujet, en 1895, une communication à la Société de médecine et de pharmacie de l'Isère, qui ne fut pas insérée dans le Bulletin de la Société le Dau pliiné médical.
i. Thèse Bordeaux, 1894.
50 i LES BACTÉRIES EN PARTICULIER
Ce bacille est facilement visible en prélevant une goutte de sang d'un malade, pendant la fièvre, il est excessivement mobile et traverse avec rapidité le champ du microscope. On peut obtenir des cultures en ensemençant quelques gouttes de sang.
Les cultures sont pathogènes pour le lapin, le cobaye, la souris. Les injections sous -cutanées, péritonéales, pleurales, à la dose de 1 à 2 ce, produisent une hypothermie énorme : la température tombe quelquefois à 30*'-28<* en quelques heures, et l'animal succombe dans le collapsus dans les vingtquatre heures, ou en quelques jours.
A l'autopsie on ne trouve pas de péritonite, ni de pleurésie, les organes sont gorgés de sang, souvent les poumons ont des plaques de broncho-pneumonie. On trouve le bacille dans le sang et dans les organes.
Chez le lapin une dose de 1 à 2 ce. de culture de vingt -quatre heures produit de l'hyperthermie (40°-40°,5)et la mort en un ou deux jours.
Les cultures filtrées ou stérilisées à l'autoclave tuent, à la dose de 3 ce. les cobayes, en deux ou trois semaines. Avec 5 ce, ils sont tués en quelques heures.
Comme, depuis 1895, j'ai retrouvé chaque année ce bacille dans la grippe, j'estime que, sans vouloir lui attribuer une action spécifique, il joue dans cette maladie un rôle important soit par lui-même, soit par les associations microbiennes qu'il favorise. Ces associations sont souvent prépondérantes. C'est
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ainsi que Sacquepee*, dans une épidémie de caserne, n'a observé le bacille de Pfeiffer qu'à la fin de l'épidémie; au début il avait isolé un bacille non encore décrit. La grippe a une symptomatologie essentiellement polymorphe, qui cadre bien avec les associations bactériennes.